Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a exhorté, le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres organismes internationaux « à reconnaître objectivement » les résultats positifs apportés par la stratégie du gouvernement. Il procédait à l’ouverture de la conférence internationale organisée, à Hennessy Hotel, par l’Institut africain de formation du FMI pour célébrer le dixième anniversaire de sa création. Cette conférence a bénéficié de la participation de plusieurs hautes personnalités internationales dont des ministres africains, des gouverneurs des banques centrales africaines et dirigeants du FMI dont Abebe Aemro Selassie, directeur du FMI pour l’Afrique.
« Depuis 2020, nous sommes confrontés à une période très troublée. Néanmoins, nous nous sommes battus, nous nous sommes adaptés, nous avons reconstruit. Il y a, sous la trajectoire mauricienne, quelque chose que nous, Africains, avons tous en commun. C’est ce qu’on appelle la résilience. Et alors que Maurice a clôturé avec succès l’horrible chapitre du Covid-19, je saisis cette occasion pour appeler le FMI et d’autres organismes internationaux à reconnaître objectivement les résultats positifs apportés par la stratégie du gouvernement », a déclaré en substance le ministre des Finances et du Développement économique.
Maurice accueille deux centres régionaux de formation du FMI, à savoir l’AFRITAC Sud et l’ATI, tous deux basés à Ébène. Ces deux centres ont, depuis leur entrée en opération, bénéficié d’un financement de l’ordre USD 50 millions. « L’année dernière, Maurice a doublé ses contributions concernant la troisième phase de ses activités à USD 20 millions », a indiqué le ministre Padayachy.
Depuis 2013, l’Institut africain de formation a dispensé plus de 230 cours à environ 7 300 fonctionnaires de tous les pays d’Afrique subsaharienne dans des domaines cruciaux pour les institutions. Parmi eux, quelque 730 fonctionnaires mauriciens ont bénéficié de formations depuis sa création. Le ministre a souligné les efforts continus de l’ATI « pour élargir et diversifier ses cours » afin d’inclure des sujets sur les politiques macroéconomiques, structurelles, financières, monétaires et budgétaires générales, ainsi que sur le genre et le climat, qui sont « d’une importance capitale pour donner à l’Afrique le rôle qu’elle mérite sur la scène mondiale ».
Renganaden Padayachy a noté que le continent possède 25% de la biodiversité naturelle mondiale, 30% des ressources minérales mondiales et une population humaine croissante qui devrait atteindre 1,7 milliard d’habitants en 2030, soit 20% de la population mondiale. « L’Afrique est déjà le deuxième continent le plus peuplé avec plus de 1,3 milliard d’habitants. Il ne fait aucun doute que l’urbanisation, la croissance des revenus ainsi que l’expansion de la population de la classe moyenne créeront également de nouvelles opportunités ainsi qu’une amélioration du niveau de vie. Dans ce contexte, l’Afrique s’élève lentement mais sûrement sur la scène mondiale. Lors du Sommet des dirigeants du G20 qui s’est tenu en Inde, une étape historique a été franchie avec l’entrée de l’Union africaine en tant que membre permanent du G20 », a-t-il dit.
Le ministre Padayachy s’est appesanti sur la situation économique à Maurice. Il a expliqué qu’après avoir traversé la pire crise de notre histoire pendant le Covid-19, l’économie a rebondi plus fort que jamais. « En fait, nous n’avons jamais été aussi prospères » a-t-il observé. Il a indiqué que le PIB de Maurice au prix du marché a augmenté de 8,9% en 2022 et de 7,1% en 2023. « Prévoyons une croissance robuste et soutenue de 6,5% en 2024. À moyen terme, notre objectif est de maintenir une croissance du PIB de 5% », réitère-t-il.
La question de la dette publique a aussi été évoquée, Renganaden Padayachy a expliqué qu’après un pic de 91,9% en 2021, le ratio dette publique/PIB a rapidement baissé pour atteindre 79% en septembre 2023. « C’est déjà en deçà de la dette ancrée par le FMI estimée à 80%. Dans les années à venir, nous nous engageons à ramener le niveau d’endettement sous la barre des 60% » rassure-t-il.
Le ministre est revenu sur les réformes introduites par le gouvernement pour améliorer la vie des Mauriciens. « Avec l’avènement de la pandémie de Covid-19 et l’escalade des prix dans le sillage du conflit entre la Russie et l’Ukraine, nous avons introduit une série de mesures et renforcé celles qui existent déjà pour nous assurer d’avoir une société juste, juste et équitable, malgré le contexte mondial. En effet, nous nous sommes toujours efforcés d’éradiquer la pauvreté, de réduire les inégalités de revenus et de remédier aux vulnérabilités », fait-il comprendre.
La conférence internationale comprend pas moins de cinq tables rondes avec la participation des personnalités présentes sur une variété de sujets dont le changement climatique et la digitalisation.

