Une journée empreinte d’histoire et d’émotions, jeudi, pour marquer le jubilé de diamant du collège London. Ce collège avait ouvert ses portes le 10 janvier 1966 dans un contexte historique alors que Maurice se préparait pour son indépendance, après la conférence constitutionnelle de Lancaster House de septembre 1965.
La présence du ministre des Terres, Shakeel Mohamed, aux célébrations, avec le lancement d’un nouveau site Web du collège, a été l’occasion pour situer l’évolution intervenue au cours de ces 60 dernières années. Terry Chan Lam, qui a repris le flambeau du fondateur, Harold Chan Lam, s’est félicité du parcours réalisé non seulement sur le plan académique, mais aussi sur le front extrascolaire.
Sans le collège London, le paysage dans l’éducation secondaire aura été complètement différent. Et au cours de ces 60 ans, ce collège a su assurer l’accompagnement, la formation et la réussite d’une partie de la jeunesse mauricienne. Et aujourd’hui, il est encore fidèle à sa mission, soit servir avec foi et conviction la jeunesse.
Tout en saluant la vision du père fondateur du collège London, le ministre Mohamed n’a pu s’empêcher de commenter les répercussions de la baisse de la natalité sur la population estudiantine. « Dans certaines circonscriptions, des bâtiments scolaires ont récemment été démolis faute d’élèves. Ce n’est pas un problème uniquement mauricien, c’est une tendance mondiale. Auparavant, les familles comptaient parfois 8, 10, voire 12 enfants, alors qu’aujourd’hui, la norme se situe généralement autour d’un ou deux enfants. La réduction de la population scolaire est nette, et c’est une réalité à laquelle nous devons réfléchir sérieusement », a-t-il fait comprendre en ajoutant : « Moins d’élèves veut dire moins de professionnels demain : moins de plombiers, moins d’électriciens, moins d’enseignants, moins d’avocats, moins de compétences dans tous les domaines. Aucun pays ne peut se développer sans ressources humaines qualifiées. »
De son côté, le manager et recteur du Collège London, Terry Chan Lam, a mis l’accent sur le fait que les 60 ans d’existence ont été un parcours jalonné de défis, de difficultés, mais aussi de grandes fiertés. « Aujourd’hui, quand je regarde le chemin parcouru, je mesure le travail accompli avec les fondateurs et toutes les personnes qui ont contribué à bâtir cet établissement. »
Mais 30 ans après, Terry Chan Lam ne peut cacher sa satisfaction renouvelée devant ce que le collège London a accompli. « Lors de la rentrée, le fait de voir les élèves contents de revenir, retrouver leurs amis, les enseignants et le personnel a été pour moi un moment de fierté. Le collège est une grande famille », a-t-il dit en concédant que comme dans toute famille, il y a des hauts et des bas. « Il peut y avoir des cas d’indiscipline, mais avec le dialogue et les bonnes méthodes, on parvient toujours à trouver des solutions. »

