Nando Bodha, co-leader de Linion Moris, a dit sa révolte contre le Financial Crimes Commission Bill, qui a été présenté en première lecture par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, mardi dernier. « Nous sommes révoltés par sa philosophie, son contenu et ses objectifs », dit-il.
« Pour nous, ce texte de loi est digne d’une dictature. Il viole la Constitution et représente un grand danger pour les droits et les libertés fondamentales des citoyens, surtout dans un pays où la démocratie souffre des abus du pouvoir et où les institutions ont été complètement dévalorisées. Elles sont présidées par des nominés politiques qui reçoivent des instructions de Lakwizinn », dénonce-t-il en ajoutant qu’une telle législation ne peut exister dans un pays démocratique.
Il s’élève contre le fait que la FCC sera présidée par une personne désignée par le Premier ministre. Il rappelle qu’initialement, le directeur de l’ICAC avait été nommé par le Premier ministre après consultations avec le leader de l’opposition et le président de la République. Toutefois, Navin Ramgoolam, alors chef de gouvernement, avait changé cela pour octroyer ces pouvoirs au Premier ministre.
La FCC sera un organisme central qui reprendra toutes les institutions comme l’ICAC et la FIU, dit-il, affirmant qu’elle sera présidée par un nominé politique. Ce dernier aura le pouvoir d’instituer des poursuites, un pouvoir constitutionnel exercé par le DPP, souligne Nando Bodha.
Il a également déploré les moyens utilisés pour effectuer le Tracking des citoyens. « Ce sont des moyens spéciaux utilisés par les services secrets à l’étranger pour la sécurité de l’État, et non pas pour savoir ce que fait un citoyen dans sa vie privée », continue-t-il.
Linion Moris a déjà écrit au Premier ministre pour lui demander de ne pas présenter le projet de loi en deuxième lecture. Il souhaite un débat national impliquant toutes les parties prenantes dans le pays. « Nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il faut lutter contre la corruption et le blanchiment d’argent. Une équipe légale se penchera sur la préparation d’un Position Paper. Les institutions internationales seront alertées et des manifestations se tiendront devant le Parlement chaque mardi », prévient-il.
Finalement, il a lancé, au nom de Linion Moris, un appel en faveur de la création d’un front commun dans le pays afin de voir « comment soulever la population contre une législation menant notre République à la mort » !
De son côté, Rama Valayden a expliqué que Linion Moris a lancé un appel en faveur de la création d’un front parlementaire des partis de l’opposition et extraparlementaires. « Nous contesterons la législation aussitôt qu’elle aura été adoptée par le Parlement », dit-il.
Il note qu’aux termes de cette loi, la FCC aura des Special Investigative Technics, c’est-à-dire des moyens spéciaux pour surveiller les citoyens. « Ce n’est pas une simple loi, car les autorités pourront s’introduire partout », est-il d’avis.
Il rappelle en outre que la législation est présentée au Parlement alors que la Journée des Droits humains est célébrée le 10 décembre. « Il est triste que cette législation soit présentée sans que les autres partis politiques et avocats du gouvernement ne prennent position contre ce texte de loi », dit-il.
Enfin, Sylvio Michel a plaidé pour l’abandon du projet de loi. « Ce n’est pas à la fin de votre mandat, alors que vous êtes sur le point d’être expulsés du pouvoir, que vous pouvez présenter une telle loi. Il faut laisser le prochain gouvernement décider. C’est une hypocrisie de la part du gouvernement », estime-t-il.

