Rentrée scolaire 2024 – Agalega : Le secondaire sur le ton de la morosité et de la déception

L’éducation secondaire à Agaléga reste la principale préoccupation des habitants au début de cette nouvelle année scolaire. L’état pitoyable de la cour de l’établissement MEDCO Agalega mercredi, soit le jour de l’admission des élèves en Grade 7 et le problème d’enseignants reflètent en quelque sorte le manque d’intérêt des autorités à la qualité de l’éducation secondaire dans l’archipel. Contrairement à Maurice où la rentrée scolaire donne lieu à une excitation, à Agalega les habitants ne cachent pas leur déception et un certain découragement concernant la situation peu motivante au secondaire.

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Les quatre enfants qui ont fait leur entrée au secondaire mercredi ont démarré ce nouveau parcours dans un environnement peu attrayant. Il a fallu les vives protestations des habitants pour qu’on s’affaire au nettoyage de la cour et à couper le gazon et à arracher les folles herbes. A hier l’opération « met prop koup gazon» était toujours en cours.

Tandis que le problème de manque d’enseignants auquel les élèves de MEDCO sont confrontés depuis plus d’une année reste entier. C’est précisément en raison de problème de personnel enseignant que des élèves de ce collège ont eu cours seulement deux fois la semaine quasiment tout au long de l’année dernière. Le mécontentement des parents à ce sujet a laissé indifférente la direction de MEDCO à Maurice. Le ministère de l’Education non plus n’a pas levé son petit doigt face aux doléances des parents. Et certains osent dire que tous les enfants au sein de la République de Maurice bénéficient d’un traitement égal en matière d’éducation.

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« Nous sommes très déçus. Lane ale enn lot lane vini nanye pa finn sanze kot nou dan ledikasyon …Ouadire nou pe kriye dan dezer … Personn pa tann nou lavwa !», constatent avec une certaine tristesse et une pointe d’amertume des parents soucieux de l’avenir des jeunes Agaléens. MEDCO Agaléga démarre le nouveau calendrier scolaire avec seulement trois enseignants en service alors qu’il en faudrait au moins huit pour assurer l’enseignement de toutes les matières dans de bonnes conditions. Or avec la fermeture de cinq collèges privés au début de cette année, il y a des enseignants en surnombre dans le secteur du secondaire privé à Maurice. Certains d’entre eux ont eu un transfert pour des collèges d’Etat et d’autres ont bénéficié de Postings  dans des départements/organismes sous la tutelle du ministère de l’Education. « On pourrait proposer à ces enseignants de venir travailler à Agaléga. Est-ce si difficile à la PSEA et à MEDCO de faire le nécessaire dans cette direction ? », se demandent avec une pointe d’agacement des habitants
Les habitants reviennent la charge avec deux demandes en ce début d’année. D’abord, ils souhaitent des changements dans le système éducatif à Agalega afin de tenir compte des réalités de l’archipel dans l’enseignement. Les résidents sont conscients qu’ils ne peuvent être en dehors de l’éducation nationale mais insistent sur la nécessité d’une adaptation du programme d’études au contexte local pour faire progresser les jeunes dans leur vie scolaire.

Et ensuite des Agaléens réitèrent leur demande à l’Education catholique pour s’engager à nouveau dans l’éducation chez eux. « C’est l’Eglise qui a lancé l’école à Agalega en 1971 et les premiers enseignants étaient le couple Hervé et Suzy Sylva. Ils étaient de vrais éducateurs dans le sens large du terme car ils ne se contentaient pas de montrer enfants Selman lir ek ekrir. Enfants, jeunes et adultes ont bénéficié d’une formation à la vie durant leur séjour chez nous », se souviennent quelques adultes. « L’Eglise catholique a un savoir-faire dans l’éducation et elle connaît bien les besoins des Agaléens. Nou pe demann legliz vinn donn enn koud’me dan ledikasyon sekonder isi !» lancent des habitants en direction des autorités de l’Éducation catholique. Ils soutiennent que ce n’est pas la première fois qu’ils font cette demande et souhaitent que Mgr Jean Michaël Durhône, évêque de Port Louis, très sensible à la question de l’éducation et de l’avenir des jeunes, puisse entendre leur appel.

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