Chandra Dev Bundhoo, siégeant au District Council de Flacq, réclame un ordre pour contraindre le VPM à révoquer Kishore Jeewooth en tant que Chairperson et de tenir l’élection d’un nouveau président
Le Chairperson déchu, qui a présidé le conseil hier aurait vainement tenté d’amender les procès-verbaux de la Special Council Meeting du 7 décembre
À l’Est, la tension politique au sein du Mouvement Socialiste Militant (MSM) reste de mise avec cette fois le vice-Premier ministre et ministre des Collectivités locales, Anwar Husnoo convoqué la semaine prochaine devant le juge siégeant en référé, Patrick Kam Sing. Il devra s’expliquer sur la non-révocation jusqu’ici du Chairperson du District Council, Kishore Jeewooth, un Die-Hard du MSM et proche du ministre Vikram Hurdoyal. Le dénommé Jeewooth assume depuis le 7 décembre ce poste de manière controversée après le vote contre lui d’une motion de blâme lors d’une Special Council Meeting.
En ce début de semaine le conseiller du village d’Ecroignard, Chandra Dev Bundhoo, a saisi la Cour suprême d’une demande, contraignant le No 3 du gouvernement et ministre de tutelle à révoquer celui qui est considéré comme le protégé du ministre de l’Agro-industrie à Montagne Blanche/Grande Rivière Sud-Est (No 10) et de tenir l’élection d’un nouveau président du conseil de district aux termes des dispositions de la Local Government Act.
En effet, à travers Me Sandeep Ramlochund (avoué) de Dentons Mauritius, le conseiller Bundhoo a mis en avant que la Motion of No Confidence débattue le 7 décembre avait été soutenue par douze conseillers avec comme conséquence que Kishore Jeewooth n’est plus le Chairperson du District Council. Cette motion, fait-il comprendre, n’est pas entachée de vice de procédure ou viciée de quelque manière et reste valable.
Il souligne que cette motion de blâme a été tenue en bonne et due forme car il n’y a pas eu une telle démarche auparavant au cours du mandat de Jeewooth, qui est en poste depuis décembre 2022 et que comme établi par la loi, n’a pas été adoptée au cours des six premiers mois du mandat de celui qui occupe aussi la présidence du comité régional du MSM au No 10.
L’affidavit du conseiller Bundhoo allègue que les procédures requises avant le débat sur la motion ont été dûment respectées notamment à travers l’émission d’un avis de séance extraordinaire du conseil contenant l’ordre du jour et que les membres du conseil de district ont pu exercer leurs devoirs démocratiques conformément aux réglements.
Chandra Dev Bundhoo avance qu’à la suite du résultat du vote, il incombait au VPM Husnoo, qui dispose de la responsabilité légale de révoquer Kishore Jeewooth et d’ordonner qu’un nouveau président soit élu dans les sept jours suivant la motion conformément à l’article 36 de la Local Government Act.
« It is of note that albeit section 36 (1) does not prescribe and/or impose the delay within which the Minister (i.e., the Respondent) ought to revoke the Chairperson (against whom a motion of no confidence was passed), the wording of the said section is couched in the imperative and it is only « following » the motion of no confidence that the Minister ought to proceed with the revocation », fait ressortir le conseiller du village Ecroignard qui clame avoir le Locus Standi pour cette démarche légale.
Il estime également que l’inaction du VPM Husnoo jusqu’ici paralyse et entrave le bon fonctionnement du conseil de district où, selon lui, il n’existe pas de président légalement nommé pour remplir les fonctions requises par la loi.
Il déplore également que le ministre de tutelle n’ait même pas jugé approprié de publier un communiqué ou toute autre confirmation officielle reconnaissant l’adoption de la motion de blâme contre Kishore Jeewooth.
« The Respondent (le VPM Husnoo) is acting in a clear and utter breach of section 36 (1) of the Act and is acting contre et outre le processus démocratique », a-t-il ajouté. L’affidavit de Chandra Dev Bundhoo maintient aussi que l’absence de toute action de la part du VPM Husnoo démontre que le fondement de la démocratie n’est pas respecté, après l’adoption d’une motion de blâme. Cette situation a pour effet de miner davantage le contenu et la portée de la loi.
Chandra Dev Bundhoo déclare que Kishore Jeewooth aurait dû ne plus être en poste en tant que Chairperson du District Council et que ce dernier assumerait ses fonctions dans l’illégalité. D’ailleurs, selon des recoupements d’informations, le protégé du ministre Hurdoyal a présidé hier la réunion du conseil de district en dépit de la situation controversée dans laquelle il se trouve.
Les informations émanant à l’issue du Council Meeting mettent en avant une vaine tentative de Kishore Jeewooth de faire amender les procès-verbaux de la réunion spéciale du 7 décembre
lors de laquelle la motion de blâme contre lui a été votée.
Dans le camp de ses opposants, on se demande s’il était convenable qu’il préside la réunion du conseil alors que l’on devait faire approuver ces Minutes de la séance précédente et que le sujet à l’agenda le concernait directement. Kishore Jeewooth aurait, selon certaines sources, tenté d’amender ces procès-verbaux dans l’espoir de pouvoir soutenir que la Motion of No Confidence n’a pas été proprement tenue. Mais au final, il aurait échoué dans cette tentative.
Dans la conjoncture, les retombées de cette convocation du VPM Husnoo, de Kishore Jeewooth et aussi du Chief Executive du District Council devant le juge Patrick Kam Sing la semaine prochaine s’avèrent être déterminantes.
Affaire à suivre…

