Pour la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, la relance économique, l’inclusion sociale et l’avenir avec les jeunes sont les grands axes du budget 2024-25. Ce qui constitue une constance dans la vision du gouvernement, a-t-elle précisé. Tout en déplorant l’absence des parlementaires de l’opposition de l’hémicycle, elle a fait ressortir que Maurice a su transformer les défis en opportunités, comme souligné par le Fonds monétaire international.
Leela Devi Dookun-Luchoomun a énuméré la série de mesures sociales dans le budget; allant de l’augmentation de la pension, qui permet ainsi au gouvernement de donner un montant supérieur à ce qui était prévu, au revenu minimum garanti, en passant par la Maternity Allowance et les soins aux jeunes cancéreux. Elle a également critiqué la démarche de l’opposition, qui a soutenu que l’argent pour toutes ces mesures viendra de la poche des consommateurs.
« Mais c’est logique. Car le seul revenu du gouvernement, c’est à travers la taxe. Il en est ainsi à travers le monde. Sauf que ce gouvernement a le courage de redistribuer les revenus aux foyers », plaide-t-elle, soulignant que tout le monde se retrouve dans ce budget. « L’écart se réduit entre les riches et les pauvres. L’opposition dit tout et son contraire. D’une part, elle affirme que nous ne faisons pas suffisamment et d’autre part, elle dit que nous faisons de l’assistanat », trouve-t-elle.
La vice-Première ministre a avancé que tous les secteurs de l’éducation, du préscolaire au tertiaire, ont été transformés. « Nous avons rétabli la vraie éducation gratuite. Dans un esprit d’équité, nous avons introduit le préscolaire gratuit. Auparavant, certains enfants entraient directement à l’école en primaire, car les parents n’avaient pas les moyens de payer le préscolaire. Or, c’est connu que le développement de l’enfant entre 0 et 3 ans est important pour son apprentissage dans la durée », s’appesantit-elle.
D’autre part, Leela Devi Dookun-Luchoomun a rejeté la critique de l’opposition selon laquelle le « système est une menace pour les jeunes. » Elle fait état de la réforme, notamment la Nine-Year Continuous Basic Education. « Nous avons mis l’accent sur le développement intégral de l’enfant », a-t-elle ajouté.
Elle est revenue sur la politique d’inclusion, avec la création de la Special Education Needs Authority (SENA). Concernant l’Extended Programme, elle a regretté que ses détracteurs ne s’arrêtent qu’à des chiffres, alors que la prise en compte du progrès des enfants est de mise. C’est ce que le Mauritius Examinations Syndicate (MES) fera à partir de cette année avec une nouvelle formule d’évaluation.
Par ailleurs, la ministre de l’Éducation s’est longuement exprimée sur la subvention allouée aux collèges privés. Elle a rejeté les critiques à l’effet qu’il y a eu des coupures drastiques dans les Grants. « La compensation pour l’utilisation des infrastructures est de Rs 350 000 à Rs 750 000 par mois. Cet argent va directement aux Managers. Ensuite, il y a un Grant pour les opérations, pour lequel il faut rendre des comptes, car il s’agit du Hard earned taxpayers money, comme le dit l’opposition. Tout ce que la PSEA demande, c’est qu’il y ait de la transparence dans l’utilisation des fonds », a-t-elle insisté.
Leela Devi Dookun-Luchoomun a remis en question l’autre critique de l’opposition comme quoi le gouvernement veut privatiser l’éducation, avec la déduction fiscale de Rs 60 000 pour les familles ayant des enfants fréquentant les écoles privées. « Nous ne sommes pas pour l’école unique. Nous sommes pour la diversité. Les enfants fréquentant ces écoles privées sont aussi les enfants de la République. Pourquoi seraient-ils moins méritants ? » dit-elle.
La VPM et ministre de l’Éducation a aussi commenté la revalorisation du secteur TVET et salué la performance de Polytechnics Mauritius. Répondant aux critiques au sujet des cinq Credits, elle a souligné que ceux n’atteignant pas cette exigence peuvent opter pour une formation ou tenter une deuxième chance, puisque le gouvernement prend dorénavant en charge les frais d’examens.
Pour ce qui est de l’exode des cerveaux, elle estime nécessaires des mesures pour encourager les étudiants mauriciens à revenir ou à rester au pays. En parallèle, a-t-elle conclu, Maurice est désormais un Education Hub, avec 3 000 étudiants internationaux inscrits sur les différents campus.

