Tirs croises – Culture vivrière : Qu’est-ce qui sauvera le secteur ?

Cela fait quelques années déjà qu’ils tirent la sonnette d’alarme : dans cinq ans, préviennent les planteurs, la majorité de ceux-ci, âgés de 55 à 60 ans actuellement, prendront leur retraite, et les jeunes ne s’intéressant pas à la culture vivrière, qu’aurons-nous comme légumes à consommer ? À côté de tout cela affleurent d’autres défis majeurs : la hausse du coût des intrants et le changement climatique. L’agriculture vivrière, va-t-elle vers une mort lente ? Devrons-nous dépendre majoritairement sur l’importation de légumes dans les années qui arrivent ? Comment sauver le secteur ?

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Kreepalloo Sunghoon, de la Small Planters Association, martèle qu’il faut tendre aux jeunes une vision économique. « Il faut qu’ils puissent utiliser des outils modernes réduisant la fatigue et qu’ils bénéficient de toutes les formations et assistances financières nécessaires pour qu’en fin de mois, ils puissent percevoir Rs 25 000 à Rs 30 000 pour nourrir leur famille. » Il croit par ailleurs dans la transformation des produits vivriers à des fins de conservation pour les jours difficiles. Il souligne en outre la nécessité d’un Plan B lors de catastrophes naturelles, tout en prônant des villages de culture vivrière qui faciliteront la tâche des planteurs. Il est convaincu que l’agriculture comporte beaucoup d’opportunités. « Malheureusement, nous n’avançons pas dans la bonne direction. »

Krit Beeharry, de l’association Planteur des Îles, remet en cause le traitement du secteur, toujours considéré comme informel, où il n’est pas nécessaire d’être académiquement fort pour y réussir, ce qui est totalement faux. Bien au contraire, le représentant des maraîchers estime que la formation est primordiale pour sauver le secteur.

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« Il faut chercher l’expertise sud-africaine et indienne. Il faut faire les recherches sur le terrain pour vivre ce que les planteurs vivent. Si nous ne parvenons pas à déterminer ce qu’il faut planter, combien et quand il faut planter, le secteur n’évoluera pas. Depuis longtemps, nous avons demandé un Consumer Information System, mais nous n’avons rien eu de tel », dit-il. Par ailleurs, il estime que la culture hydroponique engendre plus de pertes que de bénéfices.

Shyamaparsad Bisnauthsing, ex-Business Development Manager à l’AREU, est pour sa part d’accord pour dire que « si nous ne réfléchissons pas sérieusement, nous risquons de nous trouver dans une situation très difficile dans le futur ». Tout n’est toutefois par perdu, tempère-t-il, les ressources et les connaissances étant là. « Il suffit de se pencher sérieusement sur les stratégies appropriées. » Il va même jusqu’à envisager l’exportation de certains produits, sous-produits et produits dérivés de nos fermes. « C’est utopique, mais quand même envisageable. » Et de souligner que « les planteurs sont un maillon important dans la chaîne alimentaire des Mauriciens ».

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KREEPALLOO SUNGHOON (SPA) : « Nous préparer aux catastrophes naturelles »

Depuis quelques années déjà, les planteurs n’ont de cesse de tirer la sonnette d’alarme quant à une mort lente du secteur vivrier à Maurice. Parmi les causes : manque de main-d’œuvre, désintérêt des jeunes pour le secteur, difficultés d’accès aux financements et aux plans d’aide, envol des prix des intrants. Quel avenir pour le secteur et pour les planteurs ?
Il faut réinventer le secteur. Il faut identifier tous les facteurs qui affectent cette filière. D’abord, la plupart des planteurs ont plus de 55-60 ans. Dans cinq ans, ils ne seront plus là. Les jeunes qui s’y lancent abandonnent cinq ans après avoir subi des pertes. Première chose donc à faire : donner aux jeunes une vision économique. Il faut qu’ils puissent utiliser des outils modernes et qu’ils bénéficient de toutes les formations et assistances financières nécessaires pour qu’en fin de mois, ils puissent percevoir Rs 25 000 à Rs 30 000 pour nourrir leur famille. Il faut savoir quoi produire, où produire.

