La Financial Crimes Commission (FCC) a ouvert une enquête sur les activités d’un entrepreneur de 31 ans, connu sous le surnom de Mouz. Proche d’un haut gradé de la police et fils d’un homme éclaboussé par le scandale du Reward Money avec la mise à exécution de l’opération DeepCode, ce trentenaire a été interpellé la semaine dernière, Place d’Armes, au cours d’un contrôle de routine.
La police soupçonne qu’il se trouvait sous l’influence d’une substance illicite. Lors de la fouille de son véhicule, les enquêteurs ont découvert Rs 390 000 en liquide ainsi que 16 600 dollars américains (environ Rs 765 000). Le suspect aurait également tenté de se débarrasser d’un sachet contenant de la drogue. Il a depuis été provisoirement inculpé pour blanchiment d’argent.
La Financial Crimes Commission veut comprendre l’origine de cette importante somme en devises étrangères et s’intéresse de près aux avoirs de l’entrepreneur, ainsi qu’à ses connexions dans le milieu de la drogue. Mouz est notamment à la tête d’une société spécialisée dans l’organisation de concerts et d’événements. Fait troublant : il est aussi l’ami du fils d’un ancien membre de la PHQ Special Striking Team (SST), lui-même dans le viseur de la FCC dans le cadre de l’enquête sur le Reward Money où les enquêteurs examinent les avoirs du papa et des membres de la famille. Entre-temps, les enquêteurs comptent examiner en détail le patrimoine de Mouz également.
Ce n’est pas la première fois que Mouz a affaire à la justice. En mars 2018, il avait été arrêté par l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) pour soupçons d’importation de drogue synthétique d’une valeur estimée à Rs 1 million. La drogue était dissimulée dans des bougies parfumées. Plus récemment, en mai dernier, il a été indirectement impliqué dans une rixe sanglante à Vallée-des-Prêtres. Selon des témoins, sa voiture a été repérée dans une ruelle du quartier, où des habitants le considéraient comme indésirable en raison de sa réputation. La situation a dégénéré et Mouz avait pris la fuite, abandonnant son véhicule. L’incident a conduit à l’arrestation d’un habitant surnommé Ben Laden, accusé d’avoir poignardé un employé qui travaillait chez l’ami que Mouz était venu visiter.
La Financial Crimes Commission aurait recueilli des informations préoccupantes au sujet des liens étroits que l’entrepreneur entretient avec au moins deux anciens membres de la SST. Sa convocation au Réduit Triangle serait imminente, alors qu’un dossier complet se constitue contre lui.
Par ailleurs, une policière (WPC) a porté plainte pour « intimidation criminelle » contre le suspect. L’incident s’est produit mercredi à la New Court House, alors qu’elle faisait partie de l’escorte chargée de le conduire. Selon sa déposition, Mouz, qu’elle a qualifié comme étant un High Profile Suspect, lui aurait lancé : « zot pa kone ki sannla zot finn trape. Si arive mo mont Remand ek mo loto sezi, kan mo sorti mo pa pou kit zot koumsa. Enn par enn mo pou fer zot mari ditor. »
En attendant, le suspect, qui devait passer la nuit au centre de détention d’Alcatraz, a été transféré dans une clinique privée à Moka, se plaignant de problèmes de santé. Il y est gardé sous surveillance policière.
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Reward Money : Le SP Jagai et l’ASP Seewoo restent en détention
Le surintendant Ashik Jagai et l’assistant surintendant de Police (ASP) Rajcoomar Seewoo, défendu par Me Assad Rujub, un ancien de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) restent en détention provisoire après leur comparution au tribunal de Port-Louis mercredi. La FCC objecte toujours à leur remise en liberté conditionnelle. Me Raouf Gulbul, qui représente le premier nommé, a présenté un Bail Motion dont les débats ont été fixés au 2 septembre. Tandis que l’ex-responsable de la Special Intelligence Cell de la SSU devra comparaître au tribunal de Port-Louis le 3 septembre.