Deux agressions en une semaine. C’est ce qui s’est déroulé au Mauritius College (Girls) il y a deux semaines. Le 28 février dernier, une élève de Grade 9 est violemment prise à partie par un groupe de filles.
Deux jours plus tard, c’est en commentant cette agression que la seconde fille a été rouée de coups à son tour. Le père de cette dernière dénonce l’indifférence de la direction du collège et lance un appel aux autorités pour que sa fille soit transférée dans un autre établissement.
« Je ne sais plus à quelle porte frapper. » Tel est le désarroi de ce père de famille, dont la fille a été victime d’agression au Mauritius College (Girls) le 2 mars. Il explique que son épouse a reçu un appel de l’administration du collège lui apprenant que sa fille avait été agressée par un groupe d’élèves et qu’elle essayait de se jeter du troisième étage. « Paniquée, mon épouse m’a téléphoné et nous sommes partis tout de suite au collège. Là-bas, j’ai dû attendre 30 minutes avant de voir ma fille. Des élèves m’ont dit qu’elle n’a jamais essayé de sauter du troisième étage. J’ai essayé d’avoir une discussion avec un responsable du collège, mais le Manager était absent, et il n’y a pas de rectrice en ce moment. Le Form Master est venu me voir, mais il n’était même pas au courant de l’incident », dit-il.
Le père de famille déclare s’être rendu au poste de police d’Eau-Coulée pour prendre une Form 58 afin de conduire sa fille à l’hôpital. Par la suite, il a consigné une déposition au poste de police de Curepipe. Il a également alerté la Child Development Unit (CDU), qui assure un suivi psychologique de la jeune fille.
« Je suis également parti au ministère de l’Éducation, où on m’a renvoyé à la PSEA. Là, on a pris un Statement et on nous a dit qu’on allait faire le nécessaire pour que ma fille soit transférée dans un autre collège. Mais nous attendons encore », ajoute le père désemparé. Au lendemain de l’incident, le père est retourné au collège pour rencontrer le manager. « Chez les filles, on m’a dit qu’il était au département des garçons. Je m’y suis rendu et j’ai attendu pendant 45 minutes, mais il n’est jamais venu » , regrette-t-il.
Plus d’une semaine après, l’étudiante est toujours à la maison. Alors même qu’elle est en Grade 9 et qu’elle doit prendre part aux examens du National Certificate of Education (NCE) cette année. Quant à l’administration du collège, « elle n’a même pas téléphoné pour prendre des nouvelles ou me donner une explication », explique le père de l’adolescente, qui rappelle que « je suis un ancien élève du Mauritius College et cela me fait de la peine de voir à quel niveau cet établissement est tombé. »
Il note que sa fille est traumatisée et qu’elle a peur de retourner en classe. Des démarches entreprises jusqu’ici pour un transfert n’ont pas donné les résultats escomptés. « J’ai écrit une lettre à la ministre de l’Éducation pour que ma fille soit admise dans un collège d’État. Il doit bien avoir de la place dans un de ces collèges. J’espère que mon appel sera entendu », espère-t-il.
Selon la version de la jeune fille, une de ses camarades de classe avait été prise à partie par un groupe de filles le 28 février. Deux jours plus tard, alors qu’elle demandait à ces dernières « ki sann-la zot pou al bate ankor la », celles-ci sont sorties pour aller chercher une de leurs camarades, qui s’est jetée sur elle. Par la suite, toutes les filles ont commencé à lui infliger des coups, notamment au ventre.
Le père dénonce également qu’à un certain moment, un enseignant serait entré dans la classe, mais qu’il n’a rien fait. Ce sont les autres élèves qui seraient parties chercher le Section Leader pour sauver la fille des mains de ses agresseurs.

