Une journée de réflexion portant sur l’aménagement du territoire, plus précisément le littoral mauricien. L’organisation Mru2025, avec la collaboration de l’ambassade américaine, a organisé un colloque sur le thème Enn Vizion Pu Nu Lakot : multi-stakeholder and science-based collaboration for sustainable land-use planning in the coastal zone, using Bel-Ombre as a demonstration site”. Réunissant plusieurs acteurs du secteur, dont les représentants des secteurs public, privé et du milieu universitaire, ce colloque a permis à ces derniers de jeter les premiers jalons d’un programme multisectoriel pour la gestion du territoire marin mauricien, plus particulièrement celui de Bel-Ombre.
« Nous avons tous des opinions divergentes, mais il faut mettre cela de côté pour avoir un dialogue constructif », a déclaré d’emblée Yan Hookoomsing, membre fondateur de Mru2025. Ce colloque d’une journée avait ainsi pour but de réunir les professionnels du domaine, ainsi que des chercheurs, dont plusieurs doctorants mauriciens en Sustainability.
En déplacement à Maurice spécialement pour ce colloque, le Dr J.P. Walsh, directeur du Coastal Resources Center, Graduate School of Oceanography de l’University of Rhode Island, a ainsi dégagé quelques pistes sur la mise en place d’un programme de développement soutenable et durable pour la région de Bel-Ombre.
Fort de ses longues années d’expérience dans le domaine, le spécialiste du Geographic Information System a ainsi souligné l’importance d’une bonne planification en amont, avec la tenue de tables rondes et de colloques, pour récolter les avis de ceux concernés, allant des scientifiques aux habitants eux-mêmes.
« Sustainable development is a process », a-t-il indiqué. Face aux nouveaux défis du changement climatique, il a déclaré qu’il est urgent « de créer des structures politiques, économiques, sociales et environnementales solides pour permettre aux petits États insulaires de se développer ». En ce sens, pour J. P. Walsh, la recherche scientifique reste centrale. Il a également avancé que la conservation, c’est d’abord une « sustainable use » et un « management » des ressources existantes. « Nous pensons à tort que la conservation signifie qu’il ne faut rien toucher, alors que non », a-t-il dit.
L’intervenant a aussi présenté les trois principaux piliers pour un Integrated Coastal Zone Management équilibré. « Ces trois piliers sont le social, l’environnement et l’aspect économique. » Par ailleurs, lors du colloque, quelques habitants de Bel-Ombre ont pris la parole par visioconférence, témoignant de leur attachement à leur village et déplorant, parallèlement, « les constructions sauvages sur la côte et qui ont fini par avoir un impact négatif sur l’écosystème marin ainsi que sur les habitants ».
En outre, le colloque a donné la parole aux jeunes chercheurs dans le domaine. Ainsi, lors de la première séance de discussion, les doctorants Vashish Seegobin et Prishnee Bissessur du groupe de recherche Tropical Island Biodiversity, Ecology and Conservation de l’université de Maurice ont fait un état des lieux de la région de Bel-Ombre, au fil des années.
Pour sa part, Mishaal Khadadoo, Hydraulic Engineer, a abrdé le volet de l’Integrated Landscape Management et des cours d’eau naturels de Bel-Ombre. Xavier Koenig, doctorant en Sustanaibility and Climate Change Programme à l’université des Mascareignes, a, lui, discuté de l’Integrating Ecosystems in land-use planning : mapping and valuation of ecosystem services.
La seconde séance a été animée par le Dr Jay Doorga, Lecturer Researcher au Department of Emerging Technologies de la faculté de Sustainable Development and Engineering de l’université des Mascqreignes, qui a présenté ses recherches sur le “coral reef vulnerability, sea level rise and coastal erosion for Mauritius”. Le colloque a également vu la participation du National Parks and Conservation Service et du Dr P. Deenapanray, directeur d’Eco Living in Action, professeur adjoint du Sustainability and Climate Change Programme de l’université des Mascareignes.

