L’ancien patron du ministère de la Santé, le Dr Vasantrao Gujadhur, dresse un état des lieux de la situation et émet des propositions pour « fluidifier les services dans nos hôpitaux régionaux, autant que dans les établissements spécialisés ».
« Ce n’est pas demain que le Covid-19 disparaîtra de nos vies. Mais ce n’est pas pour autant non plus que nous devons arrêter d’avancer ! Le temps est arrivé de vivre avec le virus. Cette formule est utilisée depuis un bon bout de temps déjà. Dans cette définition, il y a comment s’y prendre avec les services de santé, qui sont d’importance capitale, car c’est tout le peuple qui fréquente nos hôpitaux régionaux. » Tel est le point de départ de la réflexion du Dr Gujadhur.
Il s’appuie sur les chiffres officiels diffusés par les Government Information Services (GIS) pour les deux derniers mois, soit du 31 mars au 19 mai. « Le nombre total de cas testés positifs au Covid-19 est de 571. De ce nombre, 122 personnes ont été admises à l’ENT Hospital. Un patient a été placé sous « ventilator » et 23 ont requis de l’oxygène durant leur passage dans cet hôpital. »
Le médecin poursuit : « 23 patients sur les 571 cas recensés, cela représente 4 %. Nous constatons ainsi que le nombre de cas sévères de la maladie diminue. » Ce qui l’amène à proposer que l’ENT Hospital, qui a été utilisé avec l’arrivée du Covid-19 pour centraliser les patients au plus fort de l’épidémie, reprenne ses activités originales, pour lesquelles cet hôpital a été reconstruit et amélioré.
Toutefois, le Dr Gujadhur concède : « quand le Covid-19 nous a pris par surprise, heureusement que le pays avait à portée de mains le bâtiment tout neuf et rénové de l’ENT Hospital, qui a pu accueillir les malades. Avec les spécificités du Covid-19, et de ses variants par la suite, le choix d’utiliser cet établissement pour le Covid-19 s’est avéré un bon choix. Aujourd’hui, la situation est désormais différente, et il convient de rétablir les choses et d’avancer ».
L’ancien directeur des services de Santé rappelle que l’ENT Hospital « a été pensé, élaboré et équipé de moyens techniques de dernier cri » pour les maladies touchant à l’ORL, soit la spécialité de cet établissement de santé. Le transfert de cette spécialisation temporairement, le temps que le pays arrive à gérer l’épidémie, dans l’enceinte de l’hôpital de Candos, a occasionné un énorme backlog. « C’est la raison qui me pousse à suggérer aux autorités de décentraliser nos soins. Mettons en place des Covid-19 Wards dans les hôpitaux régionaux, en incluant un Isolation Ward pourvu d’un Ventilator. Le personnel soignant ayant déjà été formé sur la maladie, cela ne devrait pas être un problème. Quand des malades du Covid-19 requièrent une hospitalisation, ces Covid-19 Wards dans ces hôpitaux régionaux les hébergeront. Les patients y recevront tous les soins nécessaires », propose-t-il.
Cette démarche aura pour effet de libérer l’ENT Hospital, qui pourra alors reprendre les activités pour lesquelles il a été élaboré. Le Dr Gujadhur retient que cet établissement a été pensé et équipé pour des spécialisations et des super-spécialisations.
Il fait aussi remarquer que l’hôpital de Souillac a également bénéficié d’un important travail de rénovation. Il propose ainsi : « cet établissement de santé du Sud devrait héberger une unité spécialisée pour les maladies infectieuses. C’est un Must . D’autant que, comme l’OMS l’a signalé depuis le Covid-19, chaque pays doit se préparer en vue d’un éventuel Outbreak d’une autre épidémie. » De ce fait, cet agencement méthodique viendra décongestionner le flux de l’hôpital Nehru.
Le Dr Gujadhur fait également remarquer qu’au niveau de l’hôpital des yeux, à Moka, les services enregistrent également un Backlog important, avec les travaux pour le nouvel hôpital et les fermetures causées par le Covid-19, entre autres bouleversements. « Là aussi,je suggère de décentraliser temporairement une partie des interventions à l’ENT Hospital de Vacoas. Le temps de récupérer le retard accumulé et que le nouvel hôpital soit prêt », fait-il comprendre.

