Le football est, sans aucun doute, le sport le plus populaire de la planète. Et la passion de Véronique Leu-Govind, présidente du PMSD, pour cette discipline remonte à son enfance. Elle évolue comme attaquante au sein de La-Gaulette Shark et s’entraîne deux fois par semaine sur le terrain de foot de son village natal, La-Gaulette. 
Les deux équipes, La-Gaulette Shark et Tranquebar Dalton, équipes masculines, ont été promues en deuxième division pour la saison 2023-2024. Les deux formations ont terminé en tête de la poule A et B respectivement à l’issue du tournoi des Interrégions .
« J’étais toute petite. Je regardais défiler sur le terrain de jeunes joueurs avec leurs maillots de couleurs différentes et de vieux shorts. Lavi ti bien dir sa lepok-la. Les familles de condition modeste n’avaient pas les moyens d’acheter des maillots, short, crampons de foot, chaussures adaptées et des protège-tibias pour que leurs enfants jouent dans les meilleures conditions », se souvient-elle.
Véronique avait commencé par le cross à l’âge de dix ans. Et à 11 ans, elle s’est mise à jouer au foot avec les garçons dans la cité chaque soir. « Souvan de fwa mo mama ti bizin vinn sers mwa lor terin ar dibwa pou al lav lasiet, la ousi mo pa arete, mo kontinie zoue. Je me rappelle encore le jour où je m’étais blessée au genou. En 1997, à l’âge de 13 ans, je jouais pour Case-Noyale Football Club, l’entraîneur me faisait confiance. Les adversaires se moquaient de moi à cause de ma petite taille. Je jouais beaucoup de matchs régionaux aux stades George V et Sir Gaëtan Duval à Candos », dit-elle.
À cette époque, raconte-t-elle, l’équipe féminine de Roche-Bois faisait beaucoup parler d’elle. Les joueuses avaient du potentiel, elles réalisaient de belles passes et de jolis dribbles. « Malgré cela, notre équipe, La Gaulette Shark, ne se laissait pas impressionner. Nou ti manz ar zot. Mo ti fer avan sant. Mo ti bizin fer fas a de-trwa defanser bien kosto. Zot finn bien fer mwa mize. Zot anvol mwa kouma bouson sanpagn », se rappelle encore la présidente du PMSD. L’entraîneur de l’équipe ne l’avait pas remplacée et l’avait laissé jouer jusqu’à la fin du match.
Faute de moyens financiers, ses parents n’avaient pu lui acheter des équipements, ni de chaussures, N’ayant pas le choix, Véronique sollicite l’aide d’un cousin qui était allé travailler en France. « Il m’envoyait des chaussures, des protège-tibias. »
Quelque temps après, elle est obligée d’aller habiter chez une proche à Belle-Rose pour pouvoir fréquenter le collège Lorette de Rose-Hill. En plus du foot, Véronique se met à pratiquer d’autres disciplines, le volley-ball, l’athlétisme. « Alain Gilles qui était l’entraîneur de la sélection de volley-ball féminin passait me prendre à Rose-Hill pour les sances d’entraînements à Médine. »
Au-delà de l’aspect compétitif, explique Véronique, un match de foot et une séance d’entraînement sont pour elle un moyen d’oublier les conditions difficiles du quotidien. « Le football permet à chacun d’entre nous de nous exprimer librement par l’effort et de dépenser un surplus d’énergie », fait-elle ressortir. 
Elle est mère de deux fils, Yovissen (19 ans) qui occupe le poste de défenseur au sein de Petite-Rivière-Noire Football Club pour la Super League, organisé par Pepsi, et Yuvan Govind (15 ans), lui aussi défenseur. Les deux conseillent leur mère Véronique avant qu’elle n’aille disputer chaque match. Je prête toujours une oreille attentive à leurs conseils. » Et jusqu’à quand Véronique jouera-t-elle pour La-Gaulette Shark ? « Ziska kot mo nepli kapav », répond-elle dans un grand éclat de rires.
Quand elle n’est pas sur un terrain de foot, elle aime regarder à la télévision les matches internationaux où évoluent de grandes vedettes. « J’aime les actions spectaculaires, techniquement et tactiquement bien menées. Il n’y a que Manchester United qui fait le mieux parmi les équipes anglaises », dit-elle pour taquiner ses amies qui sont des fans de Liverpool.
Et son joueur préféré ? Cristiano Ronaldo, bien sûr, crie-t-elle presque. « Quand Manchester United remporte un match, je vais voir mes voisins qui, eux aussi, sont des fans de cette équipe pour partager les moments forts du match. Nou koz for pou fer ban fan lot lekip tande. »
Coralie Marcel, 34 ans, mère de deux enfants, habitant Coteau-Raffin, fait elle aussi partie de La-Gaulette Shark depuis l’âge de 14 ans, Elle suit les traces de sa mère qui autrefois jouait comme attaquante pour une équipe de football de football au Morne. « Mo’nn swiv mo mama ki li osi ti bien kontan zoue foutbol. C’est héréditaire. Je compte apporter mon soutien à l’équipe de La Gaulette Shark aussi longtemps que possible. C’est dans le sang. » Mais elle dit regretter que le football dans certaines régions n’ait pas la considération voulue malgré qu’il y ait de jeunes talents.
Dina André (45 ans) est mère de quatre enfants et travaille comme jardinière. Sa passion pour le football remonte à sa tendre jeunesse. La direction de La-Gaulette Shark compte beaucoup sur elle pour marquer des buts lors des déplacements. « Lotorite ti bizin donn ban madam plis ankadreman pou zoue foutbol. Dommage ! » déplore-t-elle.

