Il assurait la livraison de 180 kilos de zamal à des partenaires mauriciens Le GIGN, unité d’élite française, a monté une opération spectaculaire lundi à La Réunion pour mettre la main sur le présumé cerveau du trafic de drogue inter-îles, et ce, dans le sillage de l’enquête sur l’arrestation de trois Mauriciens à Sainte-Rose le 13 avril dernier.
Andy Patate (33 ans), Benjamin Leu (31 ans) et Jean Roddy Meunier (48 ans) sont en effet soupçonnés de s’être rendus à l’île sœur pour prendre possession d’une cargaison de drogue lorsque leur bateau a eu avarie de moteur.
Leur Speedboat s’est alors échoué sur les rochers au large d’Anse Cascade à Sainte-Rose. Ils sont en détention, en attendant leur procès au tribunal de Saint-Denis. L’affaire pourrait s’accélérer avec l’arrestation d’un maillon important du réseau en début de semaine.
Ce Réunionnais travaille à bord d’un bateau de pêche. Les gendarmes ayant appris que les membres de son équipage se trouvaient à Saint-Denis, ceux-ci ont été appréhendés. Tandis que le principal suspect était apparemment parti en mer pour remettre une cargaison de 180 kg de zamal à des Mauriciens lundi, sachant que les gendarmes redoublaient de vigilance sur les côtes.
Pendant ce temps, des perquisitions ont été menées chez ses trois proches, permettant ainsi aux gendarmes de récupérer 90 000 euros, somme soupçonnée provenir d’un trafic de stupéfiants.
Lundi, un hélicoptère de la Section aérienne de la gendarmerie (SAG) est parti à la recherche du Réunionnais sur son bateau. Dès qu’ils l’ont localisé en mer, les éléments du GIGN sont descendus en rappel sur le bateau pour appréhender le suspect. Après quoi ce dernier a été placé en garde à vue.
Son téléphone, qui a été saisi, pourrait contenir des informations sur ce trafic de zamal entre Maurice et La Réunion. Ce qui permettrait aux enquêteurs réunionnais et mauriciens de mieux comprendre le Modus Operandi établi et mis à exécution. Le « pêcheur » n’a encore rien expliqué pour le moment. Le commissaire de police Anil Kumar Dip étant à La Réunion depuis hier, son cas sera très probablement évoqué avec les autorités de l’île sœur.
Le chef de la police compte aussi demander une collaboration accrue entre nos deux pays pour la lutte contre le trafic de drogue. Les trois Mauriciens arrêtés à La Réunion devront faire face à la justice française, et ne seront donc pas rapatriés de sitôt.
À Maurice, l’Anti Drug and Smuggling Unit poursuit ses investigations autour du Speedboat. L’ex-propriétaire, Arshad Abdurrahman, et l’intermédiaire Samuel Legentil et l’acheteur, Felix Dylan Lapierre, ont été appréhendés. Cette affaire était à l’ordre du jour du Question Time à l’Assemblée nationale d’hier matin (voir en pages 4 et 5)

