Le ministère de l’Éducation n’a pas été au rendez-vous pour l’attribution des bourses additionnelles basées sur le mérite et des critères sociaux.
Contrairement aux années précédentes, la liste des bénéficiaires, classés parmi les 500 premiers au Higher School Certificate de Cambridge, n’a été publiée que mardi dernier, c’est-à-dire trois mois après la rentrée universitaire. La raison avancée, confie une source du côté de la MITD House, « est que de nombreuses demandes émanaient de candidats dont les parents perçoivent un revenu légèrement supérieur au seuil mensuel d’éligibilité. » Selon cette source, cette situation a requis un peu plus de temps pour être étudiée par le ministère de l’Éducation et de la Sécurité sociale respectivement. Les deux ministères travaillent conjointement sur le dossier des bourses additionnelles basées sur le mérite et des critères sociaux, octroyées à 16 candidats venant de foyers gagnant jusqu’à Rs 37 000 par mois et huit autres dont le revenu mensuel de leur famille ne dépasse pas Rs 18 500.
Le ministère de l’Éducation et celui de la Sécurité sociale auront ainsi pris un peu plus de huit mois — la soumission des candidatures ayant pris fin en avril — pour procéder à la sélection des boursiers. C’est par la presse, les réseaux sociaux ou des proches que ces derniers ont appris la nouvelle. Ceux à qui nous avons parlé pensaient même que leur candidature avait été rejetée, tant le temps avait passé. En effet, malgré leur situation financière, ils ont pu s’inscrire à l’université grâce au soutien et aux économies de leurs parents, voire d’autres membres de leur famille. Mais la bourse, disent-ils, viendra leur ôter une épine du pied. À la fin de la semaine dernière, ils n’avaient pas encore été informés sur les procédures à suivre.
Devi Nooshti Beelur, classée dans la filière économique et ex-élève du Dr Maurice Curé SSS, confie que son père décédé avait anticipé son avenir en mettant de l’argent de côté pour ses études. Sa mère ne travaille pas. Devi Nooshti Beelur poursuit actuellement des études en informatique et technologie à l’université de Curtin. Pour sa part, Jokenley Perrine, étudiant rodriguais dont la mère est également veuve, ne croyait plus en ses chances d’obtenir une bourse. Bénéficiaire d’une allocation mensuelle de Rs 6 000 du gouvernement régional, il est à Maurice depuis quelques mois où il étudie le génie civil à l’université des Mascareignes. Il peut aussi compter sur le soutien financier de ses proches à Rodrigues et travaille parfois en parallèle de ses études afin de payer son loyer et subvenir à ses besoins. Cette bourse, dit-il, viendra alléger les charges auxquelles il doit faire face.
Également originaire de Rodrigues, Agnès Félicité s’est pour sa part inscrite à l’université de Maurice, où elle suit des études en Business Informatics. La jeune fille, orpheline de père, habite chez ses grands-parents maternels à Maurice. Elle explique avoir travaillé auparavant et économisé pour assurer les dépenses liées à ses études. De son côté, la mère de Cédric Leroux, ancien élève du collège Royal de Port-Louis, confie que l’argent de la retraite de son époux a été utilisé pour financer la première année d’études de son fils en Malaisie. Le jeune homme, qui aspire à une carrière d’actuaire scientifique, tenait à faire des études.
Quant à Loana Augustin, ex-élève du collège Lorette de Port-Louis et classée 343e dans la filière scientifique, elle n’est pas encore inscrite dans une institution supérieure. Cette jeune fille, qui vit avec sa mère, veuve, avait décidé de prendre une année sabbatique après les résultats de HSC 2024. Encore en période de réflexion, dit-elle, elle estime qu’avec cette bourse, le financement de ses études est un souci en moins.
HSC 2024 — Retard des bourses sur critères sociaux : Déjà à l’université, les bénéficiaires n’espéraient plus !
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