La première réunion de la commission mixte de l’accord de libre-échange (ALE) Maurice-Chine s’est déroulée, hier , au Caudan Arts Centre, à Port-Louis. Un document quant aux procédures établissant la commission a été signé par Narainduth Boodhoo, directeur des services commerciaux aux Affaires étrangères et Han Yong, directeur du département chinois responsable des Affaires au regard de l’Organisation Mondiale du Commerce. Pour sa part, au nom du gouvernement, le secrétaire aux Affaires étrangères, Joyker Nayeck, a affirmé que tout le potentiel de l’accord de libre-échange entre les deux pays n’a pas encore été exploité pleinement. L’ambassadeur de Maurice auprès de la République Populaire de Chine, Alain Wong Yen Cheong et son homologue chinois, Liying Zhu étaient présents à la cérémonie d’hier.
La commission mixte de l’accord de libre-échange – composée de hauts fonctionnaires de gouvernements des deux pays – vise à assurer le fonctionnement et la mise en œuvre efficace de l’accord et de tout autre instrument juridique conclu ou à conclure dans le cadre de celui-ci. Le secrétaire aux Affaires étrangères a mis en avant que cette première réunion de la commission mixte fera date dans l’histoire des relations commerciales et économiques entre Maurice et la Chine. Il a rappelé que l’ALE – qui est entré en vigueur le 1er janvier 2023 – est le premier accord commercial du genre à être signé par la Chine avec un pays d’Afrique.
« L’ALE a établi des conditions transparentes et prévisibles pour renforcer le commerce, les investissements et la coopération économique entre nos deux pays, tout en offrant une garantie institutionnelle plus solide pour l’approfondissement des relations bilatérales », a-t-il déclaré. Il a indiqué que la réunion doit examiner un large éventail de questions liées au processus de mise en oeuvre de l’ALE, à savoir l’exportation de sucre, d’ananas et de litchis vers la Chine ; la mise en application du chapitre sur la coopération économique de l’accord; le flux d’investissements; les accords de reconnaissance mutuelle ainsi que les questions liées à la propriété intellectuelle.
Il s’est penché sur les produits de la pêche – qui constituent également l’un des principaux intérêts d’exportation de Maurice vers la Chine –, soulignant qu’un projet de protocole doit être finalisé afin que son entrée en vigueur n’en facilite l’exportation.
« L’accord de libre-échange Maurice-Chine porte les relations bilatérales vers de nouveaux sommets », s’est appesanti Joyker Nayeck. Il a cependant avancé que tout son potentiel n’a pas encore été pleinement exploité. La Chine est la plus grande source d’importations pour Maurice, avec 16,1% provenant de ce territoire en 2022. Il a également révélé que depuis l’entrée en vigueur de l’ALE, les exportations préférentielles de Maurice vers la Chine se sont élevées à 15 millions de dollars.
Par ailleurs, le secrétaire aux Affaires intérieures a salué l’initiative Neuf Programmes à la lumière de la Vision de coopération sino-africaine 2035 ainsi que la forte collaboration entre la Chine et les pays africains pour rendre opérationnels les Neuf Programmes dans des secteurs tels que la promotion du commerce, l’agriculture, l’investissement et l’innovation numérique.
Centre manufacturier régional
Le secrétaire aux Affaires étrangères a réitéré l’invitation de Maurice à la Chine à utiliser l’île comme centre manufacturier régional pour produire des biens destinés à être exportés vers ses marchés préférentiels en Afrique, à savoir la zone de libre-échange continentale africaine et les zones de libre-échange du COMESA et de la SADC.
Pour sa part, l’ambassadeur de Chine, Liying Zhu, avance que les 51 années de relations diplomatiques entre Maurice et la Chine ont été témoins d’un soutien politique mutuel croissant sur les questions d’intérêt et du renforcement des relations économiques. « Maurice bénéficie de l’avantage d’une position géographique solide, de facilités financières, d’une attractivité en matière d’investissements internationaux et d’une ouverture économique. Quant à la Chine, elle poursuit sa politique de modernisation et d’ouverture », fait-il comprendre.
L’ambassadeur a souligné l’importance de l’organisation de cette réunion de la commission mixte pour faire le point sur les résultats de l’accord de libre-échange au cours des trois dernières années et préparer un avenir meilleur. Il s’est dit convaincu qu’une nouvelle feuille de route ambitieuse et pratique sera élaborée en vue d’un nouvel élan à cet accord.
Pour sa part, Narainduth Boodhoo a déclaré que d’autres secteurs prioritaires, tels que l’économie bleue et les énergies renouvelables, ont été inclus dans l’ALE vers un système économique adéquat. Il a évoqué l’investissement et la coopération économique, tout en faisant ressortir la nécessité de mettre à exécution l’ALE afin de libérer le potentiel de développement des autres pays.
Plus grand partenaire…
Pour sa part, le directeur du département chinois responsable des affaires concernant l’OMC, Han Yong, se félicite du fait que la Chine soit le plus grand partenaire commercial de Maurice. Pour les deux dernières années, malgré la pandémie de Covid-19, le volume du commerce bilatéral de la Chine est passé de 726 millions de dollars en 2020 à plus d’un milliard de dollars en 2022, soit une progression de 38,6%.
D’après lui, la mise en œuvre de l’ALE apportera des résultats fructueux, de nouvelles opportunités, et insufflera une impulsion à la croissance du commerce bilatéral et de la coopération économique entre les deux pays.
L’ALE Maurice-Chine – en vigueur le 1er janvier de cette année – a été signé le 17 octobre 2019 à Pékin. L’accord couvre quelque 8 547 lignes tarifaires chinoises et 6 375 lignes tarifaires mauriciennes, notamment dans les domaines des marchandises, du commerce des marchandises et des services, de l’investissement, de la coopération économique, du règlement des différends, du commerce électronique, de la politique de concurrence, des droits de propriété intellectuelle, des barrières techniques au commerce, des mesures sanitaires. et les mesures phytosanitaires et les dispositions juridiques.

