Échiquier politique — Alliance du Changement : Bérenger prône un apaisement au sein du GM

« On recommande de ne pas partir et de donner le meilleur de nous-mêmes, et de travailler vers mars, et espérons-le au-delà de mars. » C’est ce qu’a déclaré samedi le Deputy Prime Minister et leader du MMM, Paul Bérenger lors d’un point de presse donné à l’issue de la réunion du comité central de son parti.
Cette réunion très attendue après celle du bureau politique organisée au début de la semaine écoulée aura permis donc de mettre fin aux spéculations autour de l’Alliance du Changement et de permettre l’installation d’un climat d’apaisement au sommet du gouvernement. Paul Bérenger, qui rencontrait la presse en compagnie de Rajesh Bhagwan secrétaire général du MMM et de Joanna Bérenger, vice-présidente du MMM, le président du MMM, Reza Uteem, se trouvant actuellement à l’étranger, a expliqué que la semaine écoulée avait été très fructueuse, marquée par une série de rencontres avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam. « Nous avons bien progressé sur plusieurs sujets. Vendredi, il y a eu un très bon conseil des ministres. La situation a évolué positivement », a-t-il affirmé.
Paul Bérenger a révélé avoir eu trois rencontres en tête-à-tête avec le chef du gouvernement. Des échanges qu’il estime décisifs, notamment à la lumière du conseil des ministres de vendredi. Pour le leader du MMM, ces discussions ont permis de dissiper plusieurs incompréhensions et de désamorcer une crise qui menaçait la cohésion de l’alliance.
Afin d’expliquer la position adoptée par son parti, Paul Bérenger est revenu sur les débats internes ayant traversé le MMM, identifiant trois tendances distinctes. La première, plus radicale, prônait une sortie de l’alliance gouvernementale. S’il a reconnu avoir, à un moment donné, été tenté par cette option — résumée par l’expression « enough is enough » — il a précisé qu’elle n’a jamais été défendue au comité central.
La deuxième tendance, majoritaire, s’est imposée comme la ligne officielle du parti. Elle repose sur une lecture pragmatique de la situation politique actuelle, tenant compte des engagements pris par Navin Ramgoolam et le parti Travailliste. Pour ses partisans, rester au gouvernement est indispensable afin de mener à bien des réformes majeures et d’éviter aux militants mauves les dérives de la « victimisation » déjà vécue par le passé dans l’opposition.
Une troisième tendance, qualifiée d’opportuniste, regrouperait ceux qui souhaitent demeurer au pouvoir « à tout prix », une posture que Paul Bérenger n’a pas manqué de critiquer, sans toutefois s’y attarder.
Le maintien du MMM au sein du gouvernement s’appuie, selon Paul Bérenger, sur deux chantiers législatifs majeurs : la réforme électorale, considérée comme un combat historique du parti, et la refonte en profondeur du système de sécurité, incluant la police et l’ADSU, avec la mise en place annoncée de la National Crimes Agency. Il a cependant tenu à préciser que l’aboutissement de ces réformes ne signifiera pas automatiquement un retrait de l’alliance, affirmant sa volonté de « travailler en équipe » au-delà de l’échéance de mars, dans l’intérêt du pays.
Enfin, le leader mauve a clarifié deux sujets sensibles ayant alimenté la polémique ces derniers jours. Concernant le ministère des Finances, il a réaffirmé ne pas être intéressé par ce portefeuille, qu’il juge secondaire à titre personnel, tout en soulignant la nécessité d’un ministre à plein temps, dans le respect des contraintes constitutionnelles limitant le nombre de ministres à 25.
S’agissant de l’entourage du Premier ministre, Paul Bérenger a confirmé avoir évoqué la question avec Navin Ramgoolam, tout en nuançant ses propos et en refusant toute comparaison avec Lakwizinn de l’ancien régime MSM.
Il est revenu sur le fait que la création de l’Alliance du Changement a permis de mettre fin au règne du MSM et a affirmé que le dialogue politique est indispensable pour le maintien de la stabilité du pays.

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