Des appels désespérés des conservateurs britanniques sollicitant une intervention du président US dans une tentative de bloquer la ratification du traité anglo-mauricien du 22 mai 2025
Le First Minister du GM des Chagos en exil en quête d’un tête-à-tête avec le chef de la Maison-Blanche
Le ton accompagnant les débats sur la rétrocession de la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos ne fait que se durcir. En effet, enhardis par le fait que quatre des 55 amendements proposés au Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill ont été adoptés dans la nuit de lundi à mardi à une majorité à la House of Lords, deux faisant partie du gang des Anti-Chagos Deal, en particulier les conservateurs britanniques, avec le soutien tacite des libéraux-démocrates, tentent de jouer leur va-tout politique et diplomatique pour bloquer la ratification de l’accord du traité anglo-mauricien agréé le 22 mai 2025. Après avoir épuisé tous les arguments du coût du Deal au préjudice des contribuables britanniques à la menace de la présence et de la mainmise des Chinois sur ce point stratégique et névralgique dans l’océan Indien ou avec le dernier argument en date les risques potentiels à l’écosystème marin unique autour de l’archipel, ils reviennent à leur premier amour, soit la (Donald) Trump Card.
Comme ce fut le cas avec l’entrée en fonctions du président des États-Unis en janvier dernier, les conservateurs britanniques, sous la férule de Dame Priti Patel, Shadow Foreign Secretary, et l’appui du Great Britsh PAC, misent sur une intervention du chef de la Maison-Blanche pour renverser la tendance au sujet de l’exercice de souveraineté de Maurice sur les Chagos. En parallèle, le First Minister du gouvernement des Chagos en exil, Misley Mandarin, souhaite une rencontre en tête-à-tête avec Donald Trump pour faire état des objections contre le retour des Chagos sous contrôle de la République de Maurice.
Ainsi, dans un des derniers Posts en date du 7 janvier, soit au lendemain du vote à la House of Lords sur le site Conservative Post, mention est faite que « First Minister Misley Mandarin, representing the Chagossian government in exile, has written to Mr Trump urging him to act and is understood to be seeking a meeting in the United States. In an open appeal to the British public, he warned that once ratified the deal would be irreversible and called on voters to contact their MPs and peers. » Cet appel est également repris dans la presse britannique, objectant à la conclusion formelle à l’accord du 22 mai 2025 dans les prochaines semaines.
Conscients que le vote obtenu le 5 janvier à la House of Lords constitue « a narrow window » pour porter l’estocade politique à la restitution de l’archipel des Chagos à Maurice, les conservateurs britanniques veulent à tout prix obtenir cette intervention de Donald Trump sous forme de Deus Ex Machina à cette ultime étape des procédures devant la House of Lords et la Chambre des Communes – le gouvernement de sir Keir Starmer devant retourner devant cette dernière instance avec le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill revu et corrigé.
Le souhait exprimé par les conservateurs est libellé comme suit: » President Donald Trump is being urged to intervene to halt Britain’s proposed handover of the Chagos Islands, amid mounting warnings that the deal could damage Western defence, undermine environmental protections and saddle UK taxpayers with a long-term financial burden worth more than £500 per person. »
Le gang des Anti-Chagos Deal fonde son espoir d’une issue favorable à sa cause en alléguant que « sources close to Washington say he has been re-briefed in recent days on the implications of the Chagos deal for Western defence, particularly in light of growing competition with China and instability in the Middle East. » Cette thèse est défendue par Nile Gardiner, une ancienne collaboratrice de Margaret Thatcher « who cautioned that the proposed agreement could grant China a strategic foothold in the Indian Ocean and jeopardise the future of the Diego Garcia base. » Elle était intervenue cette semaine dans les colonnes de The Telegraph à Londres.
Dans la conjoncture, outre le ciblage caractérisé de la capacité de Maurice de gérer et d’assurer la surveillance de la Zone économique exclusive de Maurice, autour des Chagos – présentée comme « a vast marine reserve, with some of the healthiest coral reefs and fish populations in the world » –, n’importe quel argument susceptible de porter préjudice à Maurice est monté en épingle à cravate. « Security anxieties have been compounded by recent international developments. Mauritius has been linked in reports to illicit financial networks connected to Venezuela’s Maduro regime, while leaked documents cited by campaigners suggest China has shown strategic interest in the region beyond the 99-year lease period. There are also concerns that the treaty could conflict with existing nuclear-free zone arrangements under the Pelindaba Treaty, potentially complicating future AUKUS-related operations from Diego Garcia », avance le dernier Conservative Post en date.
D’ici à la prochaine étape décisive, avec une nouvelle séance de la House of Lords lundi pour l’étape du Third Reading du Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Bill, la campagne autour de cette hypothétique intervention de Donald Trump ne fera que s’accentuer. Toutefois, ces mêmes conservateurs concèdent que « while the US State Department expressed support for the agreement in May, no formal statement has been issued by the White House. Supporters of intervention argue that a request from Washington for further scrutiny would significantly alter the political landscape in Westminster. »
L’objectif de la campagne anti-Chagos Deal est de Sidetrack les procédures devant la House of Commons, où le Labour conserve une majorité confortable, les conservateurs se félicitant que « whether the President Trump decides to act remains uncertain. But with parliamentary delays, legal action under way and international attention intensifying, the future of Chagos and Diego Garcia is no longer solely a matter for Westminster. »
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House of Lords – Précision : Lord Callanan (Conservative) instead of Baroness Chapman of Darlington
« But by transferring sovereignty of the Chagos Archipelago to the Mauritian Government, Ministers are putting the future of that MPA in an uncertain position. Yes, the treaty provides for Mauritius to maintain the MPA, but what tools do the Mauritian Government have at their disposal to discharge those responsibilities? I do not doubt their commitment, but I doubt their ability to actually enforce it. » (Lord Callanan)

