À défaut d’être un budget diabète, le budget 2023-2024 est un budget amer pour la population. C’est l’avis de Reza Uteem, porte-parole du MMM sur le dossier de l’économie. Il regrette que le pouvoir d’achat n’ait pas été rétabli.
Il se demande également pourquoi la pension n’a pas été augmentée à Rs 13 500 comme promis par le gouvernement dans son manifeste électoral, alors que la loi a déjà été amendée à cet effet. Il s’est attardé sur les effets néfastes de la politique de dépréciation de la roupie qui a entraîné l’inflation et une hausse du coût de la vie.
« Nos gran dimounn ont le droit de savoir. » C’est l’appel lancé Reza Uteem, sur le fait que la pension à Rs 13 500 se fait toujours attendre, alors qu’elle aurait dû être appliquée depuis cette année. Il déplore également le fait que la pension d’une personne handicapée est supprimée lorsqu’elle atteint 60 ans, alors qu’elle a des dépenses supplémentaires à encourir. L’absence d’un Disability Bill est également déplorée.
L’orateur fait ressortir que la baisse du prix sur l’essence est nettement insuffisante et relève d’une arnaque. De juillet 2022 à ce jour, le gouvernement a récolté Rs 10,8 milliards sur les différentes taxes perçues sur la structure de prix du carburant. « En mai 2023, alors qu’il y a eu une baisse de 23,6% sur le marché mondial, ici, on baisse par moins de 7%. Le diesel a baissé par 35% et ici, il n’y a rien », dit-il.
Ce dernier est d’avis que le budget ne s’attaque pas à la racine du mal qui est la dépréciation de la roupie. « En décembre 2014, le dollar américain était à Rs 31 et aujourd’hui, nous sommes à Rs 46. Sous ce régime, la roupie a perdu la moitié de sa valeur », indique-t-il en faisant état des recettes du tourisme de Rs 80 milliards et des exportations également. « La roupie aurait dû connaître une appréciation. Pourquoi y a-t-il un manque de devises ? » se demande-t-il.
Il a également critiqué le fait que le gouvernement ait puisé dans les réserves de la Banque de Maurice, en dépit des mises en garde de l’opposition. « La Banque de Maurice a ainsi perdu Rs 158 milliards au profit de la Mauritius Investment Corporation (MIC) et du gouvernement. Voilà pourquoi la dépréciation de la roupie est profitable au gouvernement. La MRA a annoncé des recettes record de la TVA. Ce qui veut dire davantage de revenus pour le gouvernement », déclare-t-il en déplorant l’absence de mesure en vue de stabiliser la roupie.
Reza Uteem cache difficilement son étonnement devant le silence du ministre des Finances au sujet des prévisions pour l’inflation. « Mais en consultant les Estimates du budget on constate que ce sera au moins de 9%. Ce qui veut dire que les Rs 1 000 vont se volatiliser. Le gouvernement donne de la main droite et reprend avec intérêts de la main gauche », devait-il lâcher.
Pour le député du MMM, les grands bénéficiaires de ce budget, sont ceux avec des revenus de plus de Rs 3 millions, qui vont payer moins de taxe, avec la réforme fiscale. « Ils paieront 20% de leurs revenus contre 25% auparavant. D’ailleurs, les Estimates prévoient une baisse des impôts collectés. Et on ose dire que ce budget est socialiste. Les riches et ultra-riches vont devenir encore plus riches », s’appesantit-il.
Reza Uteem a également dénoncé le fait que le Repo Rate soit passé de 1,85% à 4,5%. Ce qui implique des taux d’intérêts en hausse pour les PME et les ménages. Il s’interroge au sujet de l’allocation de Rs 1 000 limitée aux Home Loans, alors qu’il y a beaucoup de personnes qui ont dû contracter des emprunts pour des soins de santé, pour l’éducation de leurs enfants, entre autres.
« Le gouvernement aurait mieux fait de négocier leurs marges avec les banques qui ne payent que 5% d’impôt sur leurs profits. De plus, les banques ont bénéficié de la MIC, puisque les grandes entreprises ont obtenu de l’argent pour rembourser leurs dettes. Dans un élan de solidarité, le ministre des Finances aurait dû les amener à baisser leurs marges », prévoit-il.
Reza Uteem a qualifié de farce la mesure budgétaire visant à rayer des dettes de 20 ans par la DBM car cette disposition existe dans le Code Civil pour des dettes non-remboursées après trois ans.

