Le Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice, qui s’est réuni pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du nouveau cadre de politique monétaire et du Key Rate, a maintenu le taux d’intérêt directeur à 4,50%. Donc, un répit que ce soit pour les ménages ou encore les opérateurs économiques.
Cette décision, comme devait le souligner le gouverneur de la Banque Centrale, Harvesh Seegolam, prend en considération le fait que de nombreuses banques centrales ont préféré maintenir le statu quo compte tenu de l’équilibre entre l’inflation et la croissance de la production.
En effet, il note que depuis mars 2023, 77 décisions prises par des MPC dans le monde sont allées dans le sens du statu quo. Pas plus tard que ce mercredi, la Réserve fédérale américaine a laissé son taux directeur inchangé. « La Réserve fédérale américaine a laissé entendre que cette pause est par prudence et qu’elle évaluerait, dans l’intervalle, la nécessité de hausses, et que ces hausses, le cas échéant, ne seraient pas aussi agressives qu’auparavant », indique Harvesh Seegolam. Il ajoute que de nombreuses banques centrales devraient maintenir le niveau de leur taux d’intérêt tenant compte de la tendance baissière de l’inflation. Il cite notamment le cas des banques centrales telles que la Reserve Bank of India et les banques centrales tchèque et hongroise.
Le gouverneur a expliqué que lors des délibérations d’hier, le MPC a passé en revue les récents développements économiques au niveau mondial et a évalué leur impact potentiel sur l’économie mauricienne. De ce fait, le MPC estime que l’inflation devrait baisser dans les mois à venir pour se retrouver à 6,8 % en décembre 2023.
Ces prévisions s’articulent autour d’un apaisement des perturbations de l’approvisionnement mondial et de la logistique, permettant ainsi une normalisation des cours mondiaux des produits de base et un ajustement ultérieur à la baisse des prix intérieurs des produits alimentaires et du carburant.
Harvesh Seegolam estime que l’assouplissement prochain des exigences d’importation de la main-d’œuvre étrangère devrait contribuer à atténuer les pressions des coûts, alimentant l’inflation.
« De plus, la normalisation progressive de la politique monétaire devrait se répercuter sur l’ensemble de l’économie et contenir l’inflation sous-jacente. La demande intérieure restera soutenue par une consommation et des dépenses d’investissement des secteurs privé et public », ajoute-t-il.
Le gouverneur de la Banque de Maurice se dit confiant que la consommation des ménages sera stimulée par les mesures budgétaires annoncées par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, dont la réforme du régime de l’impôt et la mise en place d’un ensemble de mesures sociales. « Les mesures de facilitation des affaires et de compétitivité soutiendront les exportations et les investissements privés tandis que les investissements publics seront soutenus par la construction de logements sociaux, l’extension du projet Metro Express et des réseaux routiers, entre autres. En outre, les mesures annoncées spécifiquement pour améliorer l’environnement des affaires à Maurice renforceront davantage la confiance des investisseurs et donneront un nouvel élan à l’activité économique », indique-t-il.
La BOM prévoit une croissance économique supérieure à 6% pour cette année, dans la même veine qu’en 2022. Cependant, le MPC a noté que la projection de croissance reste soumise à des répercussions découlant des incertitudes mondiales dans la conjoncture.
Le comité de politique monétaire s’est également penché sur les derniers développements du paysage macro-financier, tant au niveau mondial que sur le front national. Le Comité a analysé divers scénarios, dont une augmentation potentielle du taux directeur. Il a équilibré les risques pesant sur les perspectives inflationnistes et de croissance.
En conséquence, le MPC a décidé qu’une nouvelle augmentation n’était pas justifiée à ce stade. En conséquence, le MPC a décidé à l’unanimité de maintenir le taux directeur inchangé à son niveau actuel de 4,50 % par an.

