– Le biogaz produit sert à alimenter les chaudières
Le groupe IBL a investi dans la méthanisation et construit Énergie des Mascareignes pendant deux ans et demi. Située à Riche-Terre et opérationnelle depuis octobre 2022, cette unité, qui transforme les déchets organiques, se trouve être la plus importante installation de ce type à Maurice. Energie des Mascareignes (EDM) convertit les effluents de deux usines de transformation du thon en énergie propre et en biofertilisant, répondant ainsi aux exigences d’une économie circulaire.
Né d’un partenariat entre IBL Energy et Green Create Holdings Ltd, Energie des Mascareignes transforme la charge organique des effluents industriels de Princes Tuna Mauritius (PTM) et de Marine Biotechnology Products (MBP) en biogaz. Autrefois considérées comme un déchet – qui plus est complexe à traiter – les eaux de cuisson constituent aujourd’hui une ressource valorisée.
Transférées à Énergie des Mascareignes, elles sont stockées avant d’être envoyées dans un méthaniseur. À l’intérieur, en l’absence d’oxygène, des bactéries consomment la matière organique. Ce processus naturel biologique produit du biométhane. « Le biogaz est renvoyé vers les usines, où il est utilisé pour alimenter les chaudières. Hybrides, celles-ci peuvent fonctionner à la fois au biométhane et au fioul lourd. La production d’EDM couvrira à terme plus de 50% des besoins de PTM et de MBP », explique Joshua Desjardins, Business Development Manager d’IBL Energy.
Grâce à ses installations, EDM possède une capacité de production de biogaz de 15 120 m3 par jour. L’effluent en sortie du méthaniseur – appelé digestat – est également valorisé grâce à un traitement biologique en deux étapes. « La première consiste à éliminer le phosphate, alors que la deuxième a pour objectif d’extraire l’ammoniaque à travers un apport d’air important. Ce n’est qu’après ce processus que l’eau est rejetée dans le réseau de tout-à-l’égout », souligne Yavinash Patny, Plant Manager chez EDM.
En sus de produire une source d’énergie propre, EDM permet également de traiter les effluents selon les standards de qualité en vigueur et d’assurer qu’ils ne représentent aucun danger pour les écosystèmes. C’est lors de l’étape biologique de déphosphatation qu’un biofertilisant agricole appelé struvite est produit. « Cet engrais est actuellement en phase de test et de certification. Sa commercialisation est prévue d’ici un an », poursuit Joshua Desjardins.
Grâce à ce projet, l’impact environnemental de deux usines (PTM et MBP) est amélioré à deux niveaux. « Il y a tout d’abord le traitement des déchets, qui est moins chargé au moment d’être rejeté, et ensuite la substitution de l’huile lourde par le biométhane. Cela va non seulement réduire leur dépendance aux énergies fossiles, qui sont de surcroît importées, mais aussi leurs émissions de CO2. Le résultat est donc extrêmement positif en termes de bilan carbone », fait-il ressortir.
La construction de cette unité de méthanisation a été financée sous le programme SUNREF, label de finance verte de l’Agence française de développement avec l’appui de l’Union européenne. Avec sa mise en opération, EDM devient le dernier maillon essentiel d’une chaîne de valeur industrielle vertueuse.

