Lutte contre les crimes financiers : Poste taillé sur mesure à la FCC pour Navin Beekarry de l’ICAC

Tout candidat à ces fonctions tant convoitées « must have served in an anti-corruption body at a senior level acceptable to the Prime Minister… »

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Avec l’annonce par le ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance, Mahen Seeruttun du 5 août à l’effet que le projet de loi pour l’institution d’une Financial Crime Commission est prêt avec des débats à la prochaine rentrée parlementaire, le choix du patron de cette institution fait jaser. Cet Apex Body chapeautera toutes les institutions financières du pays, notamment l’Independent Commission against Corruption (ICAC), la Financial Intelligence Unit (FIU) ou encore l’Integrity Reporting Services Agency (IRSA). Durant ces dernières semaines, le sentiment dans les milieux informés est que l’actuel directeur général de l’ICAC, Navin Beekarry, est le grand favori pour gérer cette nouvelle entité.

Les dispositions arrêtées confirment que pour le poste de directeur général de la FCC, le principal concerné serait en effet nommé par le président de la République, agissant sur la recommandation du Premier ministre, après que ce dernier a consulté au préalable le leader de l’opposition. Visiblement, dans les milieux des Stakeholders qui sont consultés ces jours-ci, en ce qui concerne le mécanisme de cet Apex Body, le sentiment qui se dégage est que le directeur général de l’ICAC, Navin Beekarry, serait en bonne position pour être le patron de la FCC.

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Une affirmation qui se base notamment sur le profil recherché pour ce Hot Seat, soit en prenant en compte les qualifications et autres expériences professionnelles du postulant. Une ébauche du projet de loi, tel que circulé en haut lieu à l’Hôtel du Gouvernement, pour les besoins des consultations qui sont en cours, met en avant que « the Director General  shall be a person who : (e) has served in an anti-corruption body at a senior level acceptable to the Prime Minister and has wide knowledge and experience at national and international level in the field of financial crime ».

Ce critère, selon des milieux avisés, mettrait Navin Beekarry en posture d’imbattable. En poste à l’ICAC depuis juillet 2016, il a vu son contrat de cinq ans renouvelé pour un nouveau mandat en 2021, et qui devrait de fait prendre fin en juillet 2026. Le directeur général de l’ICAC avait précédemment rejoint la commission en 2002 et y était resté jusqu’en 2005, avec le retour au pouvoir du Parti travailliste et Navin Ramgoolam comme Premier ministre.

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Il a par la suite, selon les informations disponibles à son sujet sur le site Web de l’ICAC, travaillé au Fonds monétaire international de 2005 à 2008. Navin Beekarry a également été à la George Washington Law School et il a eu l’occasion d’effectuer des recherches et d’enseigner la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent, la confiscation d’actifs et autres problèmes interconnectés dans une perspective globale. Raison pour laquelle, entre autres, il est donné favori pour le poste.

Surtout en prenant en compte le choix des mots dans le projet de loi qui préconise que le candidat au poste de directeur général de la FCC devrait avoir « a wide knowledge at national and international level ». Autres critères du profil recherché : que la personne qui sera nommée à la tête de la FCC soit au même niveau qu’un juge de la Cour suprême, ait servi comme magistrat pour une période de pas moins de dix ans, ait été (ou est toujours) un « practising barrister or a law officer » pendant pas moins d’une décennie, entre autres.
Ainsi,le 5 août dernier, le ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance avait fait comprendre que la FCC aura pour mandat d’assurer une meilleure coordination dans la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption. « Depi enn sertin tan nou finn anonse ki nou pe travay lor enn nouvo proze delwa ki pou revanp bann investigasion lor bann krim finansie. Depi dezane finn ena plizier proze delwa ki finn pase, me ena enn mank kordinasion. FCC pou permet amenn efikasite dan bann lanket », avait-il soutenu.

Il avait rappelé les différentes lois apportées depuis 2002, notamment la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act, la Prevention of Corruption Act (PoCA), l’Asset Recovery Act en 2011 ou encore la Good Governance and Intergrity Reporting Reporting Act, en 2015.

« Le fe ki ena diferan institision, ena enn mank kordinasion. Ena travay an izolasion ek pa donn rezilta ki bizin », avait laissé entendre le ministre de tutelle. « Se pour sa nou pe vinn ek sa pou met enn institision ki kapav anglob tou sou enn sel twa. FCC pou enn apex agency kot bann krim finansie, lie a bann ofans trafik ladrog, blansiman, frod, li pou ankete par sa nouvo komision-la », avait-il fait ressortir.

Cette course pour le poste suprême de la FCC avait récemment mis en relief un duel à distance entre l’ICAC et la FIU, notamment avec l’affaire Franklin. Les deux institutions s’étaient embrouillées en ce qui concerne le Tracking de Jean Hubert Célérine, le présumé Roi de l’Ouest, et l’enrichissement inexpliqué de ce dernier.

Après l’éclatement de l’affaire, les officiers de Navin Beekarry et ceux de la directrice de la FIU, Carine Charlette-Katinic, s’étaient livrés dans une opération Pas Boul en ce qui concerne le suivi depuis ces dernières années de Franklin et de sa bande.

L’ICAC de Navin Beekarry traîne le boulet d’outil politique, pour ne pas dire une perception d’une réputation de Dhobi Deklas du pouvoir, au vu des traitements accordés à plusieurs Highly Politically Sensitive Cases, notamment le rôle que la commission anti-corruption a joué dans les affaires MedPoint au Privy Council, Euroloan, Bet365, Emergency Procurement sous l’ère Covid-19, Angus Road Saga, l’affaire Kistnen et ses contrats, ou encore plus récemment la Black Label & Stag Party à Grand-Bassin.
Affaire à suivre…

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