L’ancien bâtiment qui abritait autrefois le département de planification de la municipalité de Curepipe, situé rue Remono, pourrait devenir le siège d’une entité sportive. «Celle-ci, qui a approché la mairie pour s’installer dans ce bâtiment contre une location, n’a pas encore reçu de réponse à sa demande», nous dit le maire de Curepipe, Dhaneshwar Bissonauth. «Il y a quelques semaines, j’ai effectué une visite du bâtiment pour en faire le constat «, déclare-t-il. Précisant qu’aucune décision n’a encore été prise concernant l’avenir de cette bâtisse.
Fermée depuis plusieurs années, elle est à l’abandon et n’est pas sécurisée, ce qui explique l’état dans lequel nous l’avons trouvée hier matin. Insalubre, le bâtiment d’un étage est visiblement devenu un repaire. Fenêtres enlevées, plafond éventré et toiture endommagée, il se trouve dans un état pitoyable. De vieux documents jonchent le sol.
C’est ce même bâtiment qui avait été identifié, en 2020, pour devenir le premier abri de nuit de la ville, destiné à accueillir les sans-abri. Cependant, l’idée a rapidement été abandonnée pour des raisons administratives. À l’époque, pendant la pandémie de Covid-19, le maire d’alors, Hans Marguerite avait mobilisé des volontaires pour distribuer des repas aux sans-abri de la ville, laissés pour compte. Dans la foulée, l’idée d’un hébergement temporaire avait émergé, et le bâtiment de la rue Remono semblait représenter une solution en termes de lieu d’accueil. Mais sans une rénovation complète, le projet ne pouvait pas se concrétiser. Le coût estimé pour transformer l’ancien département de planification en maison d’accueil était de Rs 3,5 millions. Une promesse de don de Rs 500 000 avait même été faite par un commerçant de la ville. Toutefois, au lieu d’ouvrir en juillet 2021, comme nous l’avait annoncé Hans Margueritte à l’époque, l’abri de nuit n’a jamais vu le jour. Pire, le bâtiment s’est davantage détérioré. Contacté, Hans Marguerite explique pourquoi le projet de reconversion est tombé à l’eau. “ Ce bâtiment appartient aux Collectivités Locales. La mairie ne peut en disposer à sa guise. Il aurait pu devenir un abri de nuit uniquement si le projet avait été porté par le gouvernement. Et si le bâtiment avait été la propriété de la mairie, elle aurait dû lancer un appel d’offres pour tout projet “, précise-t-il. Ce dernier laisse comprendre que si les procédures administratives ont fait obstacle à la reconversion de l’ancien bâtiment, le projet d’abri de nuit était maintenu à son agenda.
“Je ne suis pas au courant du projet d’abri de nuit. D’ailleurs, Curepipe ne compte pas beaucoup de sans-abri : il y en a un ou deux dans le centre. Néanmoins, ce lundi, je vais m’en enquérir auprès de l’administration et recueillir toutes les informations. Il faudra ensuite que j’en discute avec l’administration de la mairie”, indique Dhaneshwar Bissonauth.
Pendant la période festive, le kiosque du jardin botanique de Curepipe a servi de refuge à un sans-abri, tandis qu’un autre dort à l’abri des regards en face d’un centre commercial depuis plusieurs semaines. Un abri de nuit, pouvant également accueillir temporairement des personnes en détresse à Curepipe, ne serait donc pas de trop.

