15 ans des ZVZ : 15 000 hommes touchés à travers les diverses paroisses de l’île

Au-delà de la dimension spirituelle, les Zezi Vre Zom sont sur le terrain militant au quotidien pour leur pays en luttant contre les fléaux sociaux, dont la prolifération de la drogue

- Publicité -

« Je vois une grande conversion chez ces hommes. Cette formation apporte beaucoup de lumière dans leur vie et je vois beaucoup de changements dans les familles », constate le frère Jean Paul Lee Kam Yee, aumônier des Zezi Vre Zom (ZVZ), mouvement catholique qui marquera le 13 ses 15 ans d’existence. Quinze ans à toucher des hommes à travers l’histoire de Jésus, à les mettre sur ses pas, à remuer leur foi, telle les pulpes de fruits descendues avec le temps, au fond d’un verre de jus, et qu’il faut touiller pour retrouver le concentré. Laquelle foi opère en eux une remarquable conversion personnelle qui rejaillit non seulement sur leur famille, mais aussi sur la société… Au total, pas moins de 15 000 hommes auront été formés à travers le programme ZVZ durant ces 15 dernières années et qui, au-delà de la dimension spirituelle, militent au quotidien pour leur pays en luttant contre les fléaux sociaux. Faut-il souligner que le dernier Mauricien à être ordonné prêtre, Jean-Sébastien Géry, à Melbourne en Australie, est du sérail des ZVZ, à une étape de son cheminement. Retour sur ce parcours conçu en 2009 par le père Jean-Claude Véder.

Le mouvement ZVZ a pris naissance dans la paroisse du Sacré-Cœur, à Rivière-des-Anguilles, à la suite d’une réflexion que le père Jean-Claude Véder avait eue en tant que curé de cette paroisse, retrace le frère Jean Paul Lee Kam Yee. « Il avait constaté que contrairement aux femmes, les hommes étaient peu nombreux à participer aux réunions de la paroisse. Il s’est ainsi posé la question : où sont les hommes ?. » C’est ainsi que le prêtre s’est mis à écrire un programme pour les hommes, ce qui a donné lieu à une formation étalée sur dix semaines. « Il a prié et, avec l’aide de l’Esprit Saint, il a commencé à réunir des hommes le 20 janvier 2009 lors de la première session des ZVZ à Rivière-des-Anguilles », poursuit-il.

- Publicité -

Lorsque, par la suite, Jean-Claude Véder est nommé curé de la paroisse de Saint-Jacques, à Souillac, il y a dispensé la même formation. Au fil du temps, celle-ci se répand graduellement à travers l’île. Le père André Sunnassee, alors curé de Saint Julien, contribuera également à ce programme de formation, et lorsque le père Véder se voit confier d’autres responsabilités au sein de l’Église, il passera le relais au père Gérard Mongelard, auquel succédera le frère Jean-Paul.

« Nous avons touché environ 15 000 hommes à travers les diverses paroisses de l’île. Nous avons divisé le pays en sept régions pour ces formations : le Nord, le Sud, l’Est, l’Ouest, les hautes Plaines-Wilhems, les basses Plaines-Wilhems et Port-Louis. Chaque région a un responsable appelé serviteur. Les responsables (RR7) se regroupent avec moi une fois par mois pour faire le point. ZVZ est une formation et une catéchèse. Le mouvement est rattaché au Service diocésain de la catéchèse et du catéchuménat (SDCC). Le SDCC nous envoie aussi des formations pour ces hommes. Actuellement, la formation a lieu à Petite-Rivière et à Sainte-Hélène », ajoute l’actuel aumônier des ZVZ.