La plupart des planteurs exploitent des terrains qu’ils louent. Il est difficile pour ces planteurs qui louent d’y installer des structures, car cela leur prendra une vingtaine d’années avant d’atteindre le seuil de rentabilité. Il faut créer des régions de culture de légumes, ce qui évitera des problèmes de vol. Dans un village hydroponique, il y aura un système de gardiennage qui coûtera moins cher. Deuxièmement, cela évitera des problèmes d’eau ou de courant.

Nous avons aujourd’hui quelque 30 000 arpents de terrains vagues qui appartiennent à des petits planteurs, mais qui n’ont pas de projets viables. L’eau est essentielle à l’agriculteur. Il faut donc accorder priorité à la fourniture d’eau pour les planteurs.

L’agriculture étant un métier bien difficile, il est normal que les jeunes choisissent un autre secteur. Il faut donc de nouvelles techniques réduisant la fatigue. Il faut aussi une politique de suffisance sur les semences. 80% des semences sont importées et demandent beaucoup d’eau et de pesticides. Nos anciennes variétés ont été développées pendant 100 ans et se sont adaptées à notre climat.

Les industriels peuvent importer n’importe quelles semences. Or, les techniciens devraient voir quelles variétés on doit laisser importer. Il faut pousser les jeunes vers la transformation de légumes. Aujourd’hui, nous importons des légumes surgelés alors que nous aurions pu surgeler nos légumes nous-mêmes.

Quelles formations pour les jeunes ?
Nous avons beaucoup de savoir-faire qui disparaît de jour en jour. Il faut des académiciens, des économistes, mais aussi des planteurs qui ont beaucoup d’expérience pour des formations. La formation pratique est plus importante que la simple formation en laboratoire. Les techniciens doivent descendre sur le terrain et non pas attendre que le planteur vienne à l’université, perdant une journée, pour apprendre quelque chose qu’il sait déjà. La formation doit se dérouler sur le terrain. Il faut organiser le système de marketing. Aujourd’hui, le planteur vend son chou à Rs 15 et le consommateur, lui, le paye Rs 60. Il faut introduire le Maximum Mark-Up, la traçabilité, etc.

Outre tous ces changements, un autre élément, et non des moindres, fait désormais partie de la réalité des planteurs : le changement climatique, avec des conditions extrêmes (longue période de sécheresse suivie d’inondations et de cyclones). L’absence de préparation à ces conditions météorologiques signe-t-elle l’arrêt de mort du secteur ?
Exactement. Nous disons depuis longtemps que nous souffrirons davantage, car nous sommes sur une petite île. Nous n’avons presque rien fait pour nous préparer aux effets sur l’agriculture. Au contraire, avec les développements, les drains, canaux et autres rivières ont été éliminés. Or, en temps d’inondations, celles-ci entraînent des maladies dans les champs.
Nous perdons la terre fertile. Ce qu’il faut donc, c’est nous préparer aux catastrophes naturelles. Il faut un Plan B. Je ne le souhaite pas, mais si demain un cyclone dévaste tous nos champs, que mangerons-nous ? Il faut donc créer des stocks et transformer nos aliments à des fins de conservation. Comment font les pays qui ne peuvent planter pendant six mois ? Ils ont des stocks.
Il faut former les jeunes dans ce secteur. Cela peut générer de l’argent ! L’agriculture comporte en effet beaucoup d’opportunités. Malheureusement, nous n’avançons pas dans la bonne direction.

Les plans d’aide annoncés par le ministère après le cyclone Freddy constituent-ils une bouée de secours aux planteurs ?
Quel que soit le projet à l’intention des planteurs, si ceux-ci ne sont pas impliqués dans le processus, rien ne marchera. Si nous donnonns à tous les planteurs les mêmes semences, il y aura doublon et pertes d’argent. Aujourd’hui, nous ne disposons pas de chiffres quant à la quantité de carottes, de pommes d’amour, de pommes de terre dont nous avons besoin. Il faut savoir quel item, quelle quantité et combien de semences nous pouvons avoir.
Première chose qu’il aurait fallu faire, c’est tester la terre des planteurs pour voir si elle a été contaminée ou si elle a perdu sa fertilité. Ensuite, savoir qui plante quoi. Cela aurait été mieux de donner un bon d’achat pour que le planteur achète ce dont il a besoin comme semences. Ou alors un bon d’achat pour acheter du fertilisant et mettre à sa disposition une machine pour retravailler sa terre. Parfois, les semences ne rapportent rien.

