Après l’annonce du PM – Shanto : « Toute réforme au détriment  des travailleurs aura des conséquences »

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a annoncé dans son discours du Nouvel An que l’année 2026 sera celle de la réforme économique. La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) a réagi à cela, en émettant le souhait que le bien-être et le respect des droits des travailleurs soient aussi considérés. Pour Atma Shanto, le négociateur, cette réforme économique doit se faire dans le dialogue, et non pas être imposée. Autrement, il y aura un prix à payer, met-il en garde.

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« Ce sont les travailleurs, ceux du secteur privé en particulier, qui roulent l’économie du pays. Sans eux, il n’y aura pas de réforme économique », déclare Atma Shanto, donnant le ton de cette nouvelle année dans le monde syndical. Il indique qu’en 2025, des événements ont poussé les différentes centrales syndicales à se mobiliser et à se regrouper. Il estime qu’il faudra rester vigilant et maintenir la mobilisation pour la nouvelle année.
Se référant au message du Nouvel An du Premier ministre, selon lequel 2026 sera l’année de la réforme économique, il plaide pour que cela se fasse en consultation avec les représentants des travailleurs. « Toute réforme au détriment des travailleurs aura des conséquences. Comme on le dit souvent, Maurice est sur une poudrière. Cette réforme ne doit pas être imposée. Elle doit se faire dans le dialogue. Autrement, il n’y aura pas les résultats escomptés »,estime-t-il.
Pour le syndicaliste, cela concerne également les travailleurs étrangers. « Le PM a dit qu’il faudra continuer à recruter les travailleurs étrangers. Nous espérons que le gouvernement va mettre fin aux abus également. À la fois de la part des agents recruteurs et des employeurs », laisse-t-il entendre. Il déplore le fait que dans certaines entreprises, des employés mauriciens ont été mis à la porte pour des raisons banales et remplacés par des étrangers. « Certains préfèrent les étrangers parce qu’ils peuvent leur imposer des conditions esclavagistes. Ils doivent être disponibles à tout moment », poursuit-il.
Atma Shanto a passé en revue la situation dans un hôtel du Sud, où des travailleurs ayant plus de 20 ans de service ont dû démissionner en raison des conditions difficiles. Ils ont été remplacés par des étrangers. « J’ai entendu le ministre du Travail, Reza Uteem, dire qu’il y aura un comité interministériel sur les travailleurs étrangers. J’espère que ce comité ne va pas céder à la pression des patrons du secteur privé »,dit-il encore.
De même, a ajouté Atma Shanto, toute réforme économique passe également par un renforcement des institutions. Il a cité en exemple l’Employment Relations Tribunal, la Commission de Conciliation et de Médiation, ou le ministère du Travail lui-même, qui doivent être valorisés, afin d’assumer pleinement leurs rôles.
Par ailleurs, le négociateur de la FTU a rappelé au gouvernement que de nombreuses promesses ont été faites pendant la campagne électorale et qui attendent d’être concrétisées. « L’une des premières actions de ce gouvernement du changement a été de faire un rapport sur l’économie, qui est devenu depuis l’excuse parfaite pour repousser toutes les promesses. La population attend toujours un soulagement concernant le coût de la vie. N’attendons pas de voir des milliers de personnes dans la rue, comme cela se passe actuellement à Téhéran pour réagir. »
Dans le même ordre d’idées, il a déploré les conditions dans lesquelles le rapport du Pay Research Bureau (PRB) a été présenté et le fait qu’il sera appliqué en deux étapes. « C’est une contradiction totale. En même temps, cela nous fait penser également, que dans le privé, il y a un gel des salaires. De plus, il y a des Remuneration Orders qui n’ont pas été revus depuis des années.»
Atma Shanto souhaite également que les entreprises procèdent au paiement de la compensation salariale à la fin de janvier, conformément à la loi. « Le ministère du Travail doit effectuer un monitoring pour s’assurer que la loi a été respectée. Car il y a eu un cas où la compensation salariale de 2024 n’avait pas été payée. L’affaire a été portée en Cour industrielle. Toutefois, il y a eu un arrangement fait en l’absence du plaignant, pour un ajustement salarial, mais pas pour le paiement des arrérages. » Il a indiqué que le syndicat a réclamé une enquête générale sur cette compagnie.

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