L’ancien Premier ministre Ramgoolam s’est attaqué à son principal adversaire politique, le chef du gouvernement Pravind Jugnauth. Il estime que ce dernier a déjà anticipé et intériorisé sa « défaite » lors des prochaines élections générales. Il faisait allusion à une récente déclaration de Pravind Jugnauth à Le-Hochet.
« Un Premier ministre, après sa défaite électorale, démissionne et passe le flambeau à un autre Premier ministre. Cela a été le cas en 2000 lorsque j’ai perdu les législatives et en 2005 lorsque Paul Bérenger, alors Premier ministre, m’a retourné le pouvoir », dit-il. Il a demandé à Pravind Jugnauth, au lieu de s’engager dans toute sorte de « magouille », de « laisser la démocratie fonctionner comme il le faut et de retourner le pouvoir au peuple ». Il ajoute: « Laissez le peuple choisir celui qu’il souhaite voir diriger le gouvernement parce que le pays n’est pas au bord du précipice, mais dans un précipice .»
Évoquant la hausse dans le nombre de cas de dengue enregistrés – qui avait atteint le chiffre de 130 vendredi – , Navin Ramgoolam déplore que la gestion est « catastrophique comme cela a été le cas pour le naufrage de Wakashio ou plus près de nous le cyclone Belal, ainsi que pour Air Mauritius et à l’aéroport où les passagers ont dû attendre pendant des heures… Nanye pa pe marse, tou anbalao. »
Au sujet des Chagos, Navin Ramgoolam dénonce ce qu’il considère une maladresse de la part du gouvernement. « Nous avons commencé en empêchant les Britanniques de créer une zone marine protégée autour des Chagos en portant la question devant le Tribunal international du Droit de la Mer. Il y a eu un jugement consultatif de la CIJ et une résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies. Or, rien ne s’est produit parce que le gouvernement a été maladroit, ne fait pas ce qu’il faut et donne aux Britanniques des prétextes. Ils ont passé les législations qu’il ne faut pas. Or, en ce moment, il y a des négociations et il semble que le gouvernement ne fait pas ce qu’il faut. Je suis certain que lorsque nous prendrons le pouvoir, nous saurons ce qu’il faudra faire et nous recommencerons à faire valoir nos revendications. Les Anglais n’ont pas le droit de refuser », a-t-il dit.
De plus, il a critiqué une récente déclaration de Showkutally Soodhun, qui a condamné le directeur suspendu des services météorologiques, Ram Dhurmea, alors qu’une enquête à son sujet n’est pas complétée.
Invité à commenter une déclaration du Premier ministre, présentant la presse comme son principal adversaire, Navin Ramgoolam a mis en exergue que la liberté d’opinion est garantie par la Constitution. À une autre question concernant un projet d’IRS au Morne, il a fait comprendre que le ministre des Finances d’alors, Pravind Jugnauth, s’était prononcé en faveur du paiement d’une compensation à plusieurs dizaines de millions aux promoteurs après le gel d’un projet sur les recommandations de l’UNESCO.
Xavier-Luc Duval : « Un moratoire sur la construction de IRS et des centres commerciaux »
Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition et du PMSD, est revenu sur les dégâts causés par les inondations ayant affecté Maurice ces dernières semaines. Il a annoncé qu’une des premières décisions d’un éventuel gouvernement PTr-MMM-PMSD portera sur la construction des drains de manière professionnelle. De plus, il faudra équiper les officiers de police, les pompiers et les centres de refuge afin d’accueillir dignement les réfugiés.
D’autre part, Xavier-Luc Duval a souligné que l’Alliance PTr-MMM-PMSD réclame l’application d’un moratoire et d’un temps de réflexion au regard de la construction des IRS et centres commerciaux jusqu’à ce que les plans d’aménagement du territoire soient complétés dans les meilleurs délais. Il est aussi revenu sur sa demande en rapport avec la publication du Land Drainage Master Plan, comprenant un plan indiquant les endroits à risque en cas d’inondation.
Le leader du PMSD s’est appesanti sur la situation sur le plan éducatif. « 9 956 élèves ont failli à différentes étapes de leur formation l’année dernière. 30 000 enfants sont admis en primaire tous les ans. En 2023, 3 235 n’ont pas réussi aux examens du PSAC. Ils ont été admis en Extended Programme, où la majorité a failli. 3 391 élèves n’ont pas réussi au National Certificate of Education et 3 330 élèves ont échoué aux examens de SC. Maintenant, le gouvernement a décidé que seuls ceux ayant obtenu cinq Credits seront admis au niveau du HSC. C’est une erreur », dénonce-t-il.
