Dans le cadre de la préparation du budget 2024-25, la Confédération des Travailleurs des Secteurs public et privé (CTSP) a soumis son mémoire au ministre des Finances, Renganaden Padayachy. La CTSP propose ainsi notamment une réforme du secteur agricole, la suppression des taxes sur les appareils destinés à produire de l’énergie propre et l’introduction d’un système de contrôle des prix.
La CTSP soutient que l’agriculture domestique et l’agriculture à usage propre devraient être encouragées par les mairies et les autorités locales à travers la mise en place de structures et d’une plateforme pour encourager le système d’échange et de troc.
Le gouvernement, à travers des organismes comme le FAREI, devrait aussi tenir une formation sur les dernières biotechnologies pour les parties intéressées. De même, les installations et supports logistiques et de jardinage sur le toit devraient être encouragés sous forme de franchise de droits, et même subventionnés pour les familles pauvres et à revenus moyens. La CTSP voit en effet dans le jardinage « une opportunité pour les travailleurs licenciés de gagner leur vie », mais « en raison de la rareté des terrains, ce projet pourrait ne pas être réalisable ».
La CTSP propose que des modifications urgentes soient apportées à la législation afin que les terres privées inoccupées soient utilisées comme jardins communaux, dans la mesure où leur propriétaire ne les utilise pas et ne les entretient pas. À cet effet, le gouvernement pourrait dès lors soutenir le projet par la distribution gratuite de semences et d’autres formes de soutien au jardinage.
Par ailleurs, le syndicat préconise que les travailleurs licenciés devraient être considérés en tant que capital humain pour le développement de nouveaux secteurs économiques, tels que l’agriculture intelligente et le développement des énergies vertes. La confédération en profite sur ce point pour saluer la décision du gouvernement de recruter 1 000 travailleurs pour l’élevage de coraux.
Le gouvernement devrait également donner l’opportunité aux travailleurs licenciés, par le biais de formations et de soutien financier, de se lancer dans de nouveaux secteurs économiques, notamment à travers un projet agricole intelligent. Il est en outre rappelé que de nombreux pays d’Asie du Sud-Est ont développé le concept de retraite verte.
Ainsi, ces populations sont encouragées à s’engager dans des cultures à haute valeur ajoutée, comme les épices et le bois de teck, qui apportent un soutien économique à moyen et long termes. De fait, un programme similaire pourrait être introduit à Maurice, par l’intermédiaire du ministère de l’Agro-Industrie.
« Cela ne nécessiterait pas de grands espaces et les dernières technologies pourraient être adaptées à notre climat pour promouvoir un jardin couvert et vertical, comme à Singapour, qui, malgré la rareté des terres, a réussi à intéresser les jeunes au projet », propose cette confédération syndicale.
La CTSP propose également l’ouverture d’une université de recherche agricole à Rodrigues, mais aussi la distribution gratuite de plants et de graines par les autorités locales deux fois par an et la construction d’une usine de farine de fruits à pain dans l’île, dans le but d’encourager la population à consommer des aliments sains.
La confédération demande aussi de supprimer droits et taxes sur tous les appareils domestiques destinés à la production d’énergie propre (solaire, éolienne, etc). « Il est de la responsabilité du gouvernement de garantir que chacun ait accès aux nécessités de base, ce qui implique la nourriture. Aujourd’hui, il est triste de constater que les consommateurs sont soumis à des prix abusifs des matières premières », dénonce la CTSP, qui passe en revue la situation sur le marché des médicaments.
La CTSP est également en faveur d’une réduction des coûts de la connectivité à l’Internet. Mais également, pêle-mêle : une redéfinition du terme Minimum Wage, l’abolition des comités disciplinaires qui ne sont pas indépendants, la prescription d’un délai pour indemniser le propriétaire d’un véhicule en cas d’accident, un Maternity Leave fixé à 20 semaines, cinq jours de Paternity Leave après une naissance, un Maternity Benefit à Rs 8 000 (au lieu de Rs 3 000), la mise sur pied d’une Special Education Needs Authority, l’embauche de plus de personnel pour les SENS Schools, un Retirement Benefit pour les Full-Time Trade Union Activists,
l’instauration d’un Migrant Workers Centre et la création de Hawker’s Areas dans les grandes agglomérations.

