Les bébés nés à Maurice sont loin d’être les mieux lotis. « Chaque mois, il y a 6 à 7 décès de nouveau-nés », information fournie par le ministre de la Santé Kailesh Jagutpal qui décrit une situation alarmante. Il participait ce lundi 9 octobre, à un atelier de travail, axé sur la mortalité maternelle et infantile.
Selon le ministre, ces cas seraient liés aux « mamans qui ne font aucun suivi durant leur grossesse, celles ayant plusieurs problèmes de santé ou encore des mamans avec un âge avancé », précise-t-il.
D’ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, le ministère a enregistré 67 décès néonatals. La mortalité néonatale est l’ensemble des enfants nés vivants, mais décédés entre la naissance et le 28ᵉ jour de vie.
Quatre décès liés à la maternité ont été enregistrés dans nos hôpitaux régionaux.
Le nombre d’infants deaths s’élève à 17, dans les hôpitaux, depuis le début de l’année.
En 2022, Maurice a enregistré environ 11,200 naissances, dans les établissements de santé, public et privé.
Un atelier de formation sur la Surveillance et la Réponse aux Décès Maternels et Périnatals (MPDSR) se tient du 9 au 13 octobre 2023. La cérémonie d’ouverture, mettant l’accent sur l’importance cruciale de la prévention et de la réduction des décès maternels, périnatals et néonatals, a été marquée par un appel à l’action du ministre de la Santé et du Bien-être, le Dr Kailesh Jagutpal, le 9 octobre à Port-Louis.
Dans son discours, le Dr Jagutpal a souligné le besoin urgent de stratégies visant à assurer le bien-être de chaque femme et de chaque nouveau-né. Il a proposé la mise en place de systèmes efficaces de MPDSR, affirmant leur rôle dans la surveillance, l’analyse et la réponse à ces événements. De tels systèmes, a-t-il noté, catalyseraient une culture de responsabilité au sein des systèmes de santé.
Le ministre a également exposé diverses mesures mises en place par le ministère pour réduire les décès néonatals, périnatals et maternels. Il s’agit notamment de l’introduction de cliniques de préconception et de cliniques pour bébés en bonne santé, de la révision du manuel de santé maternelle et infantile à distribuer aux femmes enceintes, et de l’amélioration des niveaux de soins avec la disponibilité 24 heures sur 24 d’obstétriciens, de pédiatres et d’anesthésiologistes dans les hôpitaux publics.
Dans une déclaration à la suite de l’événement, il souligne qu’un suivi psychologique est mis en place pour les mamans ainsi que les familles concernées. D’ailleurs, le ministère examine plusieurs lignes directrices dans l’optique d’améliorer davantage la qualité des soins. « Il nous faut diminuer ces chiffres et il reste encore beaucoup à faire », a-t-il déclaré.
De son côté, le Dr Ancia a affirmé que l’OMS a identifié cinq principales causes de mortalité maternelle, à savoir les hémorragies graves pendant et après l’accouchement, les complications lors de l’avortement, les troubles hypertensifs pendant la grossesse, les infections, en particulier après l’accouchement, et l’accouchement obstrué.
Elle a souligné la légère augmentation du taux de mortalité maternelle, passant de 57 décès pour 100 000 naissances vivantes à 84 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2020. Par conséquent, elle a insisté sur l’importance de fournir la formation nécessaire pour inverser la tendance à la hausse de la mortalité maternelle.

