Economie – Comité conjoint public–privé : Le GM préconise une table ronde  pour s’attaquer à la Brain Drain

Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a, à l’issue de la réunion du comité conjoint public-privé, vendredi, proposé l’idée de la tenue d’une table ronde sur les conditions d’emplois des cadres intermédiaires dans le secteur privé. « Une table ronde consacrée au départ des cadres intermédiaires pour l’étranger permettrait aux parties de prendre la mesure de ce problème et de réfléchir sur les solutions susceptibles d’inciter ces cadres professionnels à rester à Maurice »,dit-il à cet effet.

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La septième rencontre de cette instance conjointe est organisée par Maurice Stratégie, l’Economic Development Board et le secteur privé représenté par Business Mauritius. Elle a bénéficié de la participation des hauts du ministère des finances et des représentants des différentes institutions du secteur privé. Dans une déclaration à la presse, Renganaden Padayachy a expliqué que le principal défi qui a émergé concerne l’emploi dans les entreprises dans tous les secteurs d’activités économiques.

« Nous continuons dans le processus en vue trouver des solutions et apporter des solutions pratiques afin de maintenir le tempo d’avoir un taux de croissance élevé. Il s’agit de trouver des solutions susceptibles d’éliminer tous les blocages éventuels tout en sachant que dans un moment de reprise il y a des éléments qui peuvent être hors de notre contrôle », a-t-il fait comprendre.

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Invité à commenter la fuite des cerveaux qui semble s’accentuer ces dernières années, le ministre a remis en cause le problème de Brain Drain qui, selon lui, est un terme qui est à la mode sans que personne ne puisse donner une justification chiffrée à ce problème. Il note également que le taux de chômage a enregistré une baisse substantielle ces derniers temps.

Il est d’avis que le fait avec des jeunes tentant leurs chances ailleurs dans des pays où leurs salaires peuvent être multipliés par quatre ou cinq fois n’est pas nouveau. A cela s’ajoute le problème de décroissance démographique qui fait que moins de jeunes quittent aujourd’hui les institutions secondaires. Il est revenu sur les mesures prises pour encourager les femmes à entrer sur le marché du travail tout en s’assurant que les enfants bénéficient de l’encadrement nécessaire.

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Le ministre des Finances concède toutefois que ce problème touche essentiellement le secteur financier où les cadres sont recrutés par les centres financiers internationaux dont le Luxembourg.

« Le secteur financier a la capacité pour retenir les emplois car c’est un des secteurs les plus profitables du pays.  Il revient aux entreprises y opérant de faire le nécessaire  que les conditions d’emplois soient les plus attrayantes possibles. Le gouvernement a mis en place le cadre légal et économique mais le secteur privé doit faire les efforts nécessaires et prendre des actions appropriées. Parfois un dialogue avec les employés concernés et la prise en compte de la situation peut changer la donne. Le plus important est que les profits qui sont en hausse doivent être distribués de manière plus équitable », prévient-il.

Toujours concernant l’emploi, le Grand Argentier cite le cas d’une des plus importantes banques du pays, réalisant des profits considérables mais éprouvant des difficultés pour recruter parce que le niveau des salaires proposés n’est nullement intéressant.

Il a aussi parlé de la situation dans l’industrie touristique et rappelle le soutien accordé à ce secteur pendant les moments difficiles qui ont prévalu durant la période de la pandémie du Covid-19. Il affirme que maintenant que les touristes sont revenus et que les recettes touristiques sont en hausse, il ne faut pas que les fonds ainsi générés soient canalisés uniquement dans de nouveaux investissements.  Il faut également prendre en compte les conditions de travail des employés et créer les moyens nécessaires pour les récompenser et les encourager.

Le ministre des Finances a fait le constat que beaucoup de jeunes viennent solliciter l’aide des ministres et députés pour obtenir des emplois dans le secteur public et parapublic parce qu’ils recherchent la sécurité d’emploi car dans le secteur privé ils peuvent être renvoyés du jour au lendemain.

« Il faut donner une stabilité de travail aux employés. Une entreprise doit pouvoir rassurer ses employés et les encourager à prendre racine », a-t-il dit.  À une remarque de la presse à l’effet que les lois du travail facilitent le renvoi des employés, il trouve que « c’est une raison pour revoir ces législations ».

Commentant la situation économique, le ministre des Finances s’appuie sur les analyses de Maurice Stratégie prévoyant une croissance économique au-delà de 7 % pour cette année. « Nous travaillons pour faire en sorte que nous réussissons à atteindre cet objectif.  Nous continuons à oeuvrer pour éliminer les blocages et pour voir comment améliorer le climat des affaires »,fait-il ressortir.

Quant à l’inflation, le ministre souligne que la Banque de Maurice prévoit un taux dans la fourchette de  6 à 7%. Il rappelle que l’inflation est en partie importée et en partie due aux pénuries de certains produits et est donc liée à l’offre et à la demande. Il est revenu sur les mesures concrètes prises pour soulager la population à travers des subsides et des compensations salariales élevées.

Jean Pierre Dalais, président de BM:

« Nécessité urgente d’attirer les talents »

Interrogé par la presse, Jean Pierre Dalais, président de Business Mauritius, a affirmé que la réunion du comité conjoint privé-public a été très positive. « Toute la communauté des affaires a pu s’exprimer par rapport aux défis auxquels elle est confrontée, soit le manque de talents. Nous avons besoin d’avoir une ouverture du pays de ce côté au plus vite. Il est urgent d’avancer le plus vite possible », a-t-il dit en rappelant que les autorités sont conscientes de cet enjeu.

Jean Pierre Dalais a précisé que tous les secteurs sont concernés. Au sujet des efforts que font les entreprises privées pour retenir les talents, il a affirmé que  le secteur privé s’est déjà engagé dans cette voie. « Nous continuerons à le faire et assurer la formation. Nous sommes dans un monde où les talents sont très demandés au niveau international même les talents mauriciens sont attirés vers l’étranger. Pour le secteur privé, c’est critique qu’il y ait cette ouverture pour attirer les gens chez nous. Cela fait partie de notre histoire de notre développement économique », a-t-il ajouté.

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