En ce début d’année, la direction générale du Central Electricity Board (CEB) se retrouve sous haute pression. De ce fait, le conseil d’administration a dû se réunir d’urgence, hier, pour se pencher sur deux affaires considérées comme étant extrêmement graves et avec des préjudices substantiels pour ce corps parapublic. C’est ce qu’indique une correspondance émise par les services de communications du ministère des Utilités publiques. D’ailleurs, la convocation de cette réunion d’urgence du Board émane du ministère de tutelle, dans la mesure où dans les deux des cadres du CEB sont directement impliqués.
La première affaire porte sur un vaste réseau présumé de fraude à l’électricité, évalué à environ Rs 125 millions, au détriment du CEB. Cette fraude aurait été perpétrée par un cold storage situé à Pailles et se serait étendue sur une période d’environ dix ans. Les faits ont été mis au jour par l’Audit Squad du CEB, qui a transmis un rapport détaillé au ministère de l’Énergie et des Services publics. Le dossier a également été référé à la police pour des besoins d’enquête.
Le CEB poursuit, en parallèle, ses investigations au niveau interne en vue d’identifier le réseau de complicité à tous les niveaux, tandis que le ministère affirme suivre cette affaire de très près, compte tenu de son ampleur et de son impact financier. Avec l’affaire référée à la police, les premières convocations pour interrogatoire Under Warning et éventuellement inculpation provisoire ne devront pas tarder à se matérialiser.
Le second dossier concerne un incident survenu aux alentours de minuit dans la nuit du 26 décembre, impliquant deux cadres du CEB, à savoir un ingénieur et un Technical Officer. À la suite d’une altercation avec la direction du casino du Caudan, ces deux employés auraient agi dans un esprit de vengeance, en donnant des directives directes au Control Room du CEB pour procéder à une coupure ciblée de l’alimentation électrique du Casino Caudan, du Blue Penny Museum et de l’hôtel Labourdonnais. Cette interruption, d’une durée de 66 secondes, aurait été effectuée sans aucune autorisation, en dehors de tout cadre réglementaire et en violation flagrante des procédures en vigueur.
Le conseil d’administration a souligné que cet acte aurait pu avoir des conséquences graves, notamment en matière de sécurité, de fonctionnement des établissements concernés et d’atteinte à la réputation du CEB. L’utilisation abusive de l’autorité et des infrastructures critiques de l’organisme à des fins personnelles et revanchardes est considérée comme une faute extrêmement sérieuse.
À l’issue de cette réunion, le Board a indiqué que toute la lumière devra être faite sur ces deux dossiers. Des mesures disciplinaires sévères, ainsi que des actions légales, pourraient être envisagées selon les conclusions des enquêtes en cours. Le ministère de l’Énergie et des Services publics a réaffirmé sa volonté de voir ces affaires traitées avec rigueur, transparence et fermeté, afin de préserver l’intégrité du CEB et la confiance du public.