En conclusion…
Il faut donner aux jeunes cette vision économique, attirer les entrepreneurs pour transformer et conserver les légumes. L’Agricultural Marketing Board doit moderniser ses chambres froides pour pouvoir stocker des produits pendant plusieurs mois. Nous devrions peut-être demander aux planteurs de prendre des congés entre novembre et janvier, car planter dans cette période génère une perte d’argent. À la place, leur donner une assistance financière pour survivre pendant cette période. Il faut aussi introduire des assurances pour dédommager ceux qui ont par exemple investi dans des fermes protégées mais qui sont endommagées pendant le passage des cyclones.


KRIT BEEHARRY (Planteurs des Îles): « Investir dans la formation »

Depuis quelques années déjà, les planteurs n’ont de cesse de tirer la sonnette d’alarme quant à une mort lente du secteur vivrier à Maurice. Parmi les causes : manque de main-d’œuvre, désintérêt des jeunes pour le secteur, difficultés d’accès aux financements et aux plans d’aide, envol des prix des intrants. Quel avenir pour le secteur et pour les planteurs ?
Le secteur devient très complexe et difficile. Il faut se rendre à l’évidence, ce secteur a toujours été considéré comme un secteur informel où il n’est pas nécessaire d’être académiquement fort pour réussir, ce qui est totalement faux! Ceux qui parviennent à rester dans le secteur sont bien ceux qui ont un bon niveau d’éducation, et ils continuent de se former, non pas avec les institutions tertiaires, qui ne sont pas suffisamment versatiles dans le domaine. Les cours dispensés ne reflètent pas la réalité du monde agricole. Aujourd’hui, nous parlons d’agriculture commerciale (agribusiness), mais nous ne voyons pas cette ampleur à Maurice.
Le secteur est encore traité comme un secteur informel. Il faut formaliser le secteur pour qu’il puisse tenir sur ses propres pieds. Le secteur doit être représenté par une institution. Prenons le Small Farmers Welfare Fund : nous gérons nous-mêmes nos fonds, nous gérons une somme pour aider à nous couvrir en temps de catastrophes naturelles.

Quelle institution est-elle apte à dispenser la formation des agriculteurs dans le contexte de l’agribusiness ?
Actuellement, nous ne voyons aucune institution à la hauteur. Nous aurions pu nous-mêmes nous former pour donner des cours. Il faut chercher l’expertise sud-africaine et indienne. Il faut faire les recherches sur le terrain pour vivre ce que les planteurs vivent. Il faut une formation technique approfondie et financière, et une formation par rapport au marché.
Si nous ne parvenons pas à déterminer ce qu’il faut planter, combien et quand il faut planter, le secteur n’évoluera pas. Depuis longtemps, nous avons demandé un Consumer Information System, mais nous n’avons rien eu de tel. Ils n’arrivent pas à collecter ces informations sur ce qui est produit ou pas. Si c’est fait, ce n’est pas de manière professionnelle. Par exemple, si nous savons que les pommes d’amour sont produites en quantité en juin-juillet, nous pouvons en stocker pour la période difficile.

Outre tous ces changements, un autre élément, et non des moindres, fait désormais partie de la réalité des planteurs : le changement climatique, avec des conditions extrêmes (longue période de sécheresse suivie d’inondations et de cyclones). L’absence de préparation à ces conditions météorologiques signe-t-elle l’arrêt de mort du secteur ?
Certes! Depuis peu, nous parlons d’agriculture hydroponique pour sauver le secteur. Les planteurs qui y ont investi n’ont pas eu le temps de rembourser leurs prêts que les bâches ont été déchirées par le cyclone Batsirai. Aucune structure ne peut résister au climat dans le pays. Cette structure est très coûteuse. Or, les cyclones deviennent plus intenses. Le cyclone Freddy n’a que frôlé le pays que des bâches ont été endommagées. Imaginez si un cyclone s’abat sur le pays ! C’est un investissement conséquent, qui est susceptible d’engendrer des pertes énormes.
On a fait croire aux planteurs qu’ils utiliseraient moins de pesticides et de fertilisants avec ce type de culture. Or, c’est le secteur qui utilise le plus d’eau. Dans un environnement fermé, les conditions sont idéales pour la propagation d’insectes et de maladies. Aucune culture hydroponique ne peut se passer de pesticides. De plus, le prix des intrants a triplé.
Après Batsirai, les planteurs ont reçu des prêts qu’ils ont perdu lors de la sécheresse d’octobre et novembre 2022, sans compter les fortes averses et le cyclone qui ont suivi. Le gouvernement s’est servi de nous. En nous donnant de l’argent, nous nous sommes endettés. Les planteurs ont investi dans la production. Avec la production, les prix sont devenus dérisoires et les planteurs s’évertuent à planter à nouveau. Finalement, nous aidons le gouvernement à produire pour la population en nous endettant.

