Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, qui intervenait dans le cadre des débats parlementaires sur l’adoption d’un budget supplémentaire de l’ordre de Rs 5,4 milliards, dont Rs 5 milliards destinées à la construction de plusieurs milliers de logements sociaux, a mis le Deputy Prime Minister, Steven Obeegadoo au pied du mur.
Il a fait part de son étonnement que ce dernier, qui, alors au MMM, préconisait la transparence dans les dépenses publiques, aurait choisi la voie de l’opacité quant au projet de construction de 12 000 unités de logements sociaux qui nécessitera au total Rs 30 milliards puisées des fonds publics, c’est-à-dire l’argent des contribuables sans passer par le Public Procurement Office, en confiant le projet à la New Social Living Development Ltd sur laquelle le Parlement n’a aucun droit de regard. « Nous ne pouvons avoir de démocratie sans redevabilité », affirme Xavier-Luc Duval en ajoutant que c’est la meilleure façon de combattre la corruption.
Xavier-Luc Duval réitère le fait que l’opposition parlementaire n’acceptera pas de voter quelque Rs 5 milliards en l’absence de transparence. Il déplore que le projet n’a pas été confié à la NHDC, qui emploie déjà 130 personnes. Il a mis en avant que le Special Purpose Vehicle qui a été créé, NSLDL, est dirigé par un conseil d’administration composé de personnes pour la plupart inconnues du public dont une personne, considérée comme une des plus riches de Rodrigues, et un autre individu qui serait controversé.
La seule raison justifiant cette décision, indique le parlementaire bleu, est que ce dernier ne se tombe pas sous la responsabilité du Public Procurement Office – dont l’attribution consiste à s’assurer que le public obtienne Value for Money. Cette situation est jugée inacceptable.
Le leader de l’opposition estime que la NSLDL faillit à sa tâche, avec des appels d’offres qui n’ont pas abouti. « Ce qui entraîne des dépenses de l’ordre de Rs 500 millions à Rs 1 milliard, un gaspillage en raison de l’amateurisme de la NSLDL. »
XLD a, par conséquent, demandé au DPM de fournir une liste détaillée des montants déjà dépensés depuis juin 2021 pour les différents services. Il a aussi sollicité des détails sur les terres acquises, les lieux et les montants. Poursuivant ses interrogations, XLD s’est appesanti sur le point que dans un projet comme celui-là, « the devil is in the detail ».
Xavier-Luc Duval a attiré l’attention sur les problèmes découlant de la construction d’un trop grand nombre de maisons sur un seul site. Pour lui, l’enfer est pavé de bonnes intentions. « Cela a été le cas de La Valette dont la construction était animée de bonnes intentions mais qui par la suite n’est pas devenu un endroit où il fait bon vivre en raison de la quantité de maisons », avance-t-il.
« En regroupant un grand nombre de personnes issues de différents horizons, on risque de créer des ghettos. On ne peut pas demander à des personnes d’investir leurs économies dans un endroit qui risque d’être invivable dans cinq ans », argue le leader de l’opposition.
Poursuivant son intervention, Xavier-Luc Duval a demandé à Steven Obeegadoo d’indiquer les offres soumises lors de l’exercice lancé à l’époque, du moins de donner l’offre la plus basse ainsi que celle la plus élevée. Il explique que les contrats seront alloués à 14 contracteurs, qui pourront soumettre des offres pour des projets dans deux ou trois régions, déplorant par là même qu’il n’y ait pas de Competitive Bidding.
« Comment savoir que chaque constructeur pourra donner Value for Money en tenant compte du nombre de sites qui seront concernés. Comment les Project Managers pourront-ils déterminer la qualité des projets ? », s’interroge d’autre part Xavier-Luc Duval, qui évoque le coût des terrains. Il a, de plus, demandé quel sera le coût des utilités publiques. « Don’t put a number of costs under the carpet to hide the incompetence of NSLDL? Quel sera le coût total de la construction d’une unité? » fait-il ressortir.
Le leader de l’opposition affirme que, d’après ses renseignements, aucun Performance Bond ne sera réclamé des contracteurs. « J’espère que ce n’est pas vrai car qui fera les frais dans l’éventualité où des défauts sont relevés dans les édifices construits; surtout que dans beaucoup de cas les contracteurs soumettent le travail à des sous-contracteurs? Les contracteurs vont-ils garantir les constructions et pour combien de temps ? », a demandé Xavier-Luc Duval. Il a finalement mis l’accent sur les technologies qui seront utilisées et le taux d’intérêt qui sera réclamé aux éventuels acheteurs.

