Trafic de drogue et blanchiment d’argent : Khalil Ramoly rattrapé par la BMW M8 de Rs 16 M

L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a mis la main sur un maillon important du réseau de trafic de drogue et de blanchiment d’argent avec l’arrestation, mardi après-midi, de Khalil Ramoly . Ce patron de magasins spécialisés dans la vente de pièces automobiles n’est pas un inconnu du milieu car son nom avait dans le passé été cité à plusieurs reprises dans des affaires de trafics de produits illicites.

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L’homme d’affaires, présumé Big Boss de la capitale dans cet axe de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, a été rattrapé par les dépenses effectuées pour la BMW M8, saisie par l’ICAC vendredi dernier et estimée à Rs 16 millions. Le suspect a été provisoirement inculpé devant la Bail and Remand Court pour le délit provisoire de Money Laundering, soit d’avoir dissimulé des fonds soupçonnés de provenir d’un trafic illicite.

Après avoir dans un premier temps tenté de résister à sa convocation au Reduit Triangle depuis lundi après-midi, Khalil Ramoly s’est finalement rendu au QG de la Commission anti-corruption mardi après-midi en compagnie de ses hommes de loi, Mes Raouf Gulbul et Rishikesh Hurdoyal. Le patron de Khalil Spare Parts y était convoqué pour les besoins de son interrogatoire Under Warning au sujet de la BMW M8 soupçonnée lui appartenir.
Cette berline bleue, immatriculée KL 35, a en effet fait son apparition au siège de l’ICAC vendredi dernier, suite à la convocation et à l’arrestation du businessman Shahnawaz Caunhye. Khalil Ramoly, qui aurait nié être le propriétaire de cette berline, a été acculé par les enquêteurs de l’ICAC.

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Ils seraient en présence, concernant cette BMW, de dépenses effectuées au cours de ces derniers mois pour les services d’entretien et Servicing allant jusqu’à plus de Rs 700 000.
En prélude à la convocation de ce propriétaire de magasins spécialisés en pièces automobiles, l’Intelligence Cell de l’ICAC avait déjà monté un dossier en béton contre lui visant à le confronter à des éléments démontrant qu’il est bien le propriétaire de la berline. L’ICAC serait même en présence d’informations prouvant que Khalil Ramoly utilise même personnellement cette voiture de luxe lors d’événements organisés dans le secteur automobile.

Par ailleurs, les enquêteurs auraient aussi saisi des documents attestant non seulement que Ramoly a bien le contrôle du véhicule en question, mais qu’il aurait également la charge des réparations et autres frais.
Avec ce développement, l’ICAC croit détenir un maillon très important du blanchiment d’argent au niveau de la capitale. D’autant que le nom de Khalil Ramoly avait déjà été cité à maintes reprises dans le cadre de la commission d’enquête sur la drogue, présidée par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen.

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Marié et père de famille, ce suspect est connu à Port-Louis pour sa passion des berlines allemandes, entre autres de marque BMW. Son nom sera déjà apparu en 2013, soit lors de l’arrestation de Naserah Bibi Vavra, plus connue comme « La Reine de Plaine-Verte ».
Poursuivi pour blanchiment d’argent, il était soupçonné par l’ICAC d’avoir remis de faux documents à ABC Leasing en 2006 pour l’achat d’une Mercedes Benz. C’est d’ailleurs Khalil Ramoly qui avait « vendu » cette berline à l’épouse de Siddick Islam, condamné pour trafic de drogue.

Lors des travaux de la commission d’enquête, il avait été question que la saisie d’un téléphone cellulaire dans la cellule de Siddick Islam avait mis les enquêteurs sur les traces d’un dénommé Jalil Baccar. Or, cet homme était non seulement salarié chez Khalil Spare Parts, mais également le propre oncle de Naserah Bibi Vavra.
La commission d’enquête s’était aussi attardée sur le paiement d’honoraires d’avocat à hauteur de Rs 25 millions au profit du trafiquant Siddick Islam.
En décembre 2016, des policiers de l’ADSU – dont l’inspecteur Assad Rujub, qui était affecté à Plaine-Verte – avaient été transférés pour avoir assisté à un mariage chez Khalil Ramoly.

Trois ans plus tard, ce dernier était épinglé par l’ADSU pour possession de psychotropes, et ce, sans pouvoir produire les prescriptions nécessaires. Les comprimés en question (deux plaquettes de Lexotanil Bromazepam et du Tram XL Tramadol) avaient été retrouvés dans son magasin.

Enfin, en 2021, Khalil Ramoly avait été accusé d’avoir soudoyé un agent public. Une fois encore, il avait été arrêté par l’ICAC. Une accusation de Bribing Public Official avait été retenue contre lui, car soupçonné d’avoir mis une voiture de location à la disposition du gardien de prison Stéphane Justine, en échange de certaines facilités et de largesses accordées à Siddick Islam, alors détenu à l’Eastern High Security Prison de Melrose.
Lors de sa convocation mardi dernier, Khalil Ramoly aurait été escorté par trois autres voitures devant le siège de la commission anti-corruption. La police avait été sollicitée pour demander aux occupants de ces véhicules d’évacuer les lieux.

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