Les plans d’aide annoncés par le ministère après le cyclone Freddy constituent-ils une bouée de secours aux planteurs ?
Ce ne sont que les planteurs enregistrés qui pourront en bénéficier. Les cartes des planteurs expirent en décembre et nous devons payer Rs 650 pour le renouvellement et devons obligatoirement prendre une assurance à Rs 1 200 par arpent (deux ans). Un planteur moyen s’occupant de trois arpents doit payer Rs 650 plus Rs 3 600. Ce qui lui permet d’avoir une compensation de Rs 6 000 quand il y a un dégât de 100%. Est-ce attrayant alors que son coût de production est au-delà de Rs 185 000 ?

Comment sauver le secteur ?
Imaginons si le gouvernement n’avait jamais investi dans l’éducation. Dans un investissement sur 30 000 élèves en primaire, nous finissons avec une quarantaine de lauréats, un millier ayant réussi le HSC et quelque 10 000 ayant le SC. Ces personnes contribuent à l’économie. Dirions-nous que ces personnes rapporteront des milliards ? L’agriculture est un investissement pour la santé publique. Aujourd’hui, nous parlons de problèmes comme le diabète. Les gens ne mangent pas assez de légumes, car les prix ne sont pas abordables. Plus avons-nous une variété de produits alimentaires, plus nous aurons un peuple en bonne santé. Et un peuple en bonne santé sera apte à produire mieux sur le marché du travail.

Dans quoi investir précisément pour
sauver le secteur ?
Dans la formation des planteurs. Aujourd’hui, ce sont les chercheurs qui touchent la majorité du budget du ministère de l’agro-industrie sans forcément qu’ils viennent transmettre leurs connaissances aux planteurs. Or, nous recommandons que les planteurs eux-mêmes reçoivent une formation pour qu’ils puissent mettre en pratique ce qu’ils ont appris. Le secteur privé ensemble avec les planteurs doivent avoir une plateforme où peuvent se dérouler des échanges directs entre eux. Les recherches doivent être faites sur le terrain et être vérifiées par un corps où les planteurs sont bien représentés.


SHYAMAPARSAD BISNAUTHSING (Ex-cadre de l’AREU) : « Planteurs : maillon important dans l’alimentation »

SHYAMAPARSAD BISNAUTHSING

Depuis quelques années déjà, les planteurs n’ont de cesse de tirer la sonnette d’alarme quant à une mort lente du secteur vivrier à Maurice. Parmi les causes : manque de main-d’œuvre, désintérêt des jeunes pour le secteur, difficultés d’accès aux financements et aux plans d’aide, envol des prix des intrants. Quel avenir pour le secteur et pour les planteurs ?
Vous avez très bien identifié les problèmes qui guettent et affectent le secteur. Mais je pense que les autorités n’ont pas pris ou ne veulent pas en prendre conscience. Il semble y avoir un laisser-aller par tous les acteurs, indistinctement. Il y a une tentative pour attraper le taureau par les cornes, mais pas là où il le faudrait. Les mêmes initiatives sont annoncées depuis des décennies. Pourtant, ce ne sont pas les ressources qui manquent. Il suffit de penser out of the box. Si nous ne réfléchissons pas sérieusement, nous risquons de nous trouver dans une situation très difficile dans le futur.
Mais tout n’est pas perdu. Il y a les ressources et les connaissances techniques voulues, il suffit de se pencher sérieusement sur les stratégies appropriées. Sinon, nous risquons de trouver des morcellements dans les régions fertiles et indiquées pour la production vivrière un peu partout, comme dans les Plaines-Wilhems Sud et Moka. Il y a aussi des permis de développement qu’on est en train de donner pour divers projets à travers le pays sur les terrains à potentiel de hauts rendements.

