Le basket-ball mauricien a connu une année comme une autre, tant sur le plan local qu’international, avec une campagne indianocéanique loin des attentes et un manque de compétitions pour l’élite. À l’aube de 2024, l’alarme est donnée : la Fédération mauricienne de basket-ball (FMBB) doit se réveiller, au risque de poursuivre sa descente aux enfers…

À bien y voir, le passage à Madagascar pour les JIOI n’est pas totalement négatif. Il y a bien eu cette victoire à l’arrache contre La Réunion en 3×3, mais cette brève illumination dans le ciel du basket-ball mauricien a vite été ternie par les éliminations prématurées des deux sélections 5×5 du tournoi principal.
Le moment le plus marquant a sans doute été cette défaite de l’équipe féminine 92 à 17 en phase de poules. Après les progrès affichés en 2019, on s’attendait à mieux. Mais le départ du DTN Ivan Smiljanic, pour des raisons que nous n’évoquerons pas ici, et le fait de ne pas l’avoir remplacé ont pesé plus lourd que ne le pensait la FMBB.
Une sélection féminine qui s’est effondrée, dont le seul point d’orgue reste une victoire pour l’honneur contre les Comores (83-63), une équipe masculine qui n’a pas su trouver la bonne combinaison : voilà à quoi se résume le bilan mauricien aux JIOI.

Et les Mauriciens ont des raisons de se ronger les ongles. La Fédération malgache a annoncé, peu avant la fin de l’année, une liste de 15 joueurs en vue du tournoi préqualificatif pour l’AfroBasket 2025. Ce n’est pas tout. Même les Comores vont participer à ce tournoi qui devrait se tenir à Madagascar et réunir une troisième équipe, issue de la Zone 5. La Fédération mauricienne, pour sa part, n’a toujours pas décidé si elle y participera. L’idée d’accueillir le tournoi a bien été évoquée, mais il n’y a rien d’officiel pour le moment, alors que les différents tournois préqualificatifs démarrent vers la mi-janvier.
Peut-on dire que les basketteurs mauriciens paient le manque de vision de leurs dirigeants ? « Oui », à en croire un joueur, qui a pris ses distances de la balle orange, s’exprimant sous anonymat. « Il suffit de faire le parallèle avec Madagascar pour comprendre à quel point nous sommes en retard. » En effet, Madagascar a décroché, au cours des trois dernières années, un titre de champion d’Afrique de 3×3, une place de vice-championne d’Afrique des moins de 18 ans, une place au sein du Top 12 de la Basketball Africa League (BAL) — alors que Maurice n’est même pas représentée à la Road to BAL.
Pour couronner le tout, les jeunes Malgaches ont participé à la Coupe du Monde des moins de 19 ans suite à leur médaille d’argent africaine, et les spécialistes du 3×3 côtoient les meilleurs mondiaux et sont en lice pour un ticket pour les JO de Paris cette année. « Il n’y a rien de comparable. Nous sommes loin, très loin de ce qu’ils font. Et si on ne s’y prend pas maintenant, ce retard sera insurmontable », ajoute l’ancien joueur. 
Reste que quelques rares lueurs permettent d’entretenir l’espoir de lendemains meilleurs pour le basket-ball mauricien. Le championnat de D2 a couronné la jeune équipe de Highlands Young Cadets, dirigée par Bernard Nuchadee et emmenée par une génération de joueurs issus du système scolaire. Cette formation, avec une moyenne d’âge ne dépassant pas 23 ans, est venue à bout de formations aussi expérimentées que le Real, pour citer son plus bel exploit.
Qu’attendre de 2024 alors ? Les mêmes compétitions, une éventuelle formation pour joueurs ou coaches, et peut-être une participation à la Road to BAL. Le basket-ball mauricien se trouve dans un marasme sans nom et aucun signe ne permet de dire qu’il va en sortir. Les prochains JIOI — puisque les JIOI sont l’unique objectif à long terme — s’annoncent déjà compromis…

