Les dirigeants de l’alliance PTr-MMM-NB, sont revenus samedi sur le budget 2024-25. Pour Navin Ramgoolam, le ministre Padayachy a jeté l’huile sur le feu de l’inflation. Richard Duval s’est pour sa part appesanti sur la paupérisation de la classe moyenne. Paul Bérenger considère que le budget est un flop et n’a pas réussi à résoudre le problème de la hausse du coût de la vie.
Navin Ramgoolam a repris l’image du kalamindas, barbe-à-papa, pour qualifier les mesures budgétaires introduites par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy. « Minis inn fer larges ki paret gros, siro, me ki fonn dan labous », a-t-il déclaré. Il estime que le ministre a cru amadouer la population à la veille des élections pour sauver la peau du gouvernement, mais ce budget ne remédie à aucun problème.
Le leader du parti Travailliste avance que cet exercice est caractérisé par une absence de vision, ne propose aucun nouveau secteur et ne s’attaque pas aux problèmes fondamentaux de l’économie. Il s’est lancé dans une analyse de la situation considérant qu’au lieu de contrôler l’inflation et le coût de la vie, le ministre a jeté l’huile sur le feu ?
« Avec pour résultat que le coût de la vie continue à augmenter, la roupie est dépréciée délibérément. L’argent que le ministre accorde actuellement vaut la moitié de ce qu’il valait en 2014. Depuis cette dernière date, la roupie a déprécié de 48% vis-à-vis du dollar américain, de 30% pour l’Euro et de 21% par rapport à la livre sterling », souligne-t-il.
En fait, l’inflation de 7%, dont parle le ministre des Finances, ne reflète pas la réalité économique, estime Navin Ramgoolam, car les prix les produits de première nécessité, dont ceux de l’alimentation, la consommation d’électricité ont enregistré une hausse de 20%.
« C’est bien que le ministre accorde de l’argent, mais c’est une illusion qu’il crée. L’argent qu’il accorde actuellement vaut la moitié de ce qu’il valait en 2014. En plus, il y a une pénurie de dollars sur le marché ce qui donne lieu à un marché noir », fait-il comprendre.
Poursuivant, il a abordé l’absence de visibilité pour les opérateurs économiques, dont les PME, confrontés à de nombreux problèmes, découlant de la politique monétaire et fiscale du ministre Padayachy. « Il laisse la roupie se déprécier afin d’équilibrer ses comptes budgétaires à la fin de juin », ajoute-t-il en faisant état du déficit budgétaire, de la dette publique, des Export Services, des réserves de la Banque de Maurice et du PIB.
« Pire encore le PIB est augmenté artificiellement avec un apport de Rs 100 milliards puisé du Global Business. De plus, les chiffres concernant la dette publique sont escamotés. Si vous analysez les budgets de la CWA, de la WWA, du Metro Express vous constaterez que ces organismes bénéficient de l’argent sans remboursement et qui est considéré comme Equity », a-t-il étayé.
Concernant le secteur des services financiers, Navin Ramgoolam note que ce secteur est en en danger parce que le gouvernement a négocié avec l’Inde comme un amateur. « IIs ont accepté un amendement au traité de non double imposition qui n’est pas à l’avantage de Maurice », dit-il, en rappelant qu’à l’époque où il était Premier ministre il avait demandé une garantie à son homologue indien afin de s’assurer que Maurice ne perde pas ses avantages.
Au chapitre de l’éducation, Navin Ramgoolam a eu l’occasion de rencontrer des représentants des collèges privés et a promis que la PSEA et le Grant Scheme ainsi que le système d’éducation seront revus sous un éventuel gouvernement de l’Alliance PTr/MMM/ND.
Il a aussi évoqué les problèmes rencontrés par les artistes et a annoncé qu’un nouveau gouvernement non seulement créera un One–Stop Shop pour faciliter les démarches en vue de l’organisation de concerts. De plus, dans un premier temps, le stade Guy Rozemont pourrait être aménagé en vue de l’organisation de concerts.
Concernant la célébration de la Journée de la fonction publique, Navin Ramgoolam a dénoncé la manière de procéder du gouvernement pour obliger les fonctionnaires à être présents à la cérémonie organisée au SWICC hier. « Cette façon de faire est dégoutante et dangereuse pour le pays », trouve-t-il en soulignant que la fonction publique est un pilier pour le pays.
Richard Duval a lui aussi considéré que la cherté de la vie est le principal problème des pères et des mères de famille du pays. Il a fait part des difficultés rencontrées par les Mauriciens de la classe moyenne, « qui est en voie de disparition ». Il constate que devant l’appauvrissement de leurs parents les enfants préfèrent quitter le pays pour s’installer ailleurs. Il prévoit que si l’opposition arrive au pouvoir, tout sera fait pour empêcher l’exode des jeunes.
Richard Duval a aussi parlé de la nécessité d’introduire des cours d’initiation à la vie dans les établissements scolaires en mettant l’accent sur l’hygiène de vie, le respect de l’environnement et des animaux. Les jeunes devront également apprendre à vivre en communauté. Il a finalement déploré le manque de considération du gouvernement pour développer l’économie bleue.
Paul Bérenger a, pour sa part, estimé que le budget 2024/25 est un flop, sans aucun Feel Good Factor. Il estime également que le coût de la vie reste le principal problème affectant la population. Pour lui, le plus tôt possible les élections sont organisées le mieux ce sera pour le pays.
Commentant le Political Financing Bill, Paul Bérenger indique que cette question a été débattue en 2016. À cette époque, un comité ministériel présidé par Xavier-Luc Duval avait fait des recommandations qui étaient restées dans le tiroir pour finalement faire l’objet d’un texte de loi débattu au Parlement. Il note que le rapport d’un comité ministériel président par Anwar Husnoo avait connu le même sort.
« Malheureusement, le gouvernement a présenté un texte de loi au Parlement en 2019, qui est le contraire de ce qu’avait proposé le comité ministériel présidé par Xavier-Luc Duval. C’est le même projet qui revient sur la table », trouve Paul Bérenger.
Finalement, Paul Bérenger a demandé que la lettre adressée par Kavy Ramano à la Chambre des Notaires soit publiée. Il se demande pourquoi Kavy Ramano n’a pas rapporté à la police l’utilisation illégale de son nom dans cette affaire d’acte notarié pour une EIA Licence, tout en confirmant qu’une interpellation parlementaire du Joanna Bérenger concernant le ministre Ramano pour la séance de demain a été rejetée par le Speaker.

