Le troisième trimestre a démarré avec des préoccupations dans le secondaire privé. Outre les détails du nouveau Grant Formula attendus pour la fin du mois du mois prochain, concernant la subvention de l’État, des managers craignent de perdre une partie de leur personnel enseignant. L’exercice de recrutement en cours pour les collèges d’État pourrait déboucher sur une opération de débauchage d’enseignants des collèges privés étant donné le nombre limité de candidats potentiels détenant de PGCE disponibles sur le marché.
L’amendement des règlements sur le recrutement dans le cycle secondaire, faisant de l’obtention d’un Post-Graduate Certificate in Education (PGCE) un critère obligatoire, a provoqué un manque d’enseignants dans les collèges. Tant dans les collèges d’État que privé. La bonne et simple raison étant que la majorité des enseignants détenant ce diplôme académique sont déjà en poste. Ce qui a amené le ministère de l’Éducation à amender les règlements une nouvelle fois, pour considérer des Degree Holders qui viennent de s’engager pour un PGCE au MIE.
Cela n’a pas permis de décanter la situation pour autant, surtout concernant les matières techniques. Le ministère de l’Éducation vient de se lancer dans une vaste campagne de recrutement pour l’année académique 2024. Dans les collèges privés, il y a des craintes que cet exercice provoque un effet domino. Un manager explique : « en début d’année, quand tous les collèges recrutaient pour faire face au manque d’enseignants, beaucoup de collèges privés ont perdu de bons éléments. Beaucoup sont partis dans des collèges confessionnels. »
S’il considère que la mobilité existe dans tous les secteurs, le manque d’enseignants qualifiés, avec de PGCE, pourrait compliquer davantage l’équation. « J’ai vu que le ministère de l’Éducation recrutait dans toutes les matières. La question que je me pose, est-ce qu’il y a eu autant de jeunes qui se sont inscrits pour un PGCE auprès du MIE ? Faute de quoi, vers qui va-t-on se tourner ? Vers des enseignants déjà en service dans le privé, certainement », dit-il.
Si les craintes se concrétisent, ajoute le manager, en janvier 2024, les collèges privés se retrouveront à la case départ. « Nous allons une nouvelle fois nous retrouver avec un manque d’enseignant et nous ne serons pas en mesure d’assurer toutes les classes », reconnaît-il. Déjà, cette année, ajoute-t-il, il a fallu jongler avec le personnel disponible pour s’assurer qu’il y ait suffisamment de cours pour certaines matières.
De plus, poursuit ce responsable d’établissement, la décision de la Private Secondary Education Authority (PSEA) de ne plus émettre d’Eligibility Certificate To Teach n’aide nullement dans la conjoncture. « Auparavant, ce permis précisait quelle matière l’enseignant était apte à enseigner. Sans cela, il faudra se limiter uniquement à sa spécialisation au niveau universitaire. Pour toute matière supplémentaire, il faudra négocier. Et si jamais il y a un problème quelconque, c’est le manager qui aura à répondre »,concède-t-il.
Sollicité à ce sujet, Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary School Employees, confirme que l’arrêt de l’Eligibility Certificate To Teach peut causer des problèmes à plusieurs niveaux. « D’abord, il faut savoir que la PSEA n’émet plus de Teaching Licence en raison des amendements 2022 aux règlements qui établissent les critères de recrutement. Ensuite, c’est une manière de déclarer null and void le permis de tous ces enseignants qu’on a disqualifiés parce qu’il y a une variation dans leur formation universitaire, selon les nouveaux règlements. En gros, cela fait les affaires de la PSEA », poursuit-il.
Cette situation, poursuit Arvind Bhojun, n’affecte que les collèges privés où les enseignants s’occupent de deux ou trois matières. « Dans les collèges d’État, il y a un enseignant pour une matière. Dans les collèges privés, ce n’est pas pareil. De plus, le fait qu’il n’y ait plus d’instruction de la PSEA indiquant quelles matières l’enseignant est apte à enseigner peut aussi donner lieu à des abus de la part de certains managers. Des enseignants peuvent être contraints d’enseigner des matières qu’ils ne maîtrisent pas forcément », ajoute-t-il.
Dans les collèges confessionnels également, les enseignants sont appelés à enseigner au moins deux matières. Par ailleurs, en ce début de troisième trimestre et à la veille des examens, certains collèges sont toujours en train d’essayer désespérément de recruter des enseignants pour certaines matières.

