À l’initiative de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) et de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU), un front commun a été constitué pour défendre les droits des salariés de ce secteur. La Federation of Education Unions (FEU), réclame en premier lieu, les ajustements sur les salaires, suivant la hausse du salaire minimum. Les explications données par le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, à l’Assemblée nationale récemment, n’ont pas convaincu, tout comme l’engagement pris par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, lors de la Journée de la fonction publique. La FEU invite également à ne pas confondre rapport du Pay Research Bureau(PRB) et la relativité salariale.
La FEU regroupe plusieurs syndicats du secondaire et du tertiaire, ainsi que des fédérations du service public. Ils sont en l’occurrence l’UPSEE, la GSSTU, l’University of Mauritius Staff Union, l’Association of MGI Senior Staff, la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBOU), l’All Workers Trade Unions Federation, entre autres. Ce regroupement a été initié, suite au dernier budget, où beaucoup attendaient une annonce au sujet de la relativité salariale. Depuis les différentes interventions des ministres concernés à ce sujet n’ont guère convaincu et laissent planer le flou, font ressortir les dirigeants.
La conséquence est qu’il y a aujourd’hui, une frustration à tous les niveaux. Les syndicats de l’éducation ont voulu faire bloc, pour faire entendre leurs voix, surtout que maintenant il faut compléter cinq années d’études au minimum, soit trois années à l’université et deux autres au Mauritius Institute of Education (MIE), pour le PGCE. « Ce sont cinq années d’études qu’il faut reconnaître. Le PRB va certainement travailler dessus, mais entre-temps, nous voulons que justice soit faite, à travers un ajustement salarial », fait ressortir Arvind Bhojun, président de l’UPSEE.
Il ajoute que cet exercice doit se faire avec effet rétroactif à partir de 2022, car dès l’introduction du salaire minimum, il avait été question de réaliser un rapport sur la relativité. Une telle situation provoque beaucoup de frustration dans le secteur, ajoute-t-il.
Une situation confirmée par la présidente de la Confederation of Independent Trade Unions (CITU), Rajshree Thylamay, qui estime qu’il faut rééquilibrer la grille salariale : « Cette frustration a gagné tous les secteurs. Il faut rétablir l’équilibre pour plus de sérénité », dit-elle.
L’intervention du ministre du Travail, Soodesh Callichurn, à l’Assemblée nationale la semaine dernière, n’a pas rassuré pour autant. « Il a dit que ce sera pour Very Soon. Cela ne veut rien dire. Je rappelle que par le passé, on nous avait promis une augmentation de 15% à la veille des élections, et par la suite, cela ne s’est jamais concrétisé », dit Roshan Boodhna, de l’Association of MGI Senior Staff.
Faisant référence à l’argument du ministre, à l’effet que l’exercice de réajustement salarial nécessite un calcul scientifique et qu’un expert a été recruté pour cela, il réclame de la transparence. « Est-ce que tous les travailleurs seront considérés pour cet exercice? Il faut jouer carte sur table. Nous avons droit à l’information, à la transparence », affirme-t-elle.
Deepak Benydin, président de la FPBOU, félicite l’UPSEE et la GSSTU d’avoir pris l’initiative de réunir les syndicats de l’éducation. Il indique que travailler dans ce secteur est devenu très difficile, avec le nombre grandissant de cas d’indiscipline et de violence enregistrés dans les écoles : « Nous demandons une rencontre urgente avec la Vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, pour discuter de la question », a affirmé le président de la FPBOU.
Il lance également un appel pour que le rapport sur la relativité salariale soit rendu public : « Le Premier ministre avait dit lors de la Journée de la fonction publique que le rapport était In the pipeline. Le ministre Callichurn est venu, lui, semer la confusion, en disant que cela concernera les salaires jusqu’à Rs 30 000. Nous voulons des éclaircissements à ce sujet », fait-il ressortir.
Deepak Benydin souligne qu’il n’est pas normal que quelqu’un qui débute sa carrière aujourd’hui ait le même salaire qu’un autre qui compte quatre années de service ou plus. « Le ministre a dit que 48% des entreprises du secteur privé ont déjà réajusté les salaires. Qu’en est-il du secteur public? Pourtant, ce n’est pas si difficile de procéder au réajustement dans le secteur public, car le PRB prévoit déjà un Ratio de 1:6,7 et il y a également le Master Scale», déclare-t-il. Il invite également à ne pas faire l’amalgame entre le rapport du PRB et le rapport sur la relativité salariale, qui est prévu dans la National Wage Consultative Council Act.

