Grand-Baie : la mendicité gagne du terrain

« La mendicité commence à devenir fort gênante dans une partie de Grand-Baie. Il faut combattre énergiquement sa prolifération dangereuse », prévient Éric, qui tient un commerce depuis de nombreuses années dans un espace très fréquenté de Grand-Baie.

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D’après lui, les touristes se trouvent réellement perturbés, voire menacés, par cette pratique qui nuit à l’image du pays. « J’assiste quotidiennement à des scènes, non loin de mon magasin, où des mendiants accostent les touristes et les importunent. Ces derniers pourraient ne plus vouloir revenir au pays. »

Les mendiants étaient devenus presque invisibles avant la pandémie de Covid-19, poursuit Éric. Mais leur nombre a considérablement augmenté depuis. Des jeunes âgés entre 13 et 16 ans sont venus rejoindre les autres pour visiblement être en mesure de se procurer leurs doses de drogue.

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Dès qu’ils aperçoivent des touristes, relate le commerçant, ils courent après eux, leur font part de leurs besoins nutritionnels. Ils ne réclament plus d’argent. Ils leur demandent d’acheter eux-mêmes la nourriture auprès des boutiquiers pour qu’ils puissent nourrir leurs familles. « Une fois le deal conclu, ils entrent dans une autre boutique pour revendre les produits à beaucoup moins cher. Parfois, on assiste à des échanges verbaux entre eux. Tout cela contribue certainement à ternir l’image de notre pays », s’insurge-t-il.

Dayanand, poissonnier de son état et opérant depuis dix ans à Grand-Baie, témoigne : « Ils font du commerce avec de petits objets. Certains ne reculent devant rien pour attirer l’attention. Ils usent de mensonges appris par cœur, avec des réponses déjà prêtes. Je trouve que la loi n’est pas assez sévèrement appliquée. Les policiers auraient dû intervenir pour interroger les adolescents retrouvés dans la rue. La scolarité à Maurice n’est-elle pas obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans ? se demande-t-il.

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Interrogé à ce sujet, un homme de loi indique à Le-Mauricien. « Cela fait des années que je pratique, j’ai rarement entendu des cas où des mendiants ont été traduits devant un tribunal. »

Un policier, affecté au poste de Grand-Baie, insiste : « Il faut néanmoins savoir différencier les mendiants des arnaqueurs car plusieurs utilisent des subterfuges pour gagner facilement de l’argent. Il ne faut pas encourager la mendicité. »

Jennifer, qui fréquente un établissement secondaire dans la capitale et habitant Grand-Baie, n’y va pas de main morte. « Quelqu’un demandant l’aumône à Maurice peut être poursuivi par la loi. Pour beaucoup, c’est le moyen de se faire de l’argent facile. »

Pour elle, les mendiants perdent l’estime de soi, favorisent l’argent facile plutôt que le dur labeur. « Je connais un jeune qui traîne sur la plage et qui ne travaille pas. C’est dommage car il ne réalise pas que le public le regarde d’un mauvais œil, car il est évident qu’il a la capacité de travailler. »

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