- Vikash Thakoor de la FSC égratigne les banques : « Banks have stayed in their comfort zone »
L’éducation financière est un élément clé pour lutter contre les cas de fraude financière et les arnaques, permettant de familiariser les individus sur les risques encourus, tout en leur apprenant à gérer leurs finances de manière responsable et éclairée. Quant à l’inclusion financière, elle est tout aussi importante, car elle permet aux particuliers comme aux entreprises d’accéder à une gamme de produits et de services financiers utiles, adaptés à leurs besoins et à un coût abordable, et, surtout, des services et produits proposés par des prestataires fiables.
Le Regional Centre of Excellence (RCE), en collaboration avec l’OCDE, a tenu une conférence sur le thème Financial Inclusion Trends, Developments and Policy Tools, dans un contexte où un nombre croissant de personnes en Afrique intègrent le système financier formel souvent pour la première fois. Dès lors, il est important qu’un cadre approprié de protection des consommateurs de services financiers soit mis en place, ainsi que des initiatives visant à améliorer l’éducation financière. C’est le message qu’a voulu faire passer Miles Larbey, Head of Financial Consumer Protection à l’OCDE.
Plusieurs intervenants africains ont présenté la situation dans différentes juridictions. Du côté du Financial Services Fund, les résultats du FinScope Consumer Mauritius Survey ont été présentés, montrant que Maurice affiche le niveau le plus haut d’inclusion financière à l’échelle de la SADC. Pas moins de 90% des adultes âgés de 18 ans et plus ont accès aux services financiers, tandis que 85% de la population adulte est bancarisée.
En outre, 49% utilisent des produits et services non bancaires, tandis que 26% utilisent des Informal Mechanisms to manage their Finances. Toutefois, l’étude recommande que des campagnes d’éducation financière soient faites pour assister les individus dans leur prise de décision.
Vikash Thakoor, Chief Executive de la Financial Services Commission (FSC), explique qu’il faut reconnaître l’inclusion financière comme un droit. « Many countries and organisations around the world are putting lots of emphasis towards financial inclusion. The UN, for example, has identified financial inclusion as an enabler for 7 of its 17 Sustainable Development Goals while the G20 has committed to advance financial inclusion worldwide », déclare-t-il.
Cependant, plus la réglementation et les impératifs de conformité prennent de l’ampleur dans le secteur financier, de moins en moins de personnes ont accès aux services financiers « leading to a situation where, even those who are banked, might be deprived of financial services. »
« Rising cost of banking services »
Dans ce contexte, le Chief Executive de la FSC donne un coup de griffe aux banques, déplorant : « rising costs of banking services further make access to basic services out of reach for many people. This means that some people have bank accounts but do not use them. » Il s’appesantit également sur le fait que la notion d’inclusion financière ne doit pas se limiter qu’aux individus, mais doit s’étendre aussi aux PME.
Et il égratigne encore le système bancaire : « Yet we observe, on a daily basis, the outcry of SMEs and startups which cannot access financing due to the rigidity of the banking system. In the meantime, banks have stayed in their respective comfort zones and focussed on a smaller group of high-profile customers for wealth management. Today, banks are still offering product- oriented services in one-size fit all formats while the world has already moved towards customer centricity. Merchants are completely disconnected with pricing and unbanked customers are in the look for low-cost payment options. »
Miles Larbey, Head of Financial Consumer Protection à l’OCDE, soutient qu’il faut poursuivre les efforts en matière d’inclusion financière. Il se réjouit que de plus en plus de personnes deviennent comprises dans le système financier, et que des progrès ont été notés depuis ces dernières années, soit entre 2011 et 2021, notamment sur le plan de l’ouverture de comptes bancaires, domaine où l’Afrique subsaharienne a enregistré la croissance la plus rapide. Malgré tout, la région est toujours en retard sur le « account ownership and usage ».
Miles Larbey souligne qu’assurer l’inclusion financière va de pair avec des initiatives visant à protéger le consommateur et les campagnes d’éducation financière, l’objectif final étant de soutenir le « financial well being of consumers, families and communities ».
Andrea Grifoni, Policy Analyst à l’OCDE, a présenté des instruments permettant à l’OCDE de mesurer l’éducation et l’inclusion financière, arguant : « Financial literacy supports individual financial decision making by helping them to develop greater control and confidence over personal financial matters, make informed choices on products, services and providers, avoid frauds and scams and navigate an increasingly digital financial landscape, which supports an effective usage of financial products and services and financial inclusion objectives. »

