Une importante opération de la Financial Crimes Commission (FCC) s’est déroulée à l’aube hier dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé trafic de faux certificats de naturalisation. Les enquêteurs ont ciblé le domicile de Priscilla Chokupermal ainsi que plusieurs résidences appartenant à ses proches. Une intervention qui a débuté vers 3h et s’est prolongée pendant plusieurs heures.
Cette action fait suite à une plainte formelle déposée par un représentant du ministère des Affaires étrangères après la découverte de soupçons de falsification et d’émission illégale de documents officiels liés à la citoyenneté mauricienne. Priscilla Chokupermal dirigeait une agence d’immigration basée à Ébène et proposait des services aux Mauriciens, mais aussi aux étrangers. Des publicités à ce sujet circulaient sur Facebook. Or, des victimes sont tombées dans le panneau en envoyant beaucoup d’argent sur le compte de l’agence, qui a fini par les arnaquer. D’ailleurs, cette entreprise d’immigration n’est pas accréditée par le ministère du Travail.
Au cours des perquisitions, les officiers de la Financial Crimes Commission ont procédé à la saisie plusieurs véhicules de luxe, dont une BMW, une Range Rover et une Mercedes ainsi que divers objets de valeur, dont des cellulaires et des montres. Le montant de la saisie est évalué à Rs 20 millions. La FCC soupçonne que l’argent escroqué a été blanchi à travers l’achat des objets saisis.
Outre Priscilla Chokupermal, son époux, Harry Saminaden Chokupermal, a aussi été interpellé. Ce dernier était un des responsables de l’agence Haute Consultancy d’Ébène. Des accusations de blanchiment d’argent pèsent contre le couple. Alors qu’une membre de leur famille, une femme, a été entendue au Reduit Triangle, car les enquêteurs la soupçonnent de servir de prête-nom dans l’affaire.
Priscilla Chokupermal n’en est pas à sa première confrontation avec les autorités. Elle avait en effet été arrêtée en 2017 dans une affaire de fraude visant l’entreprise de l’activiste politique Dev Sunnasy. Son nom est également associé à plusieurs dossiers financiers complexes remontant à plus d’une décennie.
En 2012, elle avait été arrêtée pour un vaste détournement de fonds au sein d’Enterprise Data Service (EDS), une affaire révélée l’année précédente. Les enquêteurs avaient alors dû examiner près de 1 800 chèques. Selon les conclusions de l’époque, elle rédigeait d’abord les noms authentiques des destinataires à l’aide d’un stylo spécial, puis les remplaçait, une fois les chèques signés, par ceux d’une entreprise liée à son mari ou par le nom de sa mère. En 2017, elle avait également été ciblée par une enquête de l’ICAC, devenue entre-temps la FCC.
La descente menée ce vendredi s’inscrit donc dans une longue historique de soupçons entourant ses activités financières. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer son implication éventuelle dans la circulation ou la fabrication de faux certificats de naturalisation, un dossier particulièrement sensible dans un contexte où les autorités renforcent les contrôles liés à l’acquisition de la citoyenneté.
L’enquête est toujours en cours et d’autres perquisitions pourraient être ordonnées. La FCC devrait communiquer davantage d’informations une fois les premières analyses complétées.

