Réagissant au projet de la Mauritius Export Association (MEXA), en collaboration avec l’International Organisation for Migration (IOM) en vue d’établir un code de conduite pour guider les entreprises locales dans le recrutement et le traitement des travailleurs étrangers, le syndicaliste Fayzal Ally Beegun dit “accueillir très favorablement cette initiative.”
Il explique : “cela fait plus d’une trentaine d’années que Maurice fait appel, sur une base constante et régulière, à des travailleurs étrangers. Ces hommes et femmes contribuent pleinement à l’économie de notre pays. Aussi, l’élaboration d’un tel code de conduite, de surcroît réalisé par la MEXA, de concert avec l’IOM, est totalement bienvenue.”
Néanmoins, fait-il remarquer : “ je souhaite attirer l’attention du ministre Soodesh Callichurn, qui chapeaute ce secteur. N’est-il pas grand temps, en 2023, dans un pays qui se targue d’être en avance sur nombre de pays de la région Africaine, et qui se flatte d’avoir des provisions légales avant-gardiste et modernes, de revoir la définition des Board Disciplinaires ?”
Le syndicaliste appuie son argument sur le fait que “ces Board Disciplinaire, dans des usines comme dans nombre d’entreprises, qu’il s’agisse des travailleurs étrangers comme les Mauriciens, opèrent comme des Cours de justice ! Par cela, je veux dire que l’employé se retrouve esseulé, avec soit un représentant syndical ou un homme de loi, s’il a les moyens de s’en procurer. Sinon, c’est un inspecteur envoyé par le ministère du Travail. Et en face, le patron a ses superviseurs et ses délégués de la direction, dont le directeur des ressources humaines, de même que ses hommes de loi, qui, dans la majeure partie des cas, seront en faveur du patronat. Là déjà, la bataille est inégale.”
Fayzal Ally Beegun affirme qu' »il y a, évidemment, des manquements, pour qu’un patron doive faire appel à un Board disiplinaire. Je conçois que la faute doit être plutôt grave pour en arriver là. Mais je sais que dans certaines entreprises, des employés sont convoqués pour un rien. Il leur est reproché, par exemple, d’avoir mal apposé une poche ou une étiquette dans les endroits convenus. Est-ce que reprendre l’employé, lui demander de corriger sa faute ne représentent pas de meilleures alternatives que de lui coller direct un Board disciplinaire ? Mo konpran si employe la persister, malgre bann warning, ek refer tou kout mem fot, la kan mem se grav.”
Le syndicaliste estime qu’il est “grand temps de revoir la définition de ce panel. Quand un employé apprend qu’il est convoqué devant ce board, son calvaire débute. Déjà, il sait qu’à 99%, il a déjà perdu son emploi : c’est un stress majeur, surtout dans la conjoncture économique actuelle, post-Covid-19, avec la flambée des prix. Il ne faut pas oublier que ces personnes sont les Bread Earners de leurs familles.”
Il continue : “dans la majeure partie des cas, quand un employé arrive à ce stade, il est rarement réintégré. Sa vie familiale en prend un sacré coup, lui-même, il arrête de vivre et de manger convenablement, il dort à peine… Bref, so lavi vinn margoz.” Le syndicaliste est d’avis qu’«’il y a d’autres moyens, de nos jours, de régler ces problèmes. Par exemple, pourquoi ne pas Involve une unité du ministère du Travail, qui aurait un regard neutre et indépendant ? Cela réconforterait dans une certaine mesure l’employé. »
Le syndicaliste conclut en souhaitant que “de nouvelles avenues de collaboration soient dégagées, avec la participation de tous les partenaires, pour le bien de tous impliqués dans le travail. Notre économie a besoin de ressources humaines. Et c’est elle notre principale matière première. Sachons bien la traiter et investir en elle pour une productivité optimale.”
Une ressortissante du Bangladesh porte plainte
Fayzal Ally Beegun dénonce “un cas grave d’abus de pouvoirs de la part d’un employeur envers une ressortissante du Bangladesh. Celle-ci a fini par écrire une lettre au ministre Soodesh Callichurn, et a fait parvenir une copie de sa missive à l’ambassade de son pays à Maurice. Elle y fait état de divers types de maltraitances qu’elle subirait.
J’ai personnellement eu vent de cette affaire, il y a quelques jours, déjà, mais je n’avais pas encore compilé toutes les informations. Or, cet employeur, qui est en fait, une femme, gérante d’un salon de massage, a pris personnellement contact avec moi, me posant des questions. Et quand j’ai évoqué, avec elle, le cas spécifique, elle m’a fait comprendre qu’elle connaît personnellement le ministre du Travail, chez qui, dit-elle, elle se rend fréquemment. Li dir mo vwazin sa, souvan mo ale kto li.
Et elle a cité également le nom du ministre Ganoo, avec qui elle dit avoir ‘d’excellentes relations’, pour reprendre ses propres mots.’” F. A. Beegun estime que “si des employeurs se permettent d’appeler des syndicalistes et de leur faire savoir qu’ils entretiennent des relations avec des politiciens, je trouve cela très néfaste et inconcevable ! Je demande au ministre Callichurn, pour qui j’ai du respect car nous collaborons sur de multiples dossiers, de prendre connaissance de cette affaire, et de la résoudre au plus vite.”

