La mutation chaque cinq ans pour les éléments de l’ADSU évoqué par le QG des Casernes centrales ne tient pas la route, selon eux. Pour cause : nombreux parmi eux compte plus de dix ans au sein de cette unité.
« Éjecter comme des malpropres » pour des raisons qu’ils qualifient de « farfelues », les officiers de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), lésés par leurs transferts crient à l’injustice.
Tout a commencé avec le transfert avec effet immédiat du DCP Choolun Bhojoo, patron de l’ADSU. Après 7 ans à la tête de cette unité, le DCP Bhojoo a été muté à la police de l’aéroport international de Plaisance le 1er mars. S’en est suivi une série de transferts massifs des membres de la brigade antidrogue. Bien que les opinions divergent sur la mutation du DCP, pourquoi avoir transféré les officiers « d’expérience »? D’ailleurs ces dernières années, le Premier ministre lui-même faisant l’éloge de son combat contre la prolifération de la drogue à travers l’île et ne ratait pas l’occasion de s’appesantir sur l’excellent travail accompli par ces officiers dont il disait « pe kas lerein baron ladrog ».
Depuis mi-mars, même si une minorité des transférés de l’ADSU s’accordent à dire qu’ils se sont fait à l’idée de « moins stress ek plis trankilite », un sentiment de frustration et d’incompréhension jaillit chez la plupart de ces officiers, surtout les vétérans.
Approché, un constable explique que ce n’est pas du jour au lendemain qu’on devient un ADSU. Un sergent explique lui qu’il faut des années d’expérience, acquérir une connaissance du terrain et posséder un réseau d’information assez large. Même s’il a dû s’adapter à son nouveau rôle au sein de la MPF, il ne peut pas s’empêcher de penser à ces nouvelles recrues qui selon lui ne seront à la hauteur que dans quelques années. « Ont-ils assez d’expérience pour venir à bout des missions qui leurs seront attribuées dans l’immédiat ? Concédant toutefois qu’il a lui-même appris sur le tas, le constable fait ressortir que le trafic de drogue a pris de l’ampleur ces dernières années, « pa l’heure pou al met ban nouvo san experians, a moin li enn stratezi pou fer ladrog rant plis ».
« Premye minis ti pe vant li partou nou pe fer bon travay. Abe kifer kas nou ban lekip » fustige un constable de l’est. Désormais posté loin de son domicile, un policier, explique que 80% des membres de son équipe ont été transférés vers d’autres unités.
Après huit, dix, quinze ans voir plus au sein de la brigade antidrogue, ces officiers occupent désormais d’autres responsabilités loin de celles dont ils ont été initialement formés et dont ils connaissent les plus fins rouages.
Certaines sources au sein même des Casernes centrales, affirment que les nouvelles recrues de l’ADSU ne sont pas tous formées au travail de terrain et sont sans expérience dans le domaine.