Xavier-Luc Duval avance que ces chiffres illustrent la faillite du système d’éducation, faisant ressortir qu’avant l’introduction des 5 Credits, 2 743 enfants auraient été en mesure d’étudier au niveau du HSC parce qu’ils ont deux ou trois Credits. « Mais aujourd’hui, un même nombre ne pourra pas être admis en HSC à cause du gouvernement et de la ministre de l’Éducation. Le système de l’éducation n’est pas à la mesure de l’île Maurice moderne et du processus d’intégration des personnes défavorisées et qui ont besoin d’une chance dans leur vie », estime-t-il.
Xavier-Luc Duval a aussi été très critique contre la situation des travailleurs étrangers à Maurice. Il s’est appuyé sur le blâme donné par Transparentem à Maurice lorsque ce dernier a mené son enquête en 2022 et qui faisait état de beaucoup de maldonnes quant au recrutement des travailleurs étrangers à Maurice, aux Abusive Living Conditions et Abusive Working Conditions dans lesquels évoluent ces travailleurs. Il fait ressortir que la vérité est probablement pire que ce que dit Transparentem, réclamant la fin de l’esclavagisme moderne.
Paul Bérenger : « Rassemblement commun
pour la Journée de la Femme »
Pour Paul Bérenger, leader du MMM, la fête de célébration de l’abolition de l’esclavage à Pointe-Canon, Mahébourg, le 1er février a été un succès. Il a annoncé que les trois partis s’associeront de la même manière pour célébrer l’arrivée des travailleurs engagés le 2 novembre. La priorité du moment, d’après lui, est l’organisation d’un rassemblement commun le 1er mai devant la municipalité de Port-Louis.
À ce propos, Paul Bérenger affirme que l’Alliance de l’opposition attend toujours que la municipalité de Port-Louis donne son feu vert. Ce meeting sera un tournant, a-t-il dit, avant d’indiquer que la Journée internationale de la Femme sera célébrée de concert le 8 mars. Le thème de cette journée sera : « Invest in women, accelerate progress »
D’autre part, Paul Bérenger a commenté la manière dont Pravind Jugnauth a « intériorisé » sa défaite par le biais de sa déclaration politique tout en continuant d’affirmer que les élections générales pourraient avoir lieu l’année prochaine. « S’il était convaincu de sa force, il aurait respecté la Constitution et la loi selon lesquelles le 17 novembre le Parlement serait dissout automatiquement. Dire que les élections pourraient avoir lieu l’année prochaine est un aveu de faiblesse », dit-il.
Au regard des Chagos, Paul Bérenger estime que cela fait cinq ans que le jugement de la Cour internationale de justice a été prononcé et qu’une résolution votée massivement par l’Assemblée générale des Nations unies avait donné six mois aux Britanniques pour qu’ils se retirent des Chagos. « Le gouvernement par ses maladresses a donné des prétextes aux Britanniques pour créer des difficultés. Nous prenons l’engagement qu’après les élections, le gouvernement PTr-MMM-PMSD trouvera les moyens pour faire respecter le jugement du CIJ et celle de l’Assemblée générale des Nations unies », affirme-t-il.
De plus, Paul Bérenger a demandé que lors de l’inauguration de la nouvelle piste d’atterrissage et du port à Agalega, le leader de l’opposition et les députés représentant l’île fassent partie du voyage « si le gouvernement n’a rien à cacher ».
Sur le plan international, le leader du MMM a qualifié de révoltant le massacre qui a eu lieu à Gaza. « Depuis le dernier jugement de la CIJ, Israël fait tout le contraire. La CIJ est présidée par une juge américaine qui a voté les décisions prises par la Cour. Or, Israël de Netanyahu continue ses attaques avec la bénédiction des Américains », déclare-t-il.
De plus, il a affirmé que l’Algérie, qui est membre non permanent du conseil de sécurité, a présenté une résolution pour demander l’application des décisions de la CIJ. Paul Bérenger souhaite que le conseil de sécurité étudie cette résolution au plus vite.

