Les dessous du réseau d’écoutes téléphoniques illégales sous le gouvernement de Pravind Jugnauth jusqu’au 10 novembre 2024, pourraient être étalés sur la place publique, confirmant du même coup l’authenticité si besoin est, des enregistrements de Missie Moustass Leaks de la dernière campagne électorale. C’est ce qu’appréhende l’Establishment du Central CID avec l’arrestation et les prochaines séances d’interrogatoire Under Warning, l’Assistant Commissioner of Police (ACP) Lilram Deal, ancien responsable de la Counter Terrorism Unit (CTU).
Ce haut gradé de la police, ancien bras droit de l’ancien Premier ministre en matière de sécurité, en détention provisoire pour n’avoir honoré les conditions de sa caution, a signifié formellement son intention de fournir le maximum d’informations au sujet des abus dans l’utilisation des appareils technologiques de la firme Pertsol, soupçonnés d’avoir servi à procéder systématiquement à des écoutes téléphoniques illégales. Il a confirmé qu’en plus de la Counter Terrorism Unit (CTU), deux autres unités de premier plan dans le domaine du Law and Order, nommément l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et le National Security Service (NSS), étaient des abonnés attitrés de ce système d’écoutes non-autorisées sous les dispositions de la loi.
Au cours de son interrogatoire au Central CID, Lilram Deal avait évoqué le secret d’État pour ne pas dévoiler certaines informations de nature sensible. D’ailleurs, il avait remis qu’une partie des codes utilisés pour le fonctionnement de l’appareil en question en ajoutant qu’il ne dispose pas d’autres codes. Ainsi, il a renvoyé la balle à l’ADSU et du NSS qui, selon lui, disposaient de leurs propres codes, dont il n’avait pas connaissance. L’ACP Deal a aussi indiqué qu’il avait remis la responsabilité de l’appareil Pertsol à un autre haut gradé de la police.
Les prochaines séances d’interrogatoire sur cette affaire risquent de faire tomber d’autres têtes aux Casernes Centrales, à moins que le Central CID ne demande un renvoi de l’exercice pour une raison qui lui soit propre. Car l’affaire risque de devenir embarrassante au plus haut niveau de la hiérarchie au sein de la force policière.
Entre-temps, l’ACP Deal ne compte pas dévoiler des informations classées secret d’État, mais plutôt tout ce qu’il sait sur le fonctionnement des équipements Pertsol, les policiers, qui en étaient responsable au sein du NSS et l’ADSU et d’autres éléments d’ordre administratif.
Lilram Deal a été inculpé provisoirement pour infraction aux dispositions de l’Official Secrets Act lors de sa comparution devant la Cour de Port-Louis en fin de semaine dernière. Il a bénéficié d’une liberté conditionnelle, le Central CID n’ayant pas objecté à sa remise en liberté sous caution. Il n’a pu fournir deux cautions de Rs 1 million chacune et signer une reconnaissance de dette de Rs 5 millions. La raison est que ses proches n’ont pu faire les démarches nécessaires auprès de la banque pour obtenir les Bank Cheques à cause de l’heure tardive.
Après un week-end passé en détention, l’ex-responsable de la CTU est attendu au tribunal de Port-Louis ce lundi matin pour le paiement de sa caution. Entre-temps, ses avocats ont annoncé leur intention de déposer une motion afin de faire rayer l’accusation provisoire retenue contre lui. Reste à savoir la position qu’adoptera la police après que le principal intéressé s’est engagé à faire certaines révélations.
Déjà suspendu dans une précédente affaire liée au dossier du Reward Money en marge de l’opération DeepCode de la Financial Crimes Commission, l’ancien chef de la Counter Terrorism Unit (CTU) se retrouve désormais au cœur d’un dossier particulièrement sensible, celui d’un présumé réseau d’écoutes téléphoniques clandestines avec des ramifications politiques à haut niveau sur le plan de la sécurité intérieure et extérieure.
Convoqué par le Central CID la semaine dernière, l’ACP Deal a été interrogé sur ses liens éventuels avec ce système de surveillance illégale. Les enquêteurs cherchaient notamment à obtenir les codes nécessaires au décryptage d’un appareil Pertsol saisi dans le cadre de l’enquête.
Cette arrestation intervient alors que les enquêteurs affinent leurs soupçons sur l’existence d’un système d’écoute structuré, qui aurait fonctionné grâce à une collaboration informelle entre d’anciens cadres de Mauritius Telecom et d’ex-anciens nominés politiques influents de Lakwizinn du Prime Minister’s Office. Cette affaire ne serait qu’à un stade intermédiaire, d’autres développements étant attendus dans les semaines à venir, avec de nouvelles auditions et d’éventuelles inculpations, avec la police affirmant expect the unexpected dans les développements à venir…

