Diaspora mauricienne : La pierre rejetée devenue pierre angulaire ?

Mauritius Pilot Youth Diaspora Volunteering Project. C’est un projet que vient de lancer l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), en partenariat avec le gouvernement, visant à repérer des talents mauriciens de 18 à 35 ans à l’étranger et désireux d’aider, à titre volontaire, le pays dans leurs domaines respectifs. Si des Mauriciens travaillant à l’étranger accueillent l’initiative, certains n’en demeurent pas moins perplexes.

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La pierre rejetée est-elle devenue la pierre angulaire, compte tenu du fait que nombre de compétences ont été poussées à quitter le pays par frustration ?
Me Parvez Dookhy, avocat à Paris et cofondateur du Ralliement citoyen pour la patrie, partageant régulièrement son regard de constitutionnaliste sur l’actualité mauricienne, est d’accord sur un point : « nous ne pouvons pas nous permettre de perdre nos élites. Oui, nous avons besoin de faire revenir des Mauriciens qui ont eu une expérience internationale. »

Il étrille toutefois le système, à l’origine même de la fuite des Mauriciens. « Pour faire revenir les Mauriciens, il n’y a même pas besoin d’une politique pour cela. Il suffit juste en réalité que les maux qui rongent notre pays disparaissent comme le communautarisme, le copinage et maintenant la courtisanerie (la chatwarisation) », dit-il.

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Si le gouvernement est sincère, juge-t-il, le retour des Mauriciens d’expérience doit se faire, non pas dans le secteur privé, mais au sein de l’administration qui souffre d’une « incompétence criante ».

Détenteur d’un doctorat en Arts et Science de l’art, Didier Wong Chi Man, qui vit à Paris, se dit profondément agacé par le sous-titre du projet : “Nou rasinn : Look forward, Give Back” qu’il interprète comme une injonction à la diaspora. « Doit-on systématiquement donner en retour ? Il y a des personnes qui ont quitté le pays par frustration, souffrance morale, financière ou intellectuelle », souligne-t-il.

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Si le professeur d’arts appliqués dit comprendre la démarche du projet, sans prendre de gants, il pointe ce paradoxe si patent : « Je connais plein de gens qui souhaitent mettre en avant leurs compétences mais qui hélas ne trouvent pas écho à leurs demandes. J’ai aussi des exemples de jeunes qui sont rentrés au pays et qui sont complètement déçus de l’accueil et de la non-reconnaissance de leurs compétences. »

Le Dr Iswaraj Ramracheya, spécialiste en médecine interne, diabétologie et endocrinologie, exerçant à la fois à Maurice et au Royaume-Uni, trouve le projet potentiellement précieux , même s’il se montre moins certain quant à la contribution que peut apporter un jeune de 18 ans.

En tant que médecin ayant décidé de mettre son expertise également au service de sa patrie, il se réjouit de savoir qu’il a, ce faisant, sauvé un nombre incalculable de patients d’amputation et de décès prématurés liés au diabète. « Ce désir incessant de sauver des vies, ma compassion et mon engagement à améliorer les services, à rehausser la qualité des soins et à fournir un soin sûr, efficace et de qualité m’ont ramené ici », dit-il.

Il ajoute qu’à l’ère numérique, exploiter les nouvelles technologies pour éduquer et responsabiliser les professionnels de santé locaux ainsi que les patients mérite tout à fait d’être considéré.

Retrouvez l’article au complet dans l’édition du Mauricien du 20 juillet.

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