La robotisation comme solution à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier. C’est ce qu’a prôné le ministre du Développement industriel; Sunil Bholah. À quel point cette proposition constitue-t-elle vraiment une solution ? Les entreprises en ont-elles les moyens ? Est-ce réalisable dans l’immédiat ? De manière plus large, comment l’intelligence artificielle (IA) est-elle susceptible d’impacter le futur des métiers à Maurice ?
Arvin Halkhoree, avocat spécialisé en Techonology, Media and Telecommunications et Chief Legal and Compliance Executive au sein du Rogers Group, est d’avis que la robotisation est un atout majeur pour une productivité accrue dans certains secteurs avec une prestation 24/7 et une qualité constante. S’il concède que cela représente un investissement initial important, sur le long terme, en revanche, « c’est un investissement recouvrable car les coûts de production seront ramenés à la baisse ».
Tout en se disant favorable à une adoption progressive de l’IA comme un complément à ce que peut faire l’humain, il souligne l’importance d’effectuer une analyse de l’impact social que l’IA aura sur le travail et de concevoir à partir de là une politique d’accompagnement et de reconversion des employés. Il rassure en disant que malgré l’ampleur de l’IA, « il restera nombre de tâches où l’humain sera préféré ».
Mubarak Sooltangos, Marketing and Strategy Consultant, abonde pratiquement dans le même sens, estimant que la robotisation est devenue « un impératif dans notre pays, où la productivité de la main-d’œuvre ne cesse de baisser ». Il nuance toutefois en montrant que si l’idée d’avoir recours à la robotisation est louable, elle demeure « une mesure Piecemeal qui est déconnectée de l’ensemble et qui ne peut pas faire cavalier seul. » S’il concède que la technologie conduit au jobless growth, c’est, dit-il, un effet secondaire immuable. « La solution se trouve dans la réorientation des employés en surnombre vers d’autres secteurs demandeurs de main-d’œuvre. »
Pour Reaz Chuttoo, porte-parole de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP), la robotisation et la digitalisation ne sont que « des mots bons à entendre mais ce n’est pas un interrupteur qu’il suffit d’allumer pour avoir de la lumière » et « cela coûte une fortune ». Il ajoute que très peu de pays au monde, à ce jour, ont pu pallier la pénurie de main-d’œuvre par des robots. « Est-ce pour demain vraiment ? »
Le syndicaliste considère que le pays n’est pas dans une situation où « l’IA est en train de créer une catastrophe ». Il ajoute: « il faut former les Mauriciens pour s’adapter dans ce monde en évolution. Malheureusement, tel n’est pas l’agenda politique. Les parlementaires épousent tous cette tendance de laisser partir les Mauriciens car les étrangers sont “cheap” et ne prendront pas leur retraite à Maurice même s’ils payent la taxe sur chaque chose qu’ils achètent. »
ARVIN HALKHOREE (AVOCAT) :
« Un atout majeur pour une productivité accrue »
La pénurie de main-d’œuvre demeurant un obstacle majeur pour la croissance économique, le ministre du Développement industriel préconise le recours à la robotisation et la digitalisation dans le secteur manufacturier. Qu’en pensez-vous ?
Je pense certainement que la robotisation est une stratégie pour pallier cette pénurie de main-d’œuvre. De nombreuses entreprises ont adopté la robotisation et la digitalisation avec succès. Pour des filières comme le secteur manufacturier où il y a des tâches répétitives, je pense que la robotisation est mieux placée à le faire. De manière plus générale, non seulement pour pallier à cette pénurie de main-d’œuvre mais comme les robots et les machines tournent 24/7, il n’y a pas d’interruption et pas de fatigue comme pour les humains.
Pour moi, il s’agit d’un atout majeur pour une productivité accrue. On peut fournir une prestation 24/7 avec une qualité constante et presque zéro erreur. Quant aux humains, la qualité de leur travail, à un moment donné, peut commencer à dégringoler. Donc, pourquoi pas aller vers la robotisation et même la digitalisation ?
La mise en œuvre de l’IA a toutefois un coût, ce qui freine son adoption par les entreprises. Les entreprises mauriciennes qui se mettent à l’IA, voyez-vous cela venir pour de sitôt ?
Effectivement, cela a un investissement initial assez important et ce n’est pas donné à toutes les compagnies. En revanche, je pense que sur le long terme, c’est un investissement recouvrable car les coûts de production seront ramenés à la baisse. Cela peut se faire de manière graduelle et non pas en se débarrassant de tout ce qu’on a pour les remplacer avec un tout nouveau système. Cela peut se déployer de manière progressive.
Outre le secteur manufacturier où la robotisation conviendrait aux tâches répétitives, quels autres secteurs s’adapteraient bien à l’IA ?
Si on prend le cas de Maurice, l’IA pourra certainement aider dans le secteur agro-alimentaire, le service financier et la Compliance Industry. Au niveau international, nous voyons déjà des entreprises utilisant l’IA pour offrir des solutions dans le domaine financier, de la conformité et même dans le tourisme. Avec une clientèle de plus en plus exigeante, l’IA et le Big Data peuvent aider à mieux répondre aux attentes des touristes. Nous ne sommes pas en train de réinventer la roue à Maurice.
Avec toutes les données que nius avons sur la terre, l’environnement et le climat, l’IA a cette capacité surhumaine d’analyser toutes les données en très peu de temps. Pour moi, donc, il existe pas mal de secteurs où l’IA peut être déployée, mais avec une adoption progressive.
L’IA vient comme un complément. Souvent, je fais l’analogie avec la calculatrice qui a été inventée il y a très longtemps. Quand la calculatrice est arrivée, cela n’a pas mis un terme au travail de tous les comptables et mathématiciens et non plus à l’effort mental des humains. Mais cela a été une aide complémentaire à ce que l’humain fait déjà.
D’après une étude de l’OCDE- ESSEC Metalab for Data, Technology and Society, menée en 2022, portant sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le travail, 80% des utilisateurs interrogés, issus de 2 053 entreprises dans les secteurs de la finance, l’assurance et la production de sept pays (France, Allemagne, Autriche, Canada, États-Unis, Irlande, Royaume-Uni), déclarent que l’IA a amélioré leurs performances contre 8% qui pensent qu’elle les a aggravées. 19% des salariés du secteur de la finance et 14% de ceux de l’industrie manufacturière ont affiché une peur de perdre leur emploi dans la décennie à venir. Comment voyez-vous évoluer les choses à Maurice ?
C’est une peur qui est très légitime. Alvin Toffler disait : “the illiterate of the 21st century will not be those who cannot read and write, but those who cannot learn, unlearn and relearn.” Le changement est la seule certitude à l’ère où nous vivons aujourd’hui.
Avec les évolutions, certainement, au niveau des métiers, nous serons appelés à une reconversion professionnelle constante. Notre capacité à manœuvrer dans ce monde VUCA (Vulnerability, Uncertainty, Complexity and Ambiguity) sera constamment sollicitée. Il faudra trouver des opportunités dans l’incertitude. La nature du travail changera certainement. L’humain sera appelé à effectuer un High Value-Added Work au lieu de ne faire que du travail répétitif.
Par exemple, l’humain sera appelé à développer des logiciels pour les robots, à programmer et gérer ces systèmes informatiques, faire la maintenance, etc. Il y aura certes des pertes d’emploi. Il est important d’analyser l’impact social que cela aura et d’avoir une politique d’accompagnement et de reconversion. Si nus viulons toujours être employables, il faudra se demander quelle est cette compétence que nois pouvons développer pour être toujours Relevant”.
Le directeur académique de Metalab a précisé que « peu importe à quel point l’IA est avancée dans une organisation, il y a ce sentiment partagé que certaines tâches seront toujours mieux exécutées par des humains, comme celles impliquant de l’empathie, de l’interaction sociale et certaines prises de décision impliquant des ressources humaines »…
Je suis totalement d’accord. Malgré l’ampleur de l’IA, il restera bon nombre de tâches où l’humain sera préféré. L’empathie et la communication émotionnelle resteront primordiales chez les professionnels de santé par exemple.
Même si des robots assistent les médecins, le patient aura besoin d’une personne pour le réconforter. Idem pour les travailleurs sociaux ; pour l’accompagnement des bébés dans les crèches où l’émotionnel et la relation interpersonnelle joueront toujours un rôle très important. L’humain sera préféré.
Pensez-vous qu’une combinaison de l’IA et du maintien d’un personnel pour une performance optimisée pourrait être privilégiée ?
Absolument. Pour moi, l’IA vient complémenter l’humain qui doit certes s’adapter à l’environnement en constante évolution et se reconvertir perpétuellement pour trouver quelle est cette compétence spéciale qu’il pourra développer pour être toujours relevant.
Mais, l’IA peut lui apporter un soutien énorme dans son travail. La robotisation peut analyser une quantité phénoménale de données. Ce n’est pas à l’humain de faire ce travail répétitif. Lui, peut apporter de la valeur ajoutée.
MUBARAK SOOLTANGOS:
« La robotisation est devenue un impératif dans notre pays »
La pénurie de main-d’œuvre demeurant un obstacle majeur pour la croissance économique, le ministre du Développement industriel préconise le recours à la robotisation et la digitalisation dans le secteur manufacturier. Qu’en pensez-vous ?
La robotisation est devenue un impératif dans notre pays où la productivité de la main-d’œuvre ne cesse de baisser. Cela, couplée au fait que les gens veulent travailler moins et gagner plus, ce qui n’est pas pour favoriser la croissance. La dernière proposition en date, celle de réduire la semaine active à quatre jours de travail complète le tableau, sans compter la pratique des taux d’intérêt élevés qui, par nature, sont un frein à la croissance.
L’idée d’avoir recours à la robotisation dans la situation actuelle est louable, mais elle demeure une mesure Piecemeal qui est déconnectée de l’ensemble et qui ne peut pas faire cavalier seul. Elle viendra résoudre un problème sectoriel, sans s’insérer dans une politique globale, qui n’est elle-même pas assez solidement structurée pour favoriser la croissance.
D’après les statistiques, 232 “Export-Oriented Enterprises” emploient 36 100 personnes dont 16 261 expatriés. Que deviendraient ces employés avec la robotisation ?
Il faut être positif et ne pas penser aux problèmes en premier lieu par opposition à l’utilité des solutions proposées. Nous avons diagnostiqué le mal, qui est un manque de main-d’œuvre. Il faut maintenant aller aux sources du mal pour en connaître les causes, et j’en ai déjà énuméré deux plus tôt.
Il semblerait que la difficulté de trouver des locaux à embaucher découle d’un problème d’attitude qui devient structurel, donc difficile à déraciner. Le recours à l’automatisation va dans le bon sens, et il s’agit de trouver une solution au problème éventuel de surnombre de personnel dans certaines entreprises.
Puisque le manque de main-d’œuvre semble être général, il faudrait essayer de réorienter les employés qui perdront leurs emplois, au prix d’un investissement dans la formation s’il le faut, pour que ces employés s’adaptent à un nouvel emploi. Par ailleurs, il y a un réservoir d’employés expatriés que nous pouvons pour faire de la place aux locaux qui veulent travailler. L’avantage d’avoir de la main-d’œuvre étrangère est que celle-ci travaille sur la base d’un contrat à durée déterminée qui peut ne pas être renouvelé.
D’après une étude de l’OCDE- ESSEC Metalab for Data, Technology and Society, menée en 2022, portant sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le travail, 80 des utilisateurs interrogés, issus de 2 053 entreprises dans les secteurs de la finance, l’assurance et la production de sept pays (France, Allemagne, Autriche, Canada, États-Unis, Irlande, Royaume-Uni) déclarent que l’IA a amélioré leurs performances contre 8% qui pensent qu’elle les a aggravées. 19% des salariés du secteur de la finance et 14% de ceux de l’industrie manufacturière ont affiché une peur de perdre leur emploi dans la décennie à venir. Comment voyez-vous évoluer les choses à Maurice ?
Il ne faut pas confondre entre automatisation, digitalisation et IA. Les deux susnommées ont déjà fait leurs preuves dans le monde et peuvent répondre à nos besoins à un prix abordable. Elles conviennent aux industries légères qui constituent notre tissu productif et on peut les introduire à plus ou moins brève échéance.
L’IA, par contre, est encore au stade de développement et le produit fini sera bien au-delà de nos besoins réels et de nos moyens financiers. Il s’agit de machines telles un véhicule sans chauffeur qui a la faculté d’analyser tout ce qui se passe dans son entourage au moyen de capteurs électroniques et de choisir la meilleure marche à suivre pour aller de l’avant vers son but. Ce sont des machines technologiquement trop avancées pour nous et dont les prix dépasseront nos moyens.
Il est vrai que le recours à la technologie produit de la Jobless Growth, mais c’est un effet secondaire immuable de la modernisation et la solution se trouve dans la réorientation des employés en surnombre vers d’autres secteurs demandeurs de main-d’œuvre. Notre industrie touristique, qui est dans le secteur des services milieu et haut de gamme où l’élément humain est indispensable, peut résoudre ce problème.
Le directeur académique de Metalab a toutefois précisé que « peu importe à quel point l’IA est avancée dans une organisation, il y a ce sentiment partagé que certaines tâches seront toujours mieux exécutées par des humains, comme celles impliquant de l’empathie, de l’interaction sociale et certaines prises de décision impliquant des ressources humaines »…
Oui, il s’agit de ne pas laisser mourir ce genre d’entreprises qui fait de la place à l’élément humain qui peut de surcroît se vendre à prix élevé. Compte tenu de la petite taille de notre pays, notre développement devrait être axé sur la production de la qualité plutôt que de la quantité et c’est là que le service personnalisé trouve son utilité et peut être très lucratif.
Si le manque de compétences est un obstacle majeur pour les employeurs, l’application de l’IA a toutefois un coût, ce qui freine son adoption par les entreprises…
La robotisation et la digitalisation ont certes un coût, mais nous devons nécessairement faire face à ce coût qui nous fera accomplir un Quantum Leap en termes de productivité, tout en éliminant les effets négatifs qui font surface quand la subjectivité humaine devient un problème. Je parle de l’abus des arrêts maladie, des performances en dent de scie et du lundi cordonnier.
Pensez-vous qu’une combinaison de l’IA et du maintien d’un personnel peut conduire à une performance optimisée ?
Certainement, et la création de postes de travail qui honorent l’intelligence et qui favorisent la réflexion plutôt que de la scléroser donnera envie aux jeunes de poursuivre des études plus avancées, aussi bien académiques que fonctionnelles. Et il s’agit surtout de ne pas penser à rémunérer de tels employés au même taux que ceux qui ne font qu’exécuter des tâches répétitives.
REAZ CHUTTOO (SYNDICALISTE) :
« La robotisation coûte une fortune »
La pénurie de main-d’œuvre demeurant un obstacle majeur pour la croissance économique, le ministre du Développement industriel préconise le recours à la robotisation et la digitalisation dans le secteur manufacturier. Qu’en pensez-vous ?
Je sors d’une conférence des pays d’Europe de l’Est où ce sujet a été abordé. La robotisation et la digitalisation sont des mots bons à entendre mais ce n’est pas un interrupteur qu’il suffit d’allumer pour avoir de la lumière. Cela coûte une fortune. Combien d’entreprises manufacturières à Maurice ont-elles les moyens pour y investir ?
Deuxièmement, n’est-on pas en train de nous faire comprendre qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre pour ensuite venir nous vendre un « produit » qu’on pourrait appeler Just Transition. Et d’ici le temps qu’on a des robots, on importera de la chair à canon, soit des travailleurs étrangers dans le pays.
A Maurice, chaque deux-trois kilomètres, vous voyez de grands panneaux où sont inscrits Immigration to Canada. Certes, Maurice étant un petit pays, les habitants ayant de moins en moins d’enfants, il y a une pénurie de main-d’œuvre. Maurice ayant un des taux de natalité les plus en déclin au monde, de surcroît la scolarité étant gratuite, les jeunes après l’université rechignent aux travaux manuels. Pour corser la situation, les jeunes sont encouragés à quitter le pays. Le ministre peut-il nous dire quand la robotisation et la digitalisation débarqueront dans toutes les entreprises quand on sait que c’est hyper coûteux ?
Très peu de pays au monde, à ce jour, ont pu pallier la pénurie de main-d’œuvre par des robots. Est-ce pour demain vraiment ? Peut-on dire qu’une entreprise qui manque de main-d’œuvre se lancera dans la robotisation ? En fait, elles ont investi dans l’IA, dans la surveillance électronique. Donc, le minimum d’effectifs qu’il y a est obligé d’être efficace pour pallier la pénurie. Pour cela, il y a des coups de fouet.
Vous faites donc une distinction entre robotisation et IA ?
Les deux relèvent de l’IA mais à Maurice, nos entreprises fonctionnent toujours de manière archaïque. Nous ne sommes pas au niveau où nus pouvns dire que demain le secteur manufacturier sera robotisé ! Ce n’est qu’un slogan bon à entendre.
Je mets au défi n’importe qui pour un débat sur la question. La réalité à Maurice, c’est que nous faisons venir des travailleurs étrangers. Le ministère du Transport vient d’annoncer que des travailleurs étrangers viendront dans le pays. Or, si nous passons à la robotisation, nous aurions dû parler de bus sans chauffeur !
D’après une étude de l’OCDE- ESSEC Metalab for Data, Technology and Society, menée en 2022, portant sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le travail, 80% des utilisateurs interrogés, issus de 2 053 entreprises dans les secteurs de la finance, l’assurance et la production de sept pays (France, Allemagne, Autriche, Canada, États-Unis, Irlande, Royaume-Uni), déclarent que l’IA a amélioré leurs performances contre 8% qui pensent qu’elle les a aggravées. 19% des salariés du secteur de la finance et 14% de ceux de l’industrie manufacturière ont affiché une peur de perdre leur emploi dans la décennie à venir. Comment voyez-vous évoluer les choses à Maurice ?
L’IA a été un succès dans le secteur des services et des finances. Par exemple, un ATM est une forme d’IA. En aval, ce sont une dizaine d’employés qui ont perdu leur emploi. En Europe, des entreprises dans le secteur des services ont connu du succès mais le prix à payer a été la perte d’emplois.
Nous essaierons de justifier en disant que les emplois conservés sont très rémunérateurs, que le salaire a triplé… Ce qui n’est pas faux, mais quand tel est le cas pour une personne, dix autres ont perdu leur travail.
Dans d’autres secteurs, depuis assez longtemps, l’IA existe sous forme de robots mécaniques, dans l’automobile par exemple. Partout, il y a l’IA, y compris les téléphones portables. Mais l’IA est en train de réduire l’être humain ayant la capacité de penser au statut de néant. Le nouveau software ChatGPT vous en donne un aperçu. Peut-être le métier d’avoué même pourrait être appelé à disparaître.
Quand estimez-vous que l’IA causera des pertes d’emploi à Maurice ?
C’est déjà une réalité. Prenons le secteur bancaire qui a connu une réduction d’au moins 40% de son personnel, ce qui a fait que les banques sont devenues très profitables. Avant même que cela ne devienne un choc social, nous sommes en train de vendre ce produit “pena dimoun pou travay” en encourageant les jeunes à partir.
À part le secteur des services, l’IA n’a pas impacté le secteur du travail. La réalité, c’est qu’ils ont trouvé un nouveau créneau. Ils ont peur que l’Overexploitation of Migrant Worker” devienne le Competitive Edge de l’économie. Le secteur privé a déjà demandé une loi séparée pour les travailleurs étrangers.
Pensez-vous qu’une combinaison de l’IA et du maintien d’un personnel peut conduire à une performance optimisée ?
Bien sûr ! Maurice est un petit pays et la population active se réduit comme une peau de chagrin. Cela n’empêche pas d’introduire l’IA mais formez les Mauriciens qui sont là. Nous ne le faisons pas parce que cela coûtera plus cher que de faire venir des étrangers.
Si je suis un businessman et que ma religion, mon Dieu s’appellent l’argent, est-ce que j’investirai dans la formation des Mauriciens qui ne seront pas partants de venir après les heures de travail ? Ou alors je choisirais parmi ce million de travailleurs disponible chaque année sur le marché en Inde, du Cheap Intellectual lLbor ? Nus laissons donc partir les Mauriciens.
En conclusion…
Nous ne sommes pas dans une situation où l’IA est en train de créer une catastrophe. Il faut former les Mauriciens pour s’adapter dans ce monde en évolution. Malheureusement, tel n’est pas l’agenda politique. Les parlementaires épousent tous cette tendance de laisser partir les Mauriciens car les étrangers sont Cheap et ne prendront pas leur retraite à Maurice même s’ils payent la taxe sur chaque chose qu’ils achètent. Le monde va malheureusement dans cette direction.

