Agalega : Aucune réussite aux examens du SC

– Une réflexion profonde s’impose

- Publicité -

L’échec des cinq candidats agaléens aux examens de School Certificate 2025 suscite de nombreuses interrogations. D’autant que pour la première fois, les examens se sont déroulés dans l’archipel, en accord avec Cambridge International Examinations. Les habitants souhaitent ainsi une réflexion profonde sur la question de l’éducation. « Faire passer les examens sur place était une très bonne initiative, mais ce n’est pas suffisant. Il y a beaucoup d’autres problèmes qui affectent l’éducation des enfants et qui méritent une réponse urgente », affirment-ils.

Il faut d’abord faire le lien entre ces résultats du SC et ceux du National Certificate of Education (NCE) 2025, où une chute de 40% avait été relevée. Les conditions de vie dans l’archipel, les infrastructures, ainsi que les conditions dans lesquelles l’éducation est assurée reviennent sur le tapis.

- Publicité -

L’échec scolaire à Agalega, dit-on, est multifactoriel. « Il y a d’abord un gros problème de logement. Comment un enfant va-t-il se concentrer sur son éducation quand il y a trois familles vivant dans une maisonnette ? Depuis plus de 15 ans, on attire l’attention sur l’urgence de construire de nouvelles maisons. À ce jour, les Agaléens n’ont jamais eu leurs titres de propriété malgré les différents appels des personnes défendant leurs droits. Sous l’ancien gouvernement, il n’y a eu que des promesses », indiquent les habitants.

Ils pointent aussi du doigt le ministère de l’Éducation et MEDCO qui, disent-ils, doivent prendre la question au sérieux et s’assurer que les enseignants qui viennent travailler à Agalega le fassent par conviction, et non seulement pour la Disturbance Allowance, à hauteur de 20% de leurs salaires. « Souvent, les enseignants arrivent à la veille de la rentrée, quand ce n’est pas à la fin du premier trimestre. Et ils changent tout le temps. »
Sans compter que depuis le passage du cyclone Chido, il n’y a plus d’école. Les classes se font dans la bibliothèque, car le bâtiment a été endommagé. « L’éducation à Agalega, c’est une autre réalité. Il faut une refonte en profondeur, du préscolaire au secondaire. Cela figurait dans le Master Plan de l’ancien gouvernement pour Agalega. Mais ce Master Plan est resté dans un tiroir… »

- Advertisement -

Les élèves du secondaire habitant l’île du Sud abandonnent souvent leur établissement scolaire, car ils doivent faire la traversée et leur présence dépend souvent de la marée et du temps.

L’Association Les Amis d’Agalega avait fait une requête pour que l’Église puisse collaborer avec l’État concernant l’éducation dans l’archipel. Une délégation avait même rencontré l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean-Michaël Durhône, à ce sujet, quelque temps après son ordination. Auparavant, le diocèse de Port-Louis gérait déjà l’école primaire, mais elle a été reprise par le gouvernement.

EN CONTINU
éditions numériques