L’Assemblée générale annuelle (AGM) de la Mauritius Society of Authors (MASA) tenue dimanche dernier n’a pas été de tout repos pour les membres du conseil d’administration. Comme il fallait s’y attendre, les frustrations sur le non-paiement et la réduction de la pension aux artistes âgés de 60 ans et plus ont monopolisé les débats. Une enquête de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) au sujet d’un surpaiement à deux membres du personnel a compliqué davantage la situation.
C’était la cacophonie à l’AGM de la Mauritius Society of Authors. Le ton est monté à plusieurs reprises entre ceux qui avaient de nombreuses questions à poser et ceux qui prenaient cause pour le président, Gérard Louis. À un certain moment, des invitations à « tom deor» ont même été lancées. Dans tout ce bazar, l’agenda du jour n’a même pas pu être respecté.
Il faut dire toutefois que cette situation était connue d’avance. Car plusieurs événements ont précédé l’AGM qui s’annonçait très houleuse. D’abord, sur la question d’une pension payée aux artistes qui a donné lieu à un bras de fer entre l’artiste Ras Natty Baby et la direction de la MASA. Ce dernier avait porté plainte en cour l’année dernière, réclamant une somme de Rs 257 500 représentant la pension qui serait due depuis mai 2014 ainsi que Rs 200 000 de dommages.
Le chanteur estimait qu’il avait droit à une pension mensuelle de Rs 2 500, comme certains autres membres de la MASA. Or, tous n’étaient pas logés à la même enseigne. L’actuel conseil d’administration n’était pas en mesure de donner des explications sur ces décalages, étant donné que c’est un autre board, qui en avait pris la décision, par le passé. De même, le fonds a été épuisé. Pour mettre fin à la polémique, le conseil a tranché en accordant Rs 1 000 à tous ceux âgés de 60 ans et plus.
Toutefois, une autre polémique a alors démarré, puisque ceux qui touchaient plus étaient mécontents. L’AGM de dimanche dernier était ainsi l’occasion pour les mécontents de faire entendre leurs voix. Ce qui a donné lieu à une cacophonie à un certain moment et plusieurs questions sont restées sans réponse.
D’autres sujets plus épineux ont aussi été évoqués, rendant la situation encore plus tendue. Le rapport de l’Office of Public Sector Governance 2022 est revenu sur le tapis. Celui-ci avait indiqué que deux employés de la MASA, qui ont agi comme Officer-in-Charge par le passé, ont été Overpaid pour certaines responsabilités. Dans l’un des cas, le montant était supérieur par Rs 500 000 en un an. Le rapport avait recommandé que cet argent soit remboursé.
Michaël Veeraragoo, qui avait agi comme directeur sous contrat pendant quelques mois, avait même consigné une Precautionary Measure à ce sujet, avant de quitter la MASA, afin de pas être tenu responsable par la suite de la non-application des recommandations de l’OPSG. Là également, les choses se sont emballées. L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) enquête également sur ce cas.
Autre sujet qui a versé l’huile sur le feu : il n’y a aucune garantie que la pension de Rs 1 000 pourra être soutenue à la prochaine année financière. Des dispositions ont, en effet, été prises jusqu’à juin 2023. Pour le reste, il faudra voir si on a le financement nécessaire. Car la contribution de 7% prélevée sur les revenus des artistes pour le MASA Benevolent Fund ne couvre pas toutes ces dépenses. Surtout qu’il faut aussi prévoir pour les décès et maladies.
À cette situation, certains artistes ont proposé que le gouvernement octroie l’argent nécessaire, car il avait accordé une année de moratoire de 2021 à 2022, pour le paiement des nouveaux tarifs aux hôtels et à Air Mauritius. La raison était que ce secteur avait été affecté par la pandémie de Covid-19. Les artistes sont d’avis que si le gouvernement n’avait pas pris une telle décision, la MASA aurait pu collecter bien plus d’argent pour redistribuer aux artistes.
GÉRARD LOUIS (PRÉSIDENT DE LA MASA) :
« Les enquêtes détermineront qui dit vrai »
« L’AGM de dimanche dernier a, en effet, été très houleuse, mais je dirai que c’est devenu une habitude à la MASA. Il y avait ceux qui étaient mécontents parce qu’ils n’ont pas eu la somme qu’ils réclamaient comme pension. Mais je l’ai toujours dit, le MASA Benevolent Fund n’est pas un fonds de pension. C’est un fonds qui avait été mis en place par un ancien board afin de venir en aide aux artistes en difficultés.
« Nous avons cependant voté une résolution, à l’unanimité, pour que la pension, sous sa forme actuelle, soit interrompue en juin. Nous déciderons par la suite, s’il faut une autre forme de pension, dépendant, bien sûr, des fonds disponibles. Rien n’est sûr à ce sujet pour le moment. Nous continuerons toutefois à aider les artistes en difficultés.
« En ce qui concerne les allégations de surpaiement à deux employés de la MASA, personnellement, je n’ai rien vu de tel. Je sais que le ministère des Finances et d’autres instances sont en train d’enquêter. Je les laisse faire leur travail. Les enquêtes détermineront qui dit vrai. »