- Advertisement -

Après 15 ans d’existence, il décrit le mouvement comme un adolescent qui se remet en question. « En effet, après le Covid-19, nous avons constaté un peu de découragement au niveau des hommes. Il n’y avait plus autant de mobilisation. Beaucoup ont alors demandé what next ?. C’est ainsi que le père Véder a décidé d’écrire le ZVZ (II), un deuxième programme qui sortira l’an prochain. »

Lumière dans leur vie

Le nombre de participants à ce programme donne la mesure du succès du mouvement, qui a montré un impact percutant sur les familles d’abord, ensuite sur la société elle-même. « Cette formation a touché beaucoup de familles. Il y a des familles qui sont aujourd’hui épanouies et heureuses. Avant, les femmes allaient à la messe seules. Après la formation, les hommes se sont impliqués dans la vie de famille. Avant, on disait que les hommes jouaient, buvaient de l’alcool. Avec la formation, ils sont devenus plus responsables, d’après les témoignages des familles. Je vois une grande conversion chez ces hommes. Je connais par exemple un homme qui était alcoolique. Après avoir suivi cette formation, je crois que l’Esprit Saint, à travers la Parole de Dieu, a touché le cœur de cet homme. Aujourd’hui, il est heureux et épanoui dans sa famille, qui était autrefois désespérée. Je vois beaucoup de changements dans ces familles autrefois minées par des problèmes de jeux, d’adultère, etc. Ils sont bien sûr en chemin. La conversion se fait graduellement. Mais, cette formation apporte beaucoup de lumière dans leur vie », confie le frère Jean-Paul Lee Kam Yee.

Au-delà de la dimension spirituelle, les ZVZ sont très présents sur le terrain pour lutter contre différents fléaux sociaux, comme la drogue. « Beaucoup de ces hommes sont présents sur le terrain aujourd’hui pour apporter leur contribution civique au niveau national. Ils militent au quotidien pour leur pays dans tous les domaines, pour la justice, pour la paix, pour l’amour. Ils œuvrent au niveau de leur travail, de leur quartier, etc. », dit-il.

Des êtres pour ainsi dire transfigurés, à l’image de Jésus; des lumières non seulement dans la vie personnelle des ZVZ, mais aussi pour leur famille et pour le pays…

RALLYE-PELERINAGE Le 13 octobre Porter le pays en prière

Pour ses 15 ans, le mouvement ZVZ souhaite « mobiliser toute l’île, les ZVZ et leurs familles respectives » à travers un rallye-pèlerinage (voitures, bus). « Ce sera un rallye différent en ce sens que ce sera un temps de prière, et donc un parcours tout en recueillement, dans le silence. Ce sera l’occasion aussi de porter notre île Maurice arc-en-ciel en prière. Nous lançons donc un appel aux participants de respecter ce temps de recueillement tout au long du trajet », indique le frère Jean-Paul Lee Kam Yee.

Chaque région aura un point de départ. À partir de 10h, les participants se dirigeront vers Côte-d’Or, où le mouvement animera un temps de prière. « Côte-d’Or sera notre premier arrêt. De Côte-d’Or, les pèlerins se rendront à l’ICJM, Rose-Hill, pour un temps de louanges à partir de 14h, animé par Jean-Noël Lindor, qui a écrit des chansons spécialement pour la formation ZVZ. Les Mauriciens peuvent venir pour soutenir les familles », invite l’aumônier des ZVZ.

JEAN-FRANÇOIS TONTA (DIACRE ET ZVZ) : « La formation touche à notre vie d’homme de tous les jours »
« J’ai commencé ma formation en 2012. En fait, je ne m’étais pas inscrit à ce parcours, car à l’époque, je travaillais, et je n’étais pas sûr d’avoir du temps à y consacrer. Mais lorsqu’un jour je suis allé à la messe, dans ma paroisse, à Saint Patrick, le curé d’alors, Jean-Claude Véder, m’a convaincu de suivre la formation.

« Souvent, à l’époque, on rassemblait des hommes à Saint Patrick pour prier, pour faire des louanges et discerner sur les textes d’Évangile. Cela s’est déroulé pendant dix mercredis, après quoi on a eu une retraite d’un week-end. Le parcours ZVZ a raffermi ma foi dans le Christ. J’ai été profondément touché par cet homme, qui a donné sa vie pour sauver le monde.

« La formation touche à notre vie d’homme de tous les jours : notre vie de foi, notre vie familiale, professionnelle et sociale. Nous apprenons à être de bons maris, de bons pères, de bons employés, tout comme Jésus a été responsable dans chaque aspect de sa vie. La famille aussi bénéficie de ce parcours à travers le changement qui s’opère chez l’homme.
« Nous avons également eu une session spéciale père et fils. J’ai eu l’occasion de vivre une retraite d’un week-end avec mon fils pour parler de la vie, de son éducation etc. Cela nous a permis à l’époque d’améliorer notre relation. La formation est un guide pour les hommes dans leur manière de vivre avec leurs épouses respectives, comment leur faire confiance, comment faire confiance aux enfants, faire confiance à la vie, par Jésus-Christ. »

JEAN-FRANÇOIS BARDOTIER (ZVZ) : « De colériques à agneaux »
« J’ai suivi le parcours ZVZ en 2011 à Sainte Marie-Madeleine, Pointe-aux-Sables. J’étais toujours pratiquant et j’allais déjà à la messe régulièrement, mais ZVZ m’a donné l’occasion de prendre d’autres engagements au niveau de l’Équipe d’animation pastorale et du service d’accueil. J’ai aussi été animateur dans plusieurs sessions ZVZ à travers l’île.
« Nous avons des participants de toutes les couches sociales, d’employés de banque aux avocats, en passant par des travailleurs manuels. En tant qu’animateur, j’ai été témoin de plusieurs changements. Certains ne fréquentaient pas l’église, voire en colère avec leur religion, et après le parcours, vous les voyez venir à la messe avec leur famille toutes les semaines, intégrer une chorale d’hommes, prier en famille…

« On entend beaucoup de témoignages de changements radicaux dans la vie de ces hommes après ce parcours. Pour reprendre ce que le père Véder avait dit lui-même : Le parcours ne change pas juste l’homme, mais change aussi sa famille et sa vie dans la société. J’ai vu des hommes transformés, de colériques à agneaux. C’est incroyable. C’est vraiment la foi, car ZVZ est basé sur la Parole de Dieu. Quand cette Parole touche l’homme au plus profond de sa personne… Avant le ZVZ, c’est la femme qui assiste à des réunions à l’église, alors que l’homme s’assoit et regarde des matches de foot à la télé. Après le parcours, l’homme participe à toutes les activités en famille. »

DESIRE MOTEE (ZVZ) : « Quand un homme est touché, toute une famille est touchée »
« C’est en 2013 que j’ai suivi le parcours ZVZ à Pamplemousses. À l’époque, cette formation faisait le buzz. C’est donc par curiosité que je me suis inscrit et cela m’a apporté beaucoup. J’ai pris conscience de l’importance de la famille et de la valeur des autres dans la famille, dans le travail, dans la société.

«  J’ai ainsi pu davantage me mettre à l’écoute et mieux comprendre l’autre. Avant le parcours, je voyais les choses d’une seule manière : le rouge était rouge. Maintenant, il y a plus de partages, plus d’accueil. J’ai eu l’occasion d’animer et d’être responsable logistique de certaines sessions ZVZ. Actuellement, je suis serviteur de la région nord.
«  Quand on entend les femmes témoigner, on comprend qu’un homme touché, c’est une famille complète qui est touchée. Il y a des hommes qui ont retrouvé le chemin de l’église après plus de 20 ans. Et, aujourd’hui, ils sont très engagés au niveau de leur paroisse. Le parcours aide à grandir au niveau de la foi. Il y a plusieurs étapes dans la vie du catholique : le baptême, la première communion, la confirmation, le mariage, et après, souvent, on n’entend plus rien.

« Avec ZVZ et d’autres formations, le fidèle a l’occasion de progresser dans sa vie spirituelle. À certains moments de notre vie, on se pose des questions et ces formations apportent beaucoup de réponses. Il y a aussi beaucoup de solidarité, comme quand j’ai perdu mon père, qui était un ZVZ, la fraternité et le soutien que j’ai reçus étaient extraordinaires. »

- Publicité -
EN CONTINU
éditions numériques