GOPIO : Négociation pour baisser le coût pour les Girmityas

La Global Organisation for People of Indian Origin (GOPIO) International est en négociation avec les services consulaires de la haute commission indienne (HCI) à Maurice pour une baisse du coût de l’Overseas Citizens of India (OCI) Card pour les descendants de Girmityas, soit les descendants des travailleurs engagés indiens qui ont fait partie de la grande expérience britannique au courant du 19e siècle. C’est ce qu’a annoncé son président, Mookhesswur Choonee, lors d’une récente intervention à la cérémonie de lancement de la publication des communications des chercheurs du colloque “Dire l’engagisme dans l’océan Indien”, sous la direction de Céline Ramsamy-Giancone, sur le campus de l’Université de Maurice (UoM), au bâtiment The Core, à Ébène. À cette occasion, il a aussi proposé l’érection d’un mémorial sur l’île Plate et l’îlot Gabriel, deux lieux étroitement liés à l’histoire de l’engagisme à Maurice.
A Le-Mauricien, Mookhesswur Choonee indique que des démarches ont été entamées auprès des services consulaires de la HCI, à Ébène, et que ces derniers ont déjà transmis la demande d’accéder à une baisse des coûts des OCI Cards à l’intention des descendants de travailleurs engagés à Maurice. À ce jour, une seule et unique carte existe, l’OCI Card, dont les frais encourus pour l’obtention sont de Rs 12 530. L’OCI Card est venue remplacer la précédente People of Indian Origin (PIO) Card.
L’OCI card est un document émis par le gouvernement indien avec pour objectif de permettre aux personnes d’origine indienne de renouer avec leur pays d’origine. Ce document n’octroie pas la nationalité indienne à son détenteur, mais est comme un permis de résidence avec, de surcroît, un certain nombre d’avantages attachés. Il sert ainsi de visa d’entrée dans la Grande Péninsule à vie à condition de renouveler cette carte tous les dix ans ou à l’expiration du passeport, d’entreprendre des études, d’effectuer des transactions financières et de faire des affaires en Inde, d’exercer un certain nombre de professions (docteur, dentiste, avocat, architecte et comptable), d’acquérir des biens immobiliers à l’exception des terrains agricoles et de plantations, d’ouvrir un compte en banque et de bénéficier des avantages sur des vols internes.
Le détenteur de l’OCI Card ne peut cependant voter. Pour en faire la demande, il est indispensable de prouver sa filiation avec le pays d’origine, et à Maurice, la carte est octroyée à la 7e génération de personnes d’origine indienne.
Lors de son intervention à Ébène, Mookhesswur Choonee devait rappeler le rôle déterminant de GOPIO International, fondée en 1989, dans la reconnaissance des personnes d’origine indienne vivant à l’étranger. Mais aussi dans l’introduction de la PIO Card et, plus tard, l’OCI Card, dans l’institutionnalisation des Pravasi Bharatya Divas et d’inclure la diaspora indienne francophone dans l’engagement stratégique global de l’Inde.
Outre les démarches pour faire baisser les frais pour l’obtention de l’OCI Card, GOPIO International travaille en ce moment sur deux longs-métrages majeurs ayant trait à l’engagisme et son patrimoine. Il s’agit de Girmitya Files, selon l’apport de l’ambassadrice Baswati Mukherjee, auteure de The Indentured and their Route : a Relentless quest for identity, Vivek Agnihotri, connu pour ses Kashmir files, The Kerala files, The Bengal files. Le deuxième est porté par Suchhi Kumar, avec la participation d’artistes mauriciens, sous le parrainage du président de la République et du Premier ministre, fait ressortir Mookhesswur Choonee.
L’intervenant s’est longtemps appesanti sur cette période importante de l’histoire de Maurice et de celle de l’humanité, qui a vu le déplacement de plus d’un demi-million de travailleurs engagés qui ont foulé le sol de l’Aapravasi Ghat entre 1834 et 1920. Les descendants de travailleurs engagés sont évalués à plus de 35 millions, vivant dans 190 pays, souligne-t-il.
Observant que l’île Plate et l’îlot Gabriel ont servi de stations de quarantaine pour ceux touchés par le choléra, il affirme : « I strongly believe a monument should be erected on these sites, listing the names of those who died, and that an annual commemoration should be held to ensure future generations remember this forgotten chapter. » Il a aussi émis l’idée de recherches poussées sur l’exploitation des femmes, qui étaient minoritaires à leur arrivée à Maurice. Et a rappelé que l’Aapravasi Ghat est classé patrimoine mondial par l’Unesco, tout comme le paysage culturel du Morne.
Mookhesswur Choonee a également proposé à Céline Ramsamy-Giacone de transmettre son ouvrage aux producteurs indiens dans le but qu’ils puissent, à leur niveau, poursuivre ce récit mondial.

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