Décolonisation et démilitarisation : Lalit dénonce l’octroi d’un bail de 99 ans aux Américains sur la base de Diego Garcia

- Lindsey Collen préconise l’organisation d’une manifestation publique et d’un voyage par bateau dabns l'archipel desd Chagos

Lalit, par le truchement de Lindsey Collen, a dénoncé, mercredi, l’intention du gouvernement mauricien d’octroyer un bail de 99 ans aux États-Unis sur Diego-Garcia dans l’archipel des Chagos. Elle participait au forum organisé par Lalit sur le thème Dekolonizasyon ek demilitarizasyon” organisé à la municipalité de Port-Louis à l’occasion de la Journée mondiale de la décolonisation et du dernier voyage de Nordvaer qui a transporté les Chagossiens en exil à Maurice il y a 50 ans déjà.

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La représentante de Lalit a préconisé l’organisation d’une manifestation contre le maintien de la base militaire américaine à Diego-Garcia et a relancé le projet d’organiser un voyage aux Chagos à bord d’un bateau. Lindsey Collen a dit son étonnement que le secrétaire d’Etat adjoint américain, Richard Verma, présente la construction d’une ambassade à Bagatelle « comme un don à Maurice ».

En se basant sur une déclaration de la défunte Aurélie Talatte qui avait dit « Diego lakle », elle a rappelé que Diego-Garcia est la clé de la démilitarisation alors que la décolonisation veut dire le départ des Britanniques des Chagos que Washington et Londres continuent à présenter comme Britis Indian Ocean Territiry (BIOT) en dépit de la la décision de la Cour internationale de justice de La-Haye du 25 février 2019 et de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies. « Zot pa ankor rekonet ki zot ki finn perdi », a-t-elle fait comprendre en soulignant que concernant leur occupation des Chagos, ils ne bénéficient que du soutien de trois pays dans le monde, à savoir Israël, la Hongrie et l’Australie.

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Le forum, présidé par Alain Ah Vee, a également vu la participation de l’ancien, président de ka république, Cassam Uteem, de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’Unité AAfricaine (OUA), Vijay Makhan, de Jean-Claude Bibi, d’Alain Laridon et d’Olivier Bancoult, lader du Groupement des Réfugiés Chagossiens.
Cassam Uteem s’est appesanti sur quatre dates importantes concernant les Chagos, à savoir la Conférence constitutionnelle à Londres en 1965 durant laquelle l’archipel des Chagos a été excisé du territoire de Maurice, l’exil forcé des Chagossiens, l’Advisory Opinion à La-Haye de février 2019 et la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies du 22 mai 2019. Il a souligné que « les Chagos ne figuraient pas à l’agenda de la conférence constitutionnelle mais introduits en marge de la conférence qui a mené à l’indépendance de Maurice ».

Cassam Uteem a déclaré que la Cour Internation,ale de Justice a exigé le retrait de la Grande-Bretagne des Chagos sans condition. Par conséquent, il s’est interrogé sur la nécessité de négocier avec la Grande-Bretagne pour qu’elle quitte les Chagos dans le secret. « Ki pe negosie, kot pe negosie, ek kot Sagosien ete ladan ? » s’est-il demandé. Il est revenu sur le maintien de la souveraineté de Maurice sur tout le territoire des Chagos et le démantèlement de la base militaire américaine.

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Pour sa part, Vijay Makhan a soutenu que la lutte pour la souveraineté mauricienne sur les Chagos remonte à très longtemps. « Plusieurs gouvernements ont lutté pour le retour des Chagos à Maurice », dit-il. Il a fait mention des résolutions adoptées par l’OUA qui est devenue l’Union africaine, par les pays non-alignés et par l’Assemblée générale des Nations unies. Il a aussi évoqué les délégations mauriciennes qui se sont rendues en Grande-Bretagne. Il a maintenu, lui aussi, que pour ce qui est de la souveraineté, il n’y a rien à négocier. « La Grande-Bretagne s’est toujours présentée comme le grand défenseur des droits humains. Or elle a failli à sa tâche concernant les droits humains aux Chagos », maintient-il.

Vijay Makhan a aussi dénoncé le voile du secret entretenu autour des négociations entre la Grande-Bretagne et Maurice « au point que c’est le secrétaire d’Etat adjoint américain qui nous apprend qu’il y aura un quatrième round de négociations cette semaine ». Il a souligné l’importance d’avoir un comité interparlementaire sur les Chagos car cette question de souveraineté concerne toute l’île Maurice. Il a conclu en disant que la présence d’une base militaire sur le territoire mauricien « constitue une violation des accords de Pelindaba ».

Alain Laridon, membre du comité Rann nou Diego, a retracé l’histoire de la lutte pour le retour des Chagos à Maurice. Il a souligné le rôle joué par Lindsey Collen et Ram Seegobin dans cette lutte alors que Dev Virahsawmy a été le premier à évoquer ce dossier au Parlement. « Sakenn inn amen so blok pou gard la flam de la lit vivan », devait-il renchérir.

Olivier Bancoult, a mis l’accent sur le rôle des Chagossiennes dans le cadre de la mobilisation pour attirer l’attention sur la souffrance du déracinement du peuple chagossien. Il a déploré que dans le cadre de cette lutte, « aucun parti à Maurice n’avait au départ pensé aux Chagossiens ». Et que ceux qui avaient participé à la conférence constitutionnelle « ne s’étaient jamais rendus aux Chagos pour voir comment vivaient les Chagossiens ». Il a rappelé que lorsqu’il avait décidé de porter la question du retour des Chagossiens sur leurs îles natales et des droits des Chagossiens en cour en Grande-Bretagne « boukou dimounn gagn mwa margoz ». Il a parlé du combat qu’il a mené.

« Aujourd’hui, je ne dois rien à personne », a dit Olivier Bancoult. Il a souligné l’engagement de sir Anerood Jugnauth de porter l’affaire devant les Nations unies et la CIJ. « Toutefois, le témoignage de Madame Elysée a joué un rôle capital dans la victoire de Maurice devant la CIJ », a-t-il reconnu. Il a aussi dénoncé la politique « divide and rule » des Britanniques en évoquant l’octroi de la nationalité britannique à des Chagossiens par la Grande-Bretagne cette semaine.

Intervenant également, Jean-Claude Bibi a dénoncé l’Europe, la Grande-Bretagne et les États-Unis « qui continuent à agir comme des forces impérialistes en exerçant leurs pouvoirs économiques et militaires ». Il a déoncé le Grande-Bretagne , qui « a profité de la faiblesse de Maurice pour exciser Chagos de son territoire ».

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