Outre tous ces changements, un autre élément, et non des moindres, fait désormais partie de la réalité des planteurs : le changement climatique, avec des conditions extrêmes (longue période de sécheresse suivie d’inondations et de cyclones). L’absence de préparation à ces conditions météorologiques signe-t-elle l’arrêt de mort du secteur ?
Dans le passé, il existait des bulletins qui avaient leur importance majeure dans la planification pour les planteurs. Mais nous avons cessé avec depuis belle lurette. Nous avions aussi démontré l’importance des drains dans les champs et introduit les systèmes pour le captage d’eau de pluie et mis à la disposition des producteurs des plans d’aide à la Banque de Développement. Il y a eu très peu de demandes. Est-ce que nous avons essayé d’en chercher les raisons ? Je pense que nous risquons de se trouver dans une situation difficile dans le futur, mais pas l’arrêt de mort du secteur. Les producteurs agricoles sont très résilients et sont aussi de gros preneurs de risques.

Les plans d’aide annoncés par le ministère après le cyclone Freddy constituent-ils une bouée de secours aux planteurs ?
C’est toujours bon d’avoir de l’aide du ministère. Mais je constate que les mêmes aides sont offertes dans n’importe quel cas de figure. Est-ce qu’il y a eu une évaluation générale ou une évaluation au cas par cas des champs affectés ou une évaluation du pourcentage de dégâts causés ?

Comment sauver le secteur ?
La production agricole passe par des moments difficiles actuellement. Il faut réinventer ce secteur. Est-ce qu’on est sur la bonne voie ? Pouvons-nous continuer dans le même système de production ou faut-il le revisiter et le rendre plus efficace et résilient ? Pouvons-nous atteindre l’autosuffisance dans certains produits et même envisager l’exportation des produits, sous-produits et produits dérivés de nos fermes ? C’est utopique, mais quand même envisageable.
L’industrie sucrière a débuté par des planteurs éparpillés à travers le pays et avec une centaine de moulins de cannes. Puis ils se sont regroupés en compagnies sucrières avec 23 usines performantes, et maintenant on a trois usines. Nous pouvons penser à un système de regroupement des planteurs par zones géographiques qui pourrait s’appeler Compagnies de Productions Agricoles, avec des structures bien définies et composées de directeurs, d’actionnaires et de planteurs. Les actionnaires auraient comme actions leurs champs, qui seraient mis à la disposition de la compagnie et qui seraient gérés par un gestionnaire et un conseil d’administration élu par les actionnaires. Les détails pourraient être élaborés davantage.
Le gestionnaire, avec l’aide des institutions gouvernementales, dégagerait un plan de production des différentes cultures en un calendrier bien défini. Le plan de production contiendrait entre autres les différents coûts et ressources nécessaires pour la mise en place. Les supports financiers et matériels de l’État sont primordiaux pour l’aboutissement du projet. Les aspects de production, main-d’œuvre requise, mécanisation, vente, stockage, conservation et transformation seront aussi tous pris en considération avant l’implémentation du projet. Le marketing des produits des fermes aura une place prépondérante dans le plan d’action. Si nous voulons continuer avec le présent système, nous risquons d’avoir les problèmes que vous avez mentionnés.

La culture protégée constitue-t-elle une solution ?
Ce système de production a été introduit depuis une quinzaine d’années et a fait son bout de chemin. Il a pris une vitesse de croisière depuis tout récemment avec les différents soutiens financiers et les infrastructures mis à la disposition des planteurs. Si la pomme d’amour, les poivrons et autres produits vivriers sont disponibles à un prix abordable en ces moments difficiles, c’est grâce à ces producteurs qui y ont investi. Actuellement, il doit y avoir environ 130 arpents en cultures protégées. Il y a une indication qu’il y en aura d’autres grâce aux subsides mis à la disposition des intéressés. Mais le coût d’une tonnelle devient assez prohibitif. Cela coûte environ Rs 3 500 le mètre carré et cela risque d’augmenter, impactant davantage le coût de production. Alors les nouveaux producteurs doivent penser doublement.

En conclusion…
Les planteurs sont un maillon important dans l’alimentation des Mauriciens. Ils doivent avoir la même considération par les autorités. Quand a-t-on eu la dernière conférence/débat national sur l’agro-industrie ? N’est-il pas grand temps d’en avoir une ?

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