Appareils d’audition : les abus d’un Service Provider dénoncés

Une bénéficiaire ayant versé Rs 30 000 à la Rogan Clinic attend son appareil depuis deux mois

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Les changements opérés dans les procédures d’octroi d’appareils auditifs par la Sécurité sociale s’avèrent être un véritable parcours du combattant. Auparavant, les bénéficiaires recevaient leurs appareils à l’école des sourds. Maintenant, ils perçoivent une somme de Rs 20 000 de la Sécurité sociale pour acheter leur appareil chez un service provider agréé. De nombreux abus ont été rapportés à ce niveau.
Depuis plusieurs mois, une bénéficiaire de la Sécurité sociale, et qui souffre de troubles de l’audition depuis de nombreuses années, remue ciel et terre pour obtenir un appareil auditif. Étant dans une situation de vulnérabilité, elle a toujours bénéficié de l’aide de la Sécurité sociale pour avoir un appareil auditif. « J’ai commencé à porter un appareil à l’âge adulte. Selon les médecins, le fait que je travaillais dans une usine, où il y avait beaucoup de bruits, pourrait avoir affecté mon audition. Jusqu’ici, je n’avais jamais eu de problème pour avoir un appareil de la Sécurité sociale », fait-elle comprendre.

Elle explique que généralement, la Sécurité sociale la référait à l’école des sourds de Beau-Bassin. Elle avait alors droit à un examen. Après quoi, un appareil auditif, réglé selon ses besoins, lui était remis. Les réparations et autres services étaient aussi offerts à ce niveau. Cependant, lorsque son appareil est devenu défectueux et qu’elle a fait une demande pour un nouveau, elle a appris que le système avait changé. « On m’a dit qu’on me donnerait une somme de Rs 20 000 ainsi qu’une liste de fournisseurs agréés où je pourrai acheter l’appareil », ajoute-t-elle.

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Si elle n’a pas eu de problème pour obtenir sa lettre de la Sécurité sociale, en revanche, cela aura été une épreuve sans fin pour elle auprès des fournisseurs. « J’ai fait le tour des fournisseurs et tous me proposaient des appareils entre Rs 70 000 et Rs 80 000. Ils m’ont dit que mon audition était faible et que j’avais besoin d’un appareil plus performant. Je vis de ma pension et je n’avais que Rs 20 000 de la Sécurité sociale, comment allais-je trouver Rs 50 000 ou Rs 60 000 de plus ? » se demande-t-elle.

Toujours est-il que la bénéficiaire décide de patienter encore quelques mois, le temps d’économiser pour réunir la somme nécessaire. Elle a même dû emprunter auprès de ses proches. Elle porte finalement son choix sur la Rogan Clinic, parmi les fournisseurs. « C’était l’un des moins chers et il paraît que c’est une agence internationale. J’ai donc fait confiance. »

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En juin dernier, la bénéficiaire se rend ainsi à Rose-Hill et fait un premier dépôt Rs 10 000 contre un reçu en bonne et due forme. Début août, elle fait un autre dépôt de Rs 20 000, la dernière tranche devant être réglée au moment de la livraison. Le fournisseur récupérera également Rs 20 000 auprès de la Sécurité sociale. « Le préposé m’a dit que l’audiologue était absent et qu’on allait m’appeler dans trois semaines », dit-elle.

Après avoir patienté jusqu’à cette période et n’ayant aucune nouvelle de la Rogan Clinic, elle décide d’appeler le fournisseur. « On m’a répété une nouvelle fois qu’il n’y avait pas d’audiologue. On m’a demandé d’attendre jusqu’à fin août. » Nouvelle attente et même scénario. Cette fois, la bénéficiaire apprend qu’un audiologue sera disponible après le 20 septembre.

Interrogé, le préposé de Rogan Clinic au bout du fil confirme : « nous aurons un audiologue après le 20 septembre. » C’était au début de septembre. Quand Le-Maurcien a demandé au préposé pourquoi il a pris l’argent de la bénéficiaire s’il n’avait pas d’audiologue, il a répondu : « je n’ai rien d’autre à vous dire, à part que nous aurons un audiologue après le 20 septembre. »

Cette situation a été rapportée à la Sécurité sociale, qui indique que la bénéficiaire doit écrire une lettre pour porter plainte et qu’une enquête serait menée par la suite. En début de semaine, la bénéficiaire n’avait toujours pas été contactée par la Rogan Clinic. « On m’a dit après le 20 septembre, mais c’est vague. D’autant que je ne sais pas combien de personnes sont en attente comme moi. »

À la Sécurité sociale maintenant d’assumer ses responsabilités auprès de ses bénéficiaires. La question qui se pose également, c’est de savoir sur quelles bases on décide d’octroyer Rs 20 000 à une personne vulnérable, alors que l’appareil coûte trois ou quatre fois plus cher ?

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