Le Central CID a convoqué Alain Malherbe hier où il a été interrogé Under Warning dans le sillage de la diffusion de certains messages sur Facebook au sujet de la Mauritius Ports Authority (MPA). Ce membre du parti Travailliste (PTr), très actif contre le gouvernement sur les réseaux sociaux, était accompagné de Me Shakeel Mohamed pour les besoins de cette convocation.
La police lui reproche d’avoir enfreint la section 46 (h) de l’Information & Communication Technology Act (ICTA). Elle estime que les informations diffusées peuvent porter atteinte à la paix publique et à la sécurité du pays. Alain Malherbe a fait état sur Facebook des cas de mauvaise gestion au sein du MPA.
Au début de l’interrogatoire, Me Mohamed a demandé aux enquêteurs de chercher un avis légal sur cette section de la loi avant de procéder à l’interrogatoire de son client. Mais, l’équipe de l’ACP Armoogum ne partageait pas cet avis et devait débuter l’interrogatoire. Les limiers sont en possession d’un rapport interne de la MPA datant du 26 mai 2023 contenant des informations de nature confidentielle. Ils ont voulu savoir auprès d’Alain Malherbe s’il a reçu une copie de ce rapport par l’entremise d’Aruna Bunwaree-Ramsaha, ex-directrice générale de la MPA.
Le principal concerné n’a pas souhaité répondre et devait faire comprendre au CCID qu’il fait valoir son droit constitutionnel au silence. Néanmoins, la police a poursuivi avec ses questions en demandant à Alain Malherbe si c’est le député Arvin Boolell ou Me Rama Valayden de Linion Pep Morisien (LPM) qui lui ont fait part de ces informations.
À un moment donné, le Central CID a même évoqué le nom de Prakash Maunthrooa, ex-Senior Advisor au bureau du Premier ministre, pour savoir s’il serait le Whistleblower. Mais, Alain Malherbe a campé sur sa position. À la fin de son interrogatoire, la police a mené une perquisition à son domicile.
Me Mohamed avance que son client a gardé le silence car « nous estimons que cette section de la loi n’est pas applicable dans cette circonstance car Alain Malherbe n’a fait qu’exprimer ses opinions. En plus, on tente de l’empêcher de dire la vérité sur un organisme public qui tombe sous la responsabilité du bureau du Premier ministre ».
Il poursuit que « dans une démocratie, la vérité doit être connue quand il s’agit de fonds publics. À aucun moment la police n’a dit que les informations publiées sur Facebook sont fausses ».
Le Central CID décidera de la suite à être donnée à cette enquête prochainement.

