Partenariat église-état : Le Collège Saint Gabriel devient lycée professionnel

Pose de la première pierre du nouvel établissement technique, bénéficiant d’une subvention partielle de l’État

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De nouveaux cours jusqu’au Bac Pro offerts aux étudiants dans deux ans

Le Collège Technique Saint Gabriel, qui compte 49 années d’existence, se transforme en un lycée professionnel. La concrétisation de ce projet a été rendue possible grâce à une subvention partielle du gouvernement, à hauteur de Rs 7,2 millions par an. Un bâtiment flambant neuf sortira ainsi de terre à Sainte-Croix. La cérémonie de la pose de la première pierre s’est déroulée, hier, en présence de la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun et le de l’évêque émérite du diocèse de Port-Louis, le cardinal Maurice E. Piat, initiateur de la transformation du collège Saint-Gabriel.

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Le projet de lycée professionnel avait été présenté en 2019, à l’occasion des 45 ans du Collège Technique Saint Gabriel (CTSG). Peu de temps après, le conseil des ministres avait donné son aval pour une subvention de l’État à ce projet. Toutefois, il a fallu du temps pour mettre au point les modalités du partenariat. Le 23 mai, un protocole d’accord a été signé entre le diocèse de Port-Louis et l’Institute of Technical Education and Technology (ITET), opérant sous la tutelle du ministère de l’Éducation. Le gouvernement accordera ainsi une subvention partielle au Lycée Professionnel Saint-Gabriel.

Lors de la cérémonie de pose de la première pierre , la directrice du SeDEC, Gilberte Chung, a rappelé que ce projet est cher au cardinal Piat, qui, avec la direction du Collège Technique Saint-Gabriel, a pris son bâton de pèlerin, à la recherche de financement pour sa concrétisation. « Il avait dit lors du lancement du projet en 2019, que ce projet de lycée professionnel, correspondait aux besoins économiques du pays, ainsi qu’aux besoins des jeunes ayant d’autres types d’intelligence », déclare Gilbert Chung.

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La demande de subvention à l’État pour ce projet, a-t-elle ajouté, avait pour but d’offrir aux jeunes se tournant vers la formation technique, d’avoir les mêmes droits à l’éducation gratuite, que leurs camarades des autres filières. « L’éducation catholique bénéficie de la subvention de l’État pour les autres secteurs et il restait ce petit frère. Un premier pas a été franchi », concède-t-elle.

A travers cette subvention partielle, l’État accordera une somme de Rs 7,2 millions par au Lycée technique Saint Gabriel., soit un financement de Rs 40 000 par élève par an. Ce soutien financier ne permettra toutefois pas d’offrir les cours gratuits. « Cela permettra de réduire les coûts et nous continuerons à faire appel au parrainage du secteur privé. Je remercie la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation d’avoir cru dans ce projet et d’avoir trouvé les moyens, à travers l’ITET Act, de concrétiser cette subvention», poursuit-elle.

La directrice du SeDEC a également élaboré sur la « synergie magnifique » du partenariat Église-État-Entreprise. Le nouveau lycée professionnel sera également un bâtiment écologique, avec installation de panneaux photovoltaïques, de système de captage d’eau de pluies et des espaces verts, entre autres. Elle a aussi fait comprendre que le pape François a également encouragé la mise en place de ce projet de formation technique en faveur des jeunes mauriciens.

Le Collège Technique Saint Gabriel bénéficie déjà de la coopération française, à travers le soutien de l’ambassade à Maurice et la collaboration avec deux lycées à la Réunion, qui aideront à la mise en place du nouveau projet.

Le cardinal Piat se félicite de voir l’aboutissement de ce projet, après un long chemin parcouru. Il a rappelé que le Collège Technique Saint-Gabriel se présente en tant que pionnier dans la formation technique à l’époque et que feu le cardinal Margéot et toute l’équipe du centre, à l’époque, avaient commencé avec des moyens modestes.

« La concrétisation de ce projet est un espoir pour les enfants qui ne peuvent s’épanouir académiquement mais qui sont doués pour la formation technique. Nous avons beaucoup voyagé, nous avons rencontré beaucoup de personnes, pour pouvoir réaliser ce projet. Je dois dire qu’il y a eu beaucoup de solidarité autour du projet », déclare l’évêque émérite.

Il s’est dit également satisfait que le gouvernement ait pu trouver le cadre légal pour concrétiser ce partenariat. Il a profité pour remercier toutes les entreprises qui collaborent avec le Collège Technique Saint-Gabriel depuis de longues années.

De son côté, la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation a fdalué le cardinal Piat pour sa contribution déterminante à la concrétisation du projet de lycée professionnel. Elle met en exergue la longue collaboration entre l’Église et le gouvernement dans le domaine de l’éducation, tout en mettant l’accent sur la qualité et les valeurs morales et sociales.
Leela Devi Dookun-Luchoomun est d’avis qu’avec l’avancée technologique, particulièrement par rapport à l’intelligence artificielle, au Big Data  et à l’industrie 4.0, l’éducation se retrouve à la croisée des chemins. « Il y a nécessité de se réinventer. Les secteurs émergents ont besoin de plus de qualifications. Il faut créer des voies multiples qui assureront le succès de tous les apprenants »,devait-elle avouer.

L’introduction d’une filière technologique, en Grade 10, très bientôt, permettra de combler le fossé des compétences, pour les métiers de demain.  « Il faut valoriser la formation technique et professionnelle. Elle ne doit pas être une option de deuxième choix. Un Rebranding s’impose. Le secteur privé doit donner un coup de main pour cela », préconise-t-elle.

Le Supérieur des Salésiens de Don Bosco de la Vice-Province de Madagascar/Maurice, le père Innocent Bizimana, a également fait le déplacement à l’occasion. Il a tenu à mettre en valeur sur le travail entrepris par les Salésiens à Maurice et la stabilité dans le pays. « La Société des Salésiens de Don Bosco travaille dans le monde et pour l’éducation, ainsi que pour construire la dignité », avance-t-il.
Le lycée professionnel Saint Gabriel offrira des cours dans divers domaines, jusqu’au niveau Bac Pro. Citons entre autres, les secteurs du bâtiment et de l’automobile. Les travaux du nouveau bâtiment dureront environ un an et demi. Le lycée sera en mesure d’accueillir ses premiers élèves dans deux ans.
Soulignons que l’ambassade de France et le l’Épiscopat italien ont également apporté leur collaboration à la concrétisation de ce projet ouvrant de nouvelles perspectives de formation et d’épanouissement de jeunes Mauriciens.